Hausse de sucre dangereuse

Qu'est-ce que l'intolérance au glucose?

L'intolérance au glucose survient lorsque l'organisme perd sa sensibilité aux effets de l'insuline et doit travailler plus fort pour contrôler les niveaux de glucose sanguin. Une personne qui souffre d'intolérance au glucose affiche des taux de sucre sanguin (glucose) plus élevés que la normale, mais pas encore assez élevés pour dire qu'elle est diabétique. Comme dans le cas du diabète de type 2, l'organisme produit de l'insuline, mais en quantité possiblement moindre ou avec une efficacité réduite.

Les personnes souffrant d'intolérance au glucose sont non seulement plus susceptibles au diabète de type 2, mais elles voient aussi leur risque d'hypertension artérielle et d'hypercholestérolémie augmenter de 50 %, facteurs pouvant mener à l'apparition d'une maladie cardiovasculaire ou d'un accident vasculaire cérébral.

Un de mes amis souffre de résistance à l'insuline. Est-ce la même chose que la résistance au glucose?

Non, pas nécessairement. La résistance à l'action de l'insuline se produit quand l'organisme cesse de bien répondre à l'insuline. Pour compenser, il produit de plus en plus d'insuline, mais parce que la réponse à l'insuline est inadéquate, même des taux plus élevés d'insuline ne peuvent contrôler efficacement le glucose. À mesure que la résistance l'insuline s'accroît, les taux de glucose sanguin augmentent et le diabète finira par s'installer.

Qui risque de souffrir d'une intolérance au glucose?

Les personnes qui ont une forte surcharge pondérale et les personnes obèses sont plus sujettes à l'intolérance au glucose, surtout celles dont le poids excédentaire se situe autour de la taille. En effet, l'excès de graisse corporelle inhibe les effets de l'insuline. La perte de poids aiderait à normaliser les taux de glucose. Parce que la résistance à l'insuline est moindre, une plus grande quantité de glucose est transportée du sang vers les cellules des tissus. La perte de poids aide aussi à réduire les risques de diabète de type 2.

Votre risque d'intolérance au glucose et de diabète de type 2 augmente aussi si vous êtes sédentaire, si vous avez des antécédents familiaux de diabète, de diabète gestationnel (c'est-à-dire si vous avez souffert de diabète lors d'une grossesse), si vous avez donné naissance à un enfant de plus de neuf livres et si vous êtes d'origine autochtone, hispanique, asiatique, africaine ou polynésienne, si vous êtes atteinte d'une affection appelée syndrome des ovaires polykystiques, ou si vous avez généralement moins de 6 heures ou plus de 9 heures de sommeil par jour.

Des chiffres qui comptent

Quels sont les signes avant-coureurs et les symptômes?

La plupart du temps, les gens qui font de l'intolérance au glucose n'affichent aucun symptôme. En fait, des millions de personnes atteintes de diabète ignorent qu'elles le sont car leurs symptômes se développent si graduellement que souvent, elles ne les remarquent pas. Les symptômes du diabète comprennent, entre autres :

  • une miction fréquente,
  • une soif constante,
  • une fatigue continuelle,
  • une vision brouillée,
  • des coupures et des ecchymoses qui se cicatrisent lentement,
  • des infections fréquentes,
  • des picotements soit dans les mains soit dans les pieds ou un engourdissement.

Comment l'intolérance au glucose se diagnostique-t-elle?

Le diagnostic de l'intolérance au glucose est établi à l'aide de l'épreuve d'hyperglycémie provoquée par voie orale. On mesure le glucose d'une personne à jeun depuis au moins 8 heures, avant qu'elle n'avale une solution contenant 75 g de glucose, puis 2 heures plus tard. Pour poser un diagnostic, on tient compte des critères ci-après :

  • une personne dont la tolérance au glucose est normale aura un taux de glucose inférieur à 7,8 mmol/L (140 mg/dL) 2 heures après avoir bu la solution glucosée ;
  • une personne souffrant d'intolérance au glucose affichera un taux de glucose entre 7,8 mmol/L (140 mg/dL) et 11,0 mmol/L (199 mg/dL) après 2 heures ;
  • une personne dont le taux de glucose après 2 heures s'élève à 11,1 mmol/L (200 mg/dL), ou plus, peut être atteinte de diabète.

À quelle fréquence dois-je subir cette épreuve?

Si vos taux de glucose sont dans la fourchette normale, il serait raisonnable de subir cette épreuve tous les 3 ans. Si vous faites de l'intolérance au glucose, vous devriez subir, une épreuve de dépistage du diabète de type 2 tous les ans après ce diagnostic.

