—Stephen L. Sacks, MD, FRCPC, en collaboration avec Medbroadcast

La peau ordinaire - la peau des mains, par exemple - est protégée contre tout, sauf contre une invasion massive, à cause d'une barrière naturelle appelée kératine.

La kératine est cireuse et solide. De la même façon qu'elle repousse l'eau, elle repousse les particules du virus de l'herpès. À moins que la kératine soit déchirée, en l'occurrence dans le cas d'une coupure, le virus ne peut atteindre une cellule épithéliale. Toutefois, dans les muqueuses, celles qui tapissent la bouche, l'œil et la région génitale, la barrière est très mince et les cellules épithéliales sont très proches de la surface de la peau. Elles sont donc très faciles d'accès.

Pour transmettre une infection, il faut:

  • qu'une personne ait une lésion d'herpès active;
  • qu'une friction dégage de la chaleur pour détacher des cellules contaminées de la surface de la peau de la personne infectée;
  • qu'il y ait de l'humidité pour faciliter le parcours du virus et l'empêcher de sécher; et enfin,
  • qu'il y ait un contact avec des cellules épithéliales non protégées d'une autre personne prédisposée à l'infection. Ces conditions résultent en une nouvelle infection.

C'est ainsi que l'herpès génital a tendance à se transmettre par contact sexuel. D'autres types de transmission sont possibles, mais ils sont rares. Le contact par friction, la lubrification et le dégagement de chaleur touchant la peau des parties génitales entre deux personnes est sexuel. L'herpès simplex, par exemple, peut être transmis au vagin par une lésion pénienne. La transmission de l'herpès ne nécessite toutefois pas une pénétration génitale. Le contact sexuel inclut une lésion non génitale qui atteint une cible génitale.

En d'autres mots, l'herpès peut se propager :

  • de la bouche d'un partenaire infecté au vagin d'un autre partenaire,
  • de la bouche au pénis,
  • du pénis à la bouche,
  • des doigts au pénis,
  • du pénis à l'anus, ou
  • par n'importe quelle autre combinaison.

Les seules conditions nécessaires sont l'exposition de cellules infectées à de nouvelles cellules appartenant à un autre individu, une personne prédisposée, et un milieur chaud et humide.

Ces conditions sont aussi présentes dans une variété de contacts au sport. L'herpès simplex ne se préoccupe pas d'une relation sexuelle. Certes, l'herpès aime le sexe, mais le sexe ne constitue pas le seul sport de contact qui produit de la chaleur, de l'humidité et de la friction peau contre peau. L'herpès peut se propager par la lutte, le rugby ou n'importe quel autre sport de contact qui expose un nouvel hôte prédisposé à l'infection virale, et qui fournit de ce fait les conditions environnementales constamment recherchées par le virus pour recommencer son cycle de reproduction chez un nouvel hôte.