Description

L’insomnie peut se définir comme la difficulté à trouver le sommeil, à rester endormi, le fait de se réveiller trop tôt sans être capable de se rendormir ou encore comme une combinaison des trois. Pour qu’une personne soit diagnostiquée comme atteinte d’insomnie, celle-ci doit éprouver des difficultés à trouver le sommeil au minimum 3 fois par semaine et ce même lorsqu’elle se trouve dans des conditions propices pour dormir. Ces difficultés doivent également impacter négativement votre vie quotidienne, par exemple si vous vous sentez éreinté ou si vous vous retrouvez ou si vous vous surprenez à somnoler durant la journée.

Il n’est pas possible de définir si vous êtes atteint d’insomnie en se basant sur votre nombre d’heures de sommeil, car celui-ci varie pour chaque personne. Il est également normal de dormir de moins en moins en vieillissant. Ainsi, si vous dormez moins longtemps que lorsque vous étiez plus jeune, cela ne signifie pas forcément que vous êtes atteint d’insomnie.

L’insomnie est l’une des affections médicales les plus fréquentes. Au Canada, environ 10 % des adultes  sont sujets à de l’insomnie permanente et 20 % à 25 % à de l’insomnie occasionnelle. L’insomnie est une condition plus fréquente chez les femmes, les aînés, les travailleurs par quarts ainsi que les personnes atteints d’affections médicales et de troubles mentaux.

Causes

L'insomnie a généralement une cause sous-jacente. Parmi les causes les plus courantes d'insomnie, on retrouve :

  • les voyages en avion, surtout dans le sens ouest-est (le décalage horaire);
  • l'anxiété ou la dépression;
  • les affections telles que le reflux gastro-œsophagien, l'hypertrophie de la prostate, la maladie de Parkinson, la maladie d'Alzheimer ou un accident vasculaire cérébral (AVC);
  • des médicaments tels que les décongestionnants, les stimulants (par ex. le méthylphénidate*) et certains antidépresseurs;
  • la nicotine, la caféine et l'alcool;
  • le manque d'activité pendant la journée;
  • la douleur générée par l'arthrite ou par d'autres problèmes de santé;
  • de mauvaises habitudes de sommeil;
  • les changements de quart de travail;
  • des troubles du sommeil comme l'apnée;
  • le stress lié au travail, à la vie de famille, à la survenue d'un décès ou d'une maladie dans la famille ou parmi les proches, ou encore à des difficultés financières;
  • le fait de faire de l’exercice juste avant d’aller se coucher;
  • des nuisances environnementales telles que du bruit, de la lumière et une température inadéquate;
  • des affections mentales telles que de l’anxiété ou de la dépression;
  • d’autres troubles du sommeil comme le syndrome d’apnée du sommeil ou du syndrome des jambes sans repos;
  • regarder la télévision ou d’autres types d’écran tard la nuit;

L’insomnie de court terme (une insomnie durant moins de 3 mois) est généralement provoquée par des facteurs de stress temporaires tels que des changements dans l’environnement où l’on dort (par ex. du bruit, de la lumière, la température), un évènement stressant (par ex. le décès ou l’alitement d’un membre de la famille, un licenciement, une opération chirurgicale, un divorce), un voyage, le travail par quart. L’insomnie disparait généralement après que le facteur déclencheur de stress ait été éliminé. L’insomnie persistante, qui dure au moins 3 mois est généralement causée par des facteurs tels qu’une affection médicale, la prise de médicaments et des troubles mentaux. Enfin, l’insomnie peut aussi apparaitre d’elle-même.  

Symptômes et Complications

L'insomnie peut se manifester par les symptômes ci-après :

  • un ensommeillement difficile;
  • un sommeil intermittent;
  • un réveil trop matinal;
  • une sensation de fatigue au réveil, malgré le fait d'avoir dormi un nombre d'heures suffisant;
  • de la fatigue et de la somnolence pendant la journée;
  • de l'irritabilité ou de l'anxiété;
  • des maux de tête;
  • des difficultés de concentration pendant la journée.

Une personne qui ne dort pas pendant plusieurs jours de suite peut avoir des symptômes tels que les hallucinations, mais c'est une situation heureusement rare. Cependant, l’insomnie peut souvent être à l’origine d’un manque de concentration, de perte de mémoire et de fatigue avec un impact négatif sur les relations personnelles ainsi que le rendement professionnel et les performances scolaires. Elle peut également accroitre le risque d’accidents. Les personnes atteintes d’insomnie sous également plus susceptibles de souffrir de dépression ou d’anxiété.

