Diminuer le nombre de victimes du cancer grâce à la prévention

Connaissez-vous le proverbe : « Mieux vaut prévenir que guérir » ? Bien qu'il n'existe que quelques cancers dont la cause est connue, les chercheurs ont identifié de nombreux facteurs qui peuvent contribuer au risque de contracter un cancer et influencer le pronostic.

En plus des facteurs de risque hors de notre contrôle, comme les antécédents familiaux, il existe des facteurs de risque modifiables, sur lesquels nous pouvons exercer une influence. Alors, prenez les choses en main en apportant des changements pour diminuer le risque de contracter un cancer et d'y succomber.

Certains des facteurs de risque connus ou suspectés les plus fréquemment étudiés sont :

  • la surcharge pondérale et l'obésité,
  • la consommation insuffisante de fruits et de légumes,
  • l'inactivité physique,
  • le tabagisme,
  • l'abus d'alcool,
  • les rapports sexuels non protégés,
  • la pollution urbaine,
  • la fumée d'un poêle à charbon ou à bois.

Parmi ces facteurs de risque, le tabagisme, l'alcool, la surcharge pondérale et l'obésité constituaient les principaux facteurs liés au mode de de vie qui contribuent au développement du cancer, en particulier dans les régions à hauts revenus comme l'Amérique du Nord.

Le cancer est la principale cause de décès au Canada et est responsable de 30 % de tous les décès dans le pays. En raison de la croissance et du vieillissement de la population, le nombre de décès dus au cancer devrait continuer à augmenter. Étant donné qu'il n'existe des méthodes de dépistage efficaces que pour un petit nombre de cancers (et que l'issue probable de la maladie peut dépendre du diagnostic précoce du cancer, avant qu'il ne se soit propagé), l'efficacité du traitement anticancéreux peut être limitée contre de nombreux cancers. Selon la Société canadienne du cancer, près d'un Canadien sur quatre devrait mourir du cancer. C'est pourquoi la meilleure façon de réduire ces décès est d'empêcher l'apparition de ces cancers en ciblant des facteurs de risque modifiables. Voici où vous pouvez prendre les rênes.

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Domptez vos risques de cancer

Savoir quelles habitudes de vie ont ont un retentissement sur le risque de cancer à l'échelle mondiale est important, mais savez-vous quelles habitudes ont véritablement un effet sur votre vie?

Pour commencer, examinez la liste des facteurs de risque modifiables et réfléchissez à votre mode de vie. N'oubliez pas, il s'agit des facteurs de risque que vous pouvez corriger. Cette liste vous permettra de reconnaître avec satisfaction les décisions bénéfiques que vous avez prises par le passé et celles qui ne sont pas bonnes pour votre santé. Soyez honnête avec vous-même, c'est important.

Pesez-vous plus que vous ne le devriez? Savez-vous quel est votre indice de masse corporelle (IMC)? Fumez-vous une cigarette à l'occasion? Faites-vous régulièrement de l'exercice? Savez-vous la différence qu'il y a entre une consommation d'alcool modérée et l'alcoolisme latent?

Si vous n'êtes pas totalement honnête avec vous-même, votre cas n'est pas unique. Un sondage a montré que seulement 39 % des adultes souffrant d'obésité se sont décrits comme obèses. Si vous n'avez que quelques kilos en trop à l'heure actuelle, ils ne représentent peut-être pas un problème. Mais, si vous gagnez une ou deux livres tous les ans et que vous vous promettez à chaque fois que vous vous pesez que vous les perdrez au cours de l'été, vous atteindrez une surcharge pondérale qui deviendra éventuellement un gros problème de santé.

Si vous ne fumez qu'une cigarette de temps à autre, vous pensez peut-être que vous ne courez pas les mêmes risques qu'un fumeur endurci. Cependant, même si vous fumez « seulement en compagnie » vous devriez vous méfier. Même un tabagisme léger (5 cigarettes ou moins par jour) peut avoir de lourdes conséquences pour votre santé, car votre risque de mourir du cancer du poumon et d'autres troubles s'accroît.

Mais, il y a une différence entre reconnaître que vous pourriez modifier certains aspects de votre mode vie et effectuer ces modifications. Après tout, pourquoi faire le jour même ce que vous pouvez remettre au lendemain? Prendre de nouvelles habitudes de vie peut s'avérer très difficile. Vous avez formé ces habitudes au cours des années et il se pourrait que vous ayez de la difficulté à comprendre comment elles influent sur vos risques de contracter un cancer et comment les modifier.