Prévention

Si vous courez un fort risque de présenter une intolérance au glucose, vous pouvez retarder ou même prévenir son apparition à l'aide d'une alimentation saine (en misant sur les légumes, les fruits, du pain et des produits céréaliers à base de grains entiers, en choisissant du lait pauvre en matières grasses, des viandes maigres et en limitant la quantité de sel, de sucre et d'alcool dans vos repas), d'une maîtrise du poids, de l'abandon du tabac et d'une activité physique régulière.

Tenez la situation bien en main !

Que faire si vous souffrez d'intolérance au glucose?

Vous pourriez courir le risque de développer le diabète, mais la bonne nouvelle, c'est qu'il n'est pas trop tard pour contrôler à long terme votre taux de glucose sanguin. Les études ont montré que les personnes atteintes d'intolérance au glucose peuvent prévenir ou retarder l'apparition du diabète de type 2 jusqu'à 58 % en perdant du poids et en pratiquant une activité physique régulièrement.

Certains experts recommandent aux personnes atteintes d'intolérance au glucose de réduire leur poids de 5 % à 10 % (graduellement par une alimentation saine) et de pratiquer une activité physique (même modérée) pendant 30 minutes chaque jour. Maigrir de seulement 10 à 15 livres peut faire une énorme différence. Et le simple fait de prendre ces mesures immédiatement pourrait ramener votre taux de glucose à la normale.

Si vous faites une intolérance au glucose, votre médecin vous conseillera sans doute d'adopter une alimentation saine, de contrôler votre poids, de pratiquer régulièrement une activité physique et si vous fumez, de cesser de fumer. Vous devriez aussi subir un test sanguin chaque année afin de mesurer votre taux de glucose à jeun et de vous assurer que vous n'êtes pas en train de devenir diabétique. Vous devriez aussi faire vérifier votre pression artérielle et votre cholestérol afin d'évaluer vos risques de développer une maladie cardiovasculaire.

Pour maîtriser l'intolérance au glucose, il faut surtout surveiller votre alimentation. Et si vous affichez un excédent de poids, il serait utile de vous en défaire. Rappelez-vous qu'une perte de poids graduelle (environ une livre par semaine) est plus efficace que les régimes sévères ou à la mode.

Une plus grande activité physique vous aidera à contrôler votre poids et à réduire vos risques de développer le diabète de type 2, l'hypertension artérielle, les maladies cardiovasculaires et les accidents vasculaires cérébraux. Pas besoin de prendre part au triathlon pour contrôler votre poids : essayez la marche, le jardinage ou la danse, selon vos goûts!

L'équilibre du taux de glycémie... c'est du bonbon !

Vous pouvez prendre en main votre état en tirant parti des conseils nutritionnels ci-après.

Ne sautez pas le petit déjeuner : c'est un repas quotidien important. Plutôt que de prendre un seul gros repas, faites des petits repas réguliers.

Des aliments à base de grains entiers et riches en fibres contribuent à abaisser votre taux de glycémie.

Choisissez des aliments à faible teneur en sucre, ou sans sucre, car les collations et boissons à haute teneur en sucre peuvent causer une augmentation rapide du taux de glucose dans le sang.

Aliments à haute teneur en sucre Autres aliments à faible teneur en sucre ou sans sucre
Sucre, sirop, glucose, dextrose Édulcorants artificiels
Sodas et colas, chocolat en sirop ou en poudre Sodas diète, eau, poudre de cacao
Chocolat, fudge, biscuits, friandises Fruits frais ou secs, craquelins ordinaires, gomme à mâcher sans sucre
Céréales contenant beaucoup de sucre ou de miel Porridge ou gruau, céréales à base de son ou d'avoine
Confiture, marmelade Confiture et marmelade à faible teneur en sucre
Puddings ou conserves de fruits au sirop Yogourt à faible teneur en sucre ou diète

Consommez plus de fruits et de légumes – c'est plus facile que vous ne le croyez d'en manger de 7 à 10 portions! Croquez dans un fruit pour la collation et ajoutez des légumes à vos repas favoris pour les rendre encore plus savoureux.

Limitez la quantité d'aliments frits ou riches en gras. Choisissez des produits laitiers faibles en gras, des viandes maigres et de la volaille. Grillez votre viande sur le barbecue ou au four plutôt que dans la poêle à frire. Enfin, cuisinez avec des quantités modérées d'huile non saturée telle l'huile d'olive, de tournesol ou de maïs.

Si vous buvez de l'alcool, faites-en une consommation modérée. Dans la pratique, cela se traduit par :

  • pas plus de 2 boissons par jour (ou pas plus de 3 boissons dans les grandes occasions) jusqu'à un maximum de 10 par semaine pour les femmes;
  • pas plus de 3 boissons par jour (ou pas plus de 4 boissons dans les grandes occasions) jusqu'à un maximum de 15 boissons par semaine pour les hommes.

Si vous adoptez un régime alimentaire sain et équilibré, les friandises occasionnelles à haute teneur en sucre seront inoffensives. Essayez de consommer les aliments sucrés après un repas riche en fibres.