L'autoexamen des seins

En juin 2001, la revue de l'Association médicale canadienne, qui représente les médecins au Canada, a publié les résultats d'une étude ayant mené à la conclusion que l'autoexamen des seins (AES) pratiqué régulièrement ne réduit pas le risque de succomber à un cancer du sein.

Cette déclaration a soulevé la colère des survivantes du cancer du sein ainsi que des médecins. En effet, depuis le début des années 1950, la Société canadienne du cancer et l'American Cancer Society recommandent aux femmes de faire un autoexamen des seins chaque mois ! Bon nombre de survivantes du cancer du sein ont découvert leur cancer elles-mêmes et doivent leur survie à leur vigilance et à l'autoexamen des seins. Malgré cela, la Société canadienne du cancer a cessé de recommander la pratique mensuelle d'un autoexamen des seins.

Le rapport qui a reçu tant d'attention était le fruit de l'analyse de nombreuses études ayant porté sur l'autoexamen des seins et les décès liés au cancer du sein - c'est ce que l'on appelle une méta-analyse - a révélé que l'autoexamen des seins n'était pas, comme on l'avait cru, une méthode simple et peu coûteuse de dépistage précoce du cancer. En effet, il est difficile de maîtriser la technique et de toujours faire l'examen de la même façon. De plus, on a constaté que l'autoexamen des seins a augmenté le nombre d'interventions médicales dues à la découverte et à l'évaluation de « bosses » non cancéreuses. On a calculé que cette situation augmenterait les coûts associés aux soins de santé, en plus d'inquiéter inutilement les femmes, sans procurer le bienfait de sauver des vies.

Compte tenu de cette controverse, quelles sont les lignes directrices actuelles ? L'idée que les femmes devraient apprendre à connaître leurs seins, à les examiner régulièrement et à rechercher les signes de cancer semble faire consensus. Il en est de même pour la recommandation d'avoir un examen annuel des seins effectué par un médecin plutôt que de se fier uniquement à l'autoexamen mensuel des seins.

La mammographie

La mammographie, une radiographie du sein réalisée avec une faible dose d'irradiation, permet de détecter le cancer du sein. Cet examen est employé aux fins de dépistage et de diagnostic. La mammographie de dépistage permet de rechercher les signes possibles de cancer du sein, même si vous n'avez aucun symptôme. Par ailleurs, on a recours à la mammographie diagnostique si vous avez une bosse dans le sein ou un autre symptôme nécessitant une évaluation plus poussée.

La controverse soulevée par la mammographie concerne la recommandation d'effectuer une mammographie de dépistage à intervalles réguliers pour les femmes de moins de 50 ans. La communauté médicale s'accorde pour déclarer que la mammographie de dépistage après la ménopause permet de détecter le cancer du sein au stade précoce, quand les chances de réussite du traitement sont les meilleures. Cependant, le tissu mammaire des femmes plus jeunes est dense, et rend plus difficile la détection des anomalies qui signalent un cancer du sein. Cette situation rappelle des tentatives de recherche d'un ours blanc dans une tempête de neige.

Le dilemme féminin
Le consensus au Canada est le suivant : les femmes âgées de 50 à 69 ans devraient avoir une mammographie de dépistage du cancer du sein tous les 2 ans, et cette pratique sauve des vies.

Dans le cas des femmes exposées à un risque plus élevé de cancer du sein, on pourrait envisager de commencer plus tôt. La meilleure manière de procéder est d'en parler avec votre médecin pour décider quand il faudrait commencer à effectuer régulièrement des mammographies.

Ruth Ackerman [traduction]