Si ces facteurs de risque et leur retentissement vous déconcertent, parlez à votre médecin.

Et, la prochaine fois que votre médecin vous posera des questions sur votre mode de vie – pour savoir si vous fumez ou si vous faites de l'exercice régulièrement – répondez bien franchement. Vous pouvez ressentir de l'embarras à l'idée d'admettre que vous avez des habitudes qui ne sont pas toujours très bonnes pour votre santé, mais votre médecin est soucieux de vous aider et non pas de vous juger. Quand il s'agit d'obtenir de l'aide pour effectuer les modifications qui s'imposent pour réduire votre risque de cancer, votre médecin est une ressource précieuse – mais il ne peut vous aider que si vous lui expliquez les aspects que vous aimeriez changer. La politique de l'autruche n'a aucun effet bénéfique sur la santé.

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La triade condamnatoire : tabac, boisson et obésité

Tabac, boisson et obésité : ce sont les 3 facteurs de risque modifiables les plus importants qui visent les populations d’Amérique du Nord. Voici quelques stratégies qui vous permettront de lutter contre le cancer sur ces 3 fronts.

Le tabac

Allumer une cigarette peut accroître votre risque de contracter un certain nombre de cancers, notamment du poumon, de la vessie, du côlon et du rectum, du pancréas, du sein et bien d'autres encore. Même si vous ne fumez que de temps à autre, vous pouvez éventuellement augmenter considérablement votre risque de contracter un cancer.

Voici quelques conseils qui favoriseront l'abandon du tabac :

  • fixez une date et adhérez-y ;
  • faites part de vos intentions à votre entourage. Si ces personnes savent que vous essayez de cesser de fumer, celles qui fument ne vous offriront vraisemblablement pas une cigarette ni ne vous inviteront à une pause pour fumeurs ;
  • apprenez à repérer les déclencheurs du tabagisme, puis supprimez, délaissez ou modifiez les pratiques tabagiques que provoquent systématiquement les petits verres pris après le travail ou les pauses-café ;
  • consultez votre médecin ou votre pharmacien sur les médicaments qui pourraient vous aider à cesser de fumer.

La boisson

Un grand nombre de personnes savent boire modérément (2 boissons alcoolisées par jour pour les hommes et 1 boisson par jour pour les femmes), mais l'abus des boissons alcoolisées peut accroître votre risque de cancer de la tête et du cou, de l'œsophage, du foie, du sein, et de cancer colorectal.

Voici comment modérer votre consommation d'alcool :

  • demandez à votre médecin si vous pouvez consommer de l'alcool étant donné vos facteurs de risque associés au cancer, les médicaments que vous prenez peut-être déjà et d'autres facteurs ;
  • lors d'une fête, buvez alternativement une boisson alcoolisée et non alcoolisée afin de neutraliser l'effet déshydratant de l'alcool et de limiter votre consommation totale d'alcool ;
  • sachez ce qui constitue une ration. Un verre représente 341 mL (12 oz) de bière, 142 mL (5 oz) de vin ou 43 mL (1,5 oz) de liqueur à 40 % d'alcool ;
  • évitez la beuverie – 4 verres ou plus pour les femmes et 5 verres ou plus pour les hommes, consommés en 2 heures environ.
  • apprenez à reconnaître les signes d'un alcoolisme latent. Ils comportent la consommation d'alcool en solitaire, des trous de mémoire, le « besoin » de boire et la nécessité d'augmenter la consommation pour continuer de ressentir les effets de l'alcool. Si vous observez ces signes, consultez votre médecin.

La surcharge pondérale et l'obésité

Si vous avez une surcharge pondérale ou si vous êtes obèse, vous êtes non seulement porteur de quelques kilos supplémentaires – mais aussi d'un risque accru de contracter une variété de cancers, notamment un cancer du sein, de l’endomètre, de la vésicule biliaire, de l'ovaire chez les femmes ; du rectum et du côlon ainsi que de la prostate chez les hommes. En outre, ce poids excédentaire peut entraver le processus des examens de dépistage de certains cancers, augmentant ainsi la possibilité qu'ils se propagent avant d'avoir été découverts.