Le fait de s’inquiéter de ne pas parvenir à dormer correctement peut souvent aggraver l’insomnie. Il est important de chercher à se faire soigner afin de ne pas se retrovuer pris dans ce cercle vicieux.

Diagnostic

Afin de pouvoir poser un diagnostic, votre médecin vous demandera comment vous dormez et si vous vous couchez tous les jours à la même heure. Il pourrait vous demander de tenir un journal dans lequel vous noteriez des renseignements sur votre sommeil pendant une semaine ou deux. Vous devrez lui dire si vous prenez des médicaments (y compris les remèdes à base de plantes médicinales et les médicaments en vente libre) et si vous fumez ou consommez du café et de l'alcool. Si dans votre vie il y a des sources de stress qui pourraient affecter votre sommeil, il serait bon de le lui dire.

En vous faisant passer un examen médical général et en notant vos antécédents médicaux, votre médecin sera en mesure de savoir si vous avez des problèmes de santé tels que la dépression, l'anxiété ou l'arthrite, qui peuvent causer l'insomnie ou y contribuer. En outre, il pourrait vous prescrire des analyses sanguines qui mettraient en évidence des problèmes médicaux sous-jacents.

Certains patients peuvent être envoyés effectuer une consultation dans une clinique spécialisée dans les troubles du sommeil, et qui offre un examen comme la polysomnographie pour étayer le diagnostic d'insomnie. Il consiste à enregistrer, au moyen d'électrodes placées sur le corps de la personne qui dort, les diverses phases du sommeil, du stade I (sommeil léger) au stade IV (sommeil profond) ainsi que le sommeil paradoxal (associé aux rêves). La polysomnographie permet également de diagnostiquer l'apnée du sommeil.

Traitement et Prévention

Le traitement de l'insomnie peut comprendre plusieurs volets : un traitement de l'affection qui l'a causée, une amélioration de l'hygiène du sommeil, une modification des comportements et la prise de médicaments. Si l'insomnie a été causée par une affection comme l'arthrite ou la dépression, il faut traiter cette dernière avant tout, car son amélioration entraînera probablement celle de l'insomnie.

L'hygiène du sommeil comporte des mesures toutes simples que vous pourriez mettre en pratique pour augmenter vos chances de passer une bonne nuit. Vous pourriez, par exemple, modifier certains comportements. Dans le cadre de votre plan de traitement, votre médecin vous recommandera peut-être les mesures d'hygiène du sommeil ou du comportement ci-après :

  • réglez votre coucher en décidant de suivre régulièrement des pratiques qui favoriseront votre endormissement;
  • évitez de faire la grasse matinée ou de trainer au lit ainsi que de passer de longues périodes en position horizontale ou de faire des siestes durant la journé; ces activités réduisent généralement la qualité du sommeil la nuit suivante;
  • réservez la chambre à coucher au sommeil et aux activités intimes;
  • abstenez-vous de consommer des boissons avec de la cafféine (par ex. du café, du thé) après le repas de midi;
  • essayez de ne pas penser au travail ni à des problèmes stressants avant de vous coucher; lisez un peu, si cette activité vous aide à vous détendre;
  • pensez à des choses positives, cela vous évitera de vous préoccuper au sujet de votre sommeil;
  • couchez-vous et réveillez-vous tous les jours à la même heure, même pendant les fins de semaine;
  • allongez-vous sur le dos et mettez un oreiller sous vos genoux si vous souffrez de maux de dos;
  • assurez-vous que la chambre à coucher est sombre, silencieuse et pas trop chaude; un appareil générateur de bruit blanc peut masquer les bruits de la circulation ou le bruit du partenaire qui ronfle;
  • buvez un verre de lait chaud ou prenez un bain chaud avant de vous coucher;
  • Évitez de prendre des aliments lourds, épicés ou très sucrés entre 4 et 6 heures avant d’aller vous coucher; essayez plutôt de manger une collation légère et faible en glucides (par ex. des craquelins et du lait chaud);
  • faites de l'exercice pendant la journée; si une activité physique effectuée le soir vous empêche de dormir, alors pratiquez-la plus tôt;
  • essayez de diminuer votre consommation de cigarettes et d'alcool, surtout le soir;
  • évitez de regarder l'heure; après avoir mis l'alarme, tournez le radio-réveil de façon à ce que vous ne puissiez pas en voir le cadran;
  • Si vous ne parvenez pas à vous endormir après avoir passé 20 minutes dans votre lit, levez-vous et faites une activité qui vous relaxe. Essayez à nouveau de vous endormir une fois que vous sentez le sommeil vous gagner.  
  • Rangez votre téléphone quand vient l’heure du coucher;
  • Essayez de pratiquer des techniques de relaxation.

