Plus d'une sorte d'« orage »

Il existe de nombreuses variétés de maux de tête.

La plus classique de tous les temps est la céphalée de tension (pensez tempête), si commune que presque toutes les têtes lui ont été soumises à un moment donné. La fatigue oculaire, la lassitude et le stress (mental ou émotionnel) sont tous des éléments clés de cette perturbation. Ces maux de tête sont habituellement sourds, et s'accompagnent d'une pression de chaque côté de la tête.

La prochaine sur la liste est la céphalée dans la sinusite aiguë. Elle s'installe souvent en même temps, ou après, une congestion nasale ou un écoulement du nez. La douleur siège habituellement sur le devant de la tête. Elle est souvent pire par temps froid et humide et le matin; l'après-midi apporte une accalmie.

Puis il y a les crises d'algie vasculaire de la face qui surviennent « en grappes », c'est-à-dire en succession, une à plusieurs fois par jour. Les poussées de crises de douleur s'étalent habituellement sur des périodes de 6 semaines à 12 semaines. À la différence de la céphalée de tension, le stress n'est pas un facteur déclenchant et la douleur se situe habituellement sur un côté de la tête. Sans que l'on sache pourquoi, ces maux de tête touchent davantage les hommes que les femmes.

Une autre variété, les maux de tête en coup de piolet, est assez rare – mais quand elle frappe, c'est un ouragan! Elle engendre une douleur intense localisée dans un point précis et survenant sans aucun signe d'alerte, vous donnant l'impression qu'un pic à glace s'attaque à votre crâne. Les crises durent habituellement moins de 60 minutes – entre 10 et 15 minutes, la plupart du temps.

Les maux de tête de rebond peuvent résulter d'une surutilisation de médicaments. Si vous employez des médicaments contre les maux de tête plus de 2 fois par semaine, ou si vous employez des doses qui n'ont pas été recommandées par votre médecin, d'autres maux de tête pourraient se manifester. Il s'agit en fait d'une réaction de sevrage déclenchée par l'épuisement de l'action du médicament contre les maux de tête auquel le corps s'est habitué. C'est ainsi que peut s'instaurer un cycle marqué par la survenue de maux de tête et la prise d'une plus grande quantité de médicaments pour les soulager. Discutez avec votre médecin ou un pharmacien pour savoir comment diminuer les prises de ces médicaments tout en maîtrisant vos maux de tête.

Enfin, nous avons la migraine, et elle diffère des maux de tête ordinaires. L'intensité de la douleur qui la caractérise varie de faible à atroce et elle n'en est pas forcément le seul symptôme. La migraine peut aussi déclencher une nausée et des vomissements. Pour quelques personnes atteintes de migraines, des troubles de la vision appelés « auras » (évoquant les éclairs et les taches éblouissantes qui sillonnent le ciel lors d'un orage) peuvent survenir juste avant le début de la migraine et durer de 10 à 30 minutes. Une crise de migraine peut durer de 4 heures à 72 heures. La douleur généralement intolérable coupe les personnes qu'elle touche du reste du monde. Elle perturbe leurs activités professionnelles et récréatives. Beaucoup d'entre elles doivent se retirer dans un endroit tranquille où elles se reposeront jusqu'à ce que la migraine se passe.

Les maux de tête sont rarement le signe d'un grave problème. Par exemple, des maux de tête qui apparaissent brusquement, et qui s'accompagnent d'une fièvre et d'une raideur du cou pourraient être liés à une infection cérébrale appelée méningite. La survenue de maux de tête et d'une faiblesse, de troubles de la parole, de problèmes de la vue, d'étourdissements ou de problèmes de coordination pourraient constituer les signes avant-coureurs d'un accident vasculaire cérébral.

Le message à retenir : les maux de tête sont invalidants, mais ils disparaissent souvent spontanément. Par contre, si vous avez des maux de tête intenses et persistants, consultez votre médecin immédiatement – pour votre tranquillité d'esprit.

Faites céder les maux de tête !

Quand des maux de tête frappent, vous avez l'impression d'attendre une éternité avant qu'ils ne disparaissent. Ne vous angoissez pas – s'il s'agit d'une céphalée de tension, vous ne feriez que l'aggraver. Essayez au contraire les méthodes ci-après pour un soulagement rapide :

  • prenez une douche chaude – la vapeur soulage la douleur des sinus;
  • appliquez une vessie de glace pendant 20 minutes tout au plus à chaque fois;
  • massez vos tempes du bout des doigts (encore mieux, demandez à quelqu'un d'autre de le faire;
  • placez une serviette froide et humide sur votre front et allongez-vous;
  • faites une promenade à pied – l'air frais vous fera du bien;
  • décontractez-vous et faites un petit somme.

