Avec la publication des mémoires de Michael J. Fox, La chance de ma vie, la maladie de Parkinson est aujourd'hui omniprésente dans l'actualité. Comme on dit, ce sont là de bonnes et de mauvaises nouvelles.

De bonnes nouvelles, parce que la publicité et la sensibilisation aident à attirer l'attention sur la maladie (avril est également le mois consacré à la maladie de Parkinson). De nos jours, il semble que seules les maladies qui bénéficient du parrainage d'une personnalité réussissent à capter les regards ainsi qu'à financer la recherche et les ressources pertinentes.

Mais il peut s'agir également de mauvaises nouvelles, dans la mesure où souvent, un porte-parole ne correspond pas au malade typique de la maladie qu'il représente. Par conséquent, dans le meilleur des cas, l'information transmise au public peut être déformée; de plus, il est possible que les renseignements véhiculés ne répondent pas à ce que recherche la moyenne des gens souffrant de cette maladie.

Comme toujours, le bon vieux chroniqueur de medroadcast.com est prêt à monter au créneau pour s'assurer que le lecteur obtienne l'heure juste sur la maladie de Parkinson. Après tout, c'est mon boulot et j'en suis fier !

La maladie de Parkinson (MP) est une maladie dégénérative qui touche une région du cerveau qu'on appelle la substance noire. La détérioration de l'état résulte d'une diminution de la production d'une substance chimique, la dopamine, l'un des nombreux neurotransmetteurs qui assurent la transmission de messages entre les cellules du cerveau. La sérotonine est un autre fameux neurotransmetteur dont le manque joue un rôle important dans la dépression. Les anti-dépresseurs, tels la fluoxétine et la sertraline (Zoloft®), sont des inhibiteurs spécifiques du recaptage de la sérotonine; ils sont efficaces parce qu'ils aident la sérotonine à circuler plus longtemps dans le cerveau.

Qu'est-ce qui fait chuter les niveaux de dopamine ? Comme pour bon nombre d'autres maladies, l'âge est un facteur important. Le risque de MP augmente avec l'âge; toutefois, comme le montre le cas de Michael J. Fox, elle peut également frapper des jeunes gens. Environ 10 % des cas surviennent chez des personnes âgées de moins de 50 ans.

Les autres facteurs de risque ou causes comprennent les suivants :

  • l'hérédité (la personne court un risque plus élevé de contracter la MP si un parent de premier degré en est atteint; en outre, plus le nombre de parents ayant la MP est élevé, plus le risque est grand)
  • trauma au cerveau (p. ex. : comme chez certains boxeurs réputés)
  • certains médicaments
  • certains pesticides et toxines (p. ex. : les fermiers affichent des taux plus élevés de MP que les autres)

Les symptômes de la MP comprennent les suivants :

  • tremblements (bien que la plupart ne soient pas provoqués par la MP)
  • faiblesse musculaire
  • lenteur des mouvements (les personnes atteintes de la MP affichent une démarche lente et traînante très caractérisée)
  • problèmes d'équilibre (la MP est associée à un taux de chutes des plus élevés)
  • rigidité ou raideur musculaire (l'une des caractéristiques de la MP est d'entraîner une détérioration marquée de l'écriture)
  • détérioration de la parole
  • pertes graduelle des mouvements automatiques tels le clignement d'yeux et le sourire (les personnes atteintes de MP affichent souvent un regard fixe et sans expression)
  • constipation et difficultés à uriner (quand les muscles cessent de fonctionner, ils le font à l'échelle de tout le corps)
  • perturbation du sommeil
  • dépression (non seulement à cause des effets de la MP, mais également en raison des modifications aux neurotransmetteurs accompagnant la maladie)

Et comme si cela n'était pas suffisant, dans les derniers stades de la maladie, une proportion significative des patients atteints de MP souffrent de démence.

Il n'existe aucun test spécifique pour la MP. En revanche, il n'est généralement pas trop difficile de diagnostiquer la maladie en présence des seuls changements affectant les muscles et la démarche.

Le traitement de la MP aux premiers stades consiste, comme toujours, à apporter des ajustements au mode de vie. Je déteste faire de le publicité autour du fait suivant, mais il est rigoureusement vrai : le taux de prévalence de la MP est moins élevé chez les fumeurs. Cela ne signifie pas pour autant qu'un patient aux premiers stades de la MP devrait commencer à s'enfumer les poumons... Manger correctement ne peut pas faire de mal et peut même aider beaucoup le malade. Une étude récente a découvert que le thé vert possédait des propriétés protectrices contre la MP. Il est tout aussi bénéfique de réduire la consommation d'alcool et tout particulièrement de faire des exercices visant à maximiser la mobilité et l'amplitude des mouvements du malade.

En ce qui concerne les médicaments utilisés pour la MP, bon nombre d'entre eux (p. ex. : seligiline) peuvent être administrés aux premiers stades de la maladie. Toutefois, invariablement, à mesure que progresse la maladie, le principal traitement est la lévodopa. Présente dans les plantes et les animaux, cette substance chimique est convertie en dopamine par les cellules du cerveau (la dopamine ne peut elle-même pénétrer dans le cerveau, du fait qu'elle ne peut franchir la barrière hémato-encéphalique, contrairement à la lévodopa). Malheureusement, toutefois, à mesure que progresse la maladie, la dose efficace de lévodopa doit être graduellement augmentée; inévitablement, les effets secondaires (particulièrement des hallucinations, une augmentation de la tension artérielle au lever et des nausées) deviennent trop graves pour poursuivre le traitement.

À venir jusqu'à présent, je dois admettre que tout ceci est un peu déprimant. Mais j'aimerais néanmoins terminer cette chronique sur une note un peu plus optimiste en disant qu'heureusement, il existe plusieurs nouvelles thérapies prometteuses qui en sont à leurs premiers essais.

Parmi ces traitements, on retrouve un timbre transdermique d'un médicament expérimental appelé rotigotine. Ce médicament pourrait jouer un rôle dans le traitement précoce de la MP, ce qui permettrait de retarder l'utilisation de lévodopa. Une étude a découvert qu'un médicament, le ropinirole, ralentit la perte de dopamine aux premiers stades de la MP. Mieux encore, ce médicament pourrait même être plus efficace que la lévodopa, la chirurgie (p. ex. : stimulation cérébrale profonde) et la thérapie génique. Dans ce dernier cas, soulignons que si l'injection de gènes dans le cerveau n'a été effectuée que chez les rats, les résultats se sont d'ores et déjà révélés des plus impressionnants.