La thérapie cognitive du comportement pour traiter l’insomnie est aussi une possibilité et incorpore un grand nombre des suggestions proposées ci-dessus.

Il se pourrait que votre médecin vous prescrive un médicament pour dormir, surtout si votre insomnie est causée par un stress important (par ex. la perte d'un proche) ou si les méthodes non médicamenteuses ne se sont pas avérées utiles. Ces médicaments peuvent vous aider à court terme (c'est-à-dire pendant quelques semaines), et sont à utiliser sur une base ponctuelle et non chaque nuit. Cependant, ils ne guériront pas l'insomnie et risqueraient même de l'aggraver si vous en faites un emploi prolongé. En effet, lorsqu'on arrête le traitement, l'insomnie peut réapparaître, encore plus marquée qu'avant.

Les benzodiazépines (par ex. le témazépam*, le triazolam, le lorazépam, le diazépam,) sont souvent prescrites contre l'insomnie. Il en existe plusieurs, mais certaines ont été davantage étudiées que les autres. Afin de vous prescrire la benzodiazépine qui vous convient le mieux, votre médecin prendra en considération votre âge, vos autres affections ainsi que les effets secondaires des benzodiazépines. Certaines personnes peuvent acquérir une dépendance physique aux benzodiazépines et avoir des symptômes de sevrage quand elles en cessent l’emploi.

Bon nombre des somnifères peuvent également engendrer une tolérance (une diminution de l’effet au fil du temps). C'est pourquoi les médecins n'aiment pas les prescrire pour de longues périodes sauf en cas d'échec avec les autres traitements ou en l'absence de tolérance aux benzodiazépines. Leur utilisation ne devrait jamais être combinée avec de l’alcool. La zopiclone et le zolpidem, qui ne font pas partie de la famille des benzodiazépines, sont d'autres médicaments qui sont parfois employés dans le traitement de l'insomnie.

Si votre médecin vous a prescrit un médicament pour vous aider à dormir, il est important que vous utilisiez aussi des méthodes non médicamenteuses.

Si vous avez un horaire de travail irrégulier qui perturbe votre rythme de sommeil, la meilleure façon d'en atténuer les effets est de vous exposer directement à la lumière, le matin. On a constaté que cette méthode est bien plus efficace pour remettre les pendules biologiques à l'heure que la prise de mélatonine, un supplément abondamment publicisé. En effet, la lumière naturelle engendre la production par le cerveau de mélatonine, a posteriori,   lorsque l’on se retrouve plongé dans l’obscurité.

Le L-tryptophane est un autre supplément qui pourrait être efficace contre l'insomnie, mais ses effets ne sont pas aussi prévisibles que ceux des autres médicaments.

Enfin, il existe aussi des médicaments en vente libre qui contiennent de la diphenhydramine. Cependant, ceux-ci ne devraient pas être utilisés sans en avoir discuté au préalable avec un professionnel des soins de la santé. Si vous pensez avoir des troubles du sommeil, il serait préférable de consulter votre médecin pour obtenir une évaluation approfondie.


*Tous les médicaments ont à la fois une dénomination commune (un nom générique) et un nom de marque ou marque. La marque est l'appellation qu'un fabricant choisit pour son produit (par ex. Tylenol®). Le nom générique est le nom du médicament en médecine (par ex. l'acétaminophène). Un médicament peut porter plusieurs noms de marque, mais il ne possède qu'un seul nom générique. Cet article répertorie les médicaments par leur nom générique. Pour obtenir des renseignements sur un médicament donné, consultez notre base de données sur les médicaments. Pour de plus amples renseignements sur les noms de marque, consultez votre médecin ou un pharmacien.

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