Voici quelques conseils qui vous permettront de gérer votre poids :

  • apprenez à évaluer les portions alimentaires. Vérifiez d'abord que vos portions sont de la bonne taille, puis mesurez-les de nouveau de temps à autre. Si vos portions sont trop grosses, elles pourraient vous apporter plus de calories que vous ne le pensez ;
  • choisissez des viandes moins grasses et des produits laitiers allégés. Si vous avez de la difficulté à vous habituer au goût des produits à faible teneur en gras, introduisez-les graduellement dans votre régime alimentaire ;
  • offrez-vous une gâterie de temps à autre. Si vous vous privez constamment, vous pourriez avoir plus tendance à faire des excès. Mais, veillez à ce qu'elle soit petite ;
  • bougez! Si vous n'avez pas le temps de faire un long entraînement, répartissez votre exercice en séances plus courtes tout au long de la journée. Chaque semaine, accumulez au moins 150 minutes d’activité aérobique d’intensité modérée à forte ; de la marche (à un rythme soutenu) au vélo en passant par le jogging, ce n’est pas le choix qui manque. Les bienfaits pour la santé augmentent avec l’accroissement de l’activité physique.

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Vous pouvez mettre en œuvre d'autres stratégies

En plus de la surcharge pondérale, du tabac et de la boisson, d'autres facteurs liés au mode de vie peuvent augmenter votre risque de cancer. Il y en a quelques autres qui influeront vraisemblablement sur votre santé, ici, en Amérique du Nord :

  • une faible consommation de fruits et de légumes,
  • des rapports sexuels non protégés,
  • la pollution atmosphérique.

Tout comme avec les 3 facteurs les plus importants, il y a moyen de réduire les risques qu'ils posent aussi. Voici quelques conseils.

Mangez sainement :

  • remplissez la moitié de votre assiette de fruits et légumes à chaque repas (par ex. les légumes à feuilles vertes, les brocolis, les carottes, les bleuets), selon les recommandations du Guide alimentaire canadien. Gardez à la portée de la main des fruits et des légumes frais, déjà lavés et coupés ;
  • remplissez un quart de votre assiette avec des aliments à base de céréales complètes (avoine, quinoa, riz brun) et un autre quart avec des aliments riches en protéines (tofu, noix, légumineuses) ;
  • réduisez la quantité de viande rouge et de viande transformée que vous consommez ;
  • commencez vos repas par une salade ou ajoutez des fruits frais à votre céréale ;
  • approvisionnez-vous en légumes surgelés et gardez-les à portée de la main. Les légumes ne perdent pas leur valeur nutritive au cours du processus de congélation commercial et ils agrémentent aisément les recettes aux pâtes alimentaires ou aux viandes sautées. L'ajout de fruits  au lait, au jus ou au yogourt vous  permettra de confectionner rapidement une délicieuse boisson frappée ;
  • évitez les aliments à forte teneur en sel et en sucre comme les boissons sucrées, les repas-minutes et les aliments transformés – c'est un conseil que vous avez probablement entendu mille fois, mais cela vaut la peine de le répéter ! Pour en faire un message simple : beaucoup de fruits, de légumes et de fibres, et très peu de sel, de sucre et de gras !

Adoptez des pratiques sexuelles « sans danger » :

  • limitez le nombre de vos partenaires sexuels et utilisez des préservatifs lors de vos rapports sexuels ;
  • apprenez à utiliser convenablement un préservatif. C'est la seule forme de contraception qui, quand elle est bien employée, permet d'assurer une bonne prévention des infections transmises sexuellement  ;
  • utilisez un lubrifiant à base d'eau. Les lubrifiants à base d'huile abîmeraient le latex qui pourrait se déchirer  ;
  • pensez, si vous êtes une femme, à subir un frottis vaginal, comme conseillé par votre médecin, afin de dépister les signes précoces du cancer du col de l'utérus ;
  • parlez à votre médecin de la possibilité de recevoir des vaccins contre certaines infections virales :
    • le VPH (virus du papillome humain), qui a été associé au cancer du col de l'utérus.
    • l'hépatite B, qui a été associé au cancer du foie.

Réduisez votre exposition à la pollution atmosphérique :

  • vérifiez les niveaux quotidiens de la qualité de l'air de votre région avant de sortir. Limitez le temps que vous passez en plein air lorsqu'une alerte au smog est émise, surtout si vous êtes atteint d'une affection respiratoire ;
  • prenez les mesures nécessaires pour faire de votre foyer et de votre voiture un milieu sans fumée ;
  • évitez que les émanations ne subsistent dans votre espace vital, vérifiez régulièrement le système d'échappement et les conduits de cheminée des appareils de chauffage, des cheminées, des chauffe-eau et d'autres sources possibles de polluants ;
  • nettoyez ou changez les divers filtres selon les recommandations du fabricant ;
  • contribuez à la réduction de la pollution atmosphérique : quand c'est possible, marchez, prenez les transports en commun, ou votre vélo, au lieu de votre voiture.

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