Mieux vaut prévenir les maux de tête que les traiter. Bien souvent, nous saisissons trop vite notre flacon d'analgésiques. Voici quelques moyens d'éviter les céphalées de tension sans médicaments :

  • évitez ou mettez un terme à la situation qui vous stresse;
  • faites régulièrement de l'exercice;
  • reposez-vous beaucoup et dormez sans compter;
  • nourrissez-vous à heures réglées – le fait de sauter des repas peut provoquer des maux de tête;
  • modérez en tout temps votre consommation de caféine et d'alcool;
  • prévenez la fatigue oculaire – ne travaillez pas à l'écran sans faire de pauses;
  • portez des lunettes de soleil et évitez de plisser les yeux.

Si vous devez avoir recours à des comprimés, discutez avec votre médecin, ou un pharmacien, pour savoir lesquels vous conviendraient le mieux. Il existe une vaste gamme de médicaments contre les maux de tête. Surtout, continuez à mettre en pratique les méthodes non médicamenteuses recommandées auparavant pour obtenir des résultats encore meilleurs.

Quoi qu'il en soit, si vos maux de tête s'aggravent, ou surviennent plus fréquemment, prenez rendez-vous chez votre médecin.

Les enfants ne sont pas épargnés

Oui, les enfants peuvent avoir des maux de tête. Au Canada, ils frappent au moins 1 fois par semaine plus de 25 % des enfants âgés de 12 à 13 ans. Avant la puberté (quand la stimulation des hormones n'a pas encore eu lieu), les garçons ont plus communément des maux de tête que les filles.

N'ignorez jamais la plainte d'un enfant qui gémit : « Ma tête fait mal! », la douleur pourrait avoir été déclenchée par des facteurs alimentaires. Si votre enfant a une prédisposition aux migraines, ou aux maux de tête chroniques, voici une liste des denrées que vous ne devriez pas acheter au magasin d'alimentation :

  • des viandes transformées – les hot-dogs, les saucisses et les viandes pour collations (comme la mortadelle, le salami);
  • les produits à base de caféine – les boissons au cola, les sodas caféinés et le café;
  • les produits qui contiennent du GMS (le glutamate monosodique) – les aliments congelés, la viande en conserve, les sauces préparées, le bouillon, certains mets chinois;
  • des fromages fermentés ou vieillis;
  • le chocolat;
  • les noix;
  • les figues;
  • la choucroute;
  • l'aspartame.

Vous pourriez trouver utile de tenir avec votre enfant un « journal des maux de tête » pour y consigner les circonstances qui accompagnent l'apparition des maux de tête. De cette façon, vous arriverez à comprendre la cause fondamentale du problème, et mettre en œuvre des mesures préventives contre la douleur des maux de tête. Consultez un médecin si la douleur ou la fréquence des maux de tête de votre enfant empire.

Si votre enfant a des maux de tête, essayez des traitements non médicamenteux tout d'abord, notamment le repos, l'air frais ou l'application d'un linge imbibé d'eau froide sur le front. Si vous êtes d'avis qu'il lui faut un médicament, demandez à votre médecin, ou à un pharmacien, de recommander un médicament pour votre enfant et de déterminer la dose qui lui conviendra. Si à un moment donné l'intensité ou la fréquence des maux de tête empire, prenez rendez-vous chez votre médecin.

Faites le vide

Faites le vide. Dans votre armoire à pharmacie, évidemment. Quand l'avez-vous nettoyée pour la dernière fois?

Si vous souffrez régulièrement de maux de tête, ou si vous vivez avec une personne qui en est atteinte, alors votre armoire à médicaments est probablement remplie d'analgésiques comme l'acétaminophène, l'ibuprofène et l'acide acétylsalicylique (l'AAS).

Vous devriez prendre l'habitude de vérifier la date limite d'utilisation et de jeter tous les médicaments périmés ou qui semblent se désagréger. Tout comme les aliments, les médicaments se gâtent avec le temps. Les vieux comprimés d'AAS (par ex. Aspirin®) et d'acétaminophène qui devraient être jetés sont susceptibles d'avoir une odeur de vinaigre, et les médicaments liquides une coloration anormale.

Mais ne faites pas le vide en jetant les médicaments dans les ordures ménagères! Portez-les au contraire à la pharmacie la plus proche pour qu'ils soient détruits. Beaucoup de pharmacies ont élaboré des programmes de récupération des médicaments inutilisés. À cette fin, elles paient des entreprises spécialisées dans l'élimination des déchets pour qu'ils soient détruits en toute sécurité. Autrement, recherchez dans les journaux locaux l'annonce des jours consacrés à l'élimination des matières résiduelles dangereuses dans votre voisinage. Ces jours-là, vous pouvez habituellement vous débarrasser des médicaments périmés ainsi que des produits chimiques ménagers comme des restes de peintures et de diluants pour peintures.