Un conte de 3 injections

Afin que les médicaments contre la sclérose en plaques (SP) puissent agir comme il faut, ils doivent atteindre la circulation sanguine. La majorité des médicaments modificateurs de l'évolution de la SP, qui aident à ralentir l'affection, ne peuvent pas être pris par voie orale (par la bouche) parce que le corps les désintégrerait avant qu'ils puissent pénétrer dans la circulation sanguine.

Pour éviter ce problème, la majorité des médicaments sont donnés par injection (il faut noter qu'il existe des médicaments modificateurs de l'évolution de la SP qui sont pris par voie orale, par ex. GilenyaMD (fingolimod)).

Différents types d'injections sont utilisés pour introduire les médicaments contre la SP dans l'organisme :

Les injections sous-cutanées sont faites sous la peau. Le médicament traverse le tissu pour pénétrer dans la circulation sanguine. Une formation appropriée permet à bien des personnes d'apprendre à se faire ce type d'injection chez elles. Parmi les médicaments modificateurs de l'évolution de la SP donnés par injection sous-cutanée, on compte :

  • Betaseron® (interféron bêta-1b),
  • Copaxone® (glatiramère),
  • RebifMD (interféron bêta-1a, donné 3 fois par semaine).

Les injections intramusculaires sont faites dans un muscle. Le médicament est transporté dans la circulation sanguine par le sang approvisionnant le muscle. Les personnes qui reçoivent une formation appropriée peuvent se faire une injection intramusculaire chez elles. Parmi les médicaments modificateurs de l'évolution de la SP donnés par injection intramusculaire, on retrouve :

  • Avonex® (interféron bêta-1a, donné 1 fois par semaine).

Les perfusions intraveineuses (i.v.) sont des injections lentes, ou « goutte-à-goutte », faites directement dans une veine. Le médicament perfusé pénètre directement dans la circulation sanguine. Les perfusions i.v. sont faites dans un hôpital, ou dans une clinique, par un professionnel de la santé comme une infirmière ou un médecin. Parmi les médicaments modificateurs de l'évolution de la SP donnés par perfusion i.v., on retrouve :

  • TysabriMD (natalizumab).

Si votre médecin vous a prescrit un médicament contre la SP qui est donné par injection, assurez-vous que vous comprenez bien quelle sorte d'injection sera utilisée, comment et où elle sera faite et quels seraient les effets secondaires susceptibles de se manifester. Si l'idée de recevoir des injections vous met mal à l'aise, consultez la section intitulée « L'anxiété liée à l'auto-injection ».

La sécurité de l'auto-injection

Quelques médicaments contre la SP se donnent par injections sous la peau (injection sous-cutanée) ou dans un muscle (injection intramusculaire). Pour en savoir plus, consultez la section « Un conte de trois injections ».

De nombreuses personnes peuvent apprendre à s'injecter chez elles ces types de médicaments contre la SP. C'est ce que l'on nomme l'auto-injection. Si vous envisagez l'auto-injection, la sécurité d'emploi et une formation adéquate sont d'une importance majeure.

Voici quelques petits conseils sur la sécurité de l'auto-injection :

  • posez des questions lorsque vous apprenez la technique de l'auto-injection, n'hésitez pas, c'est une façon de vérifier que vous comprenez vraiment bien comment injecter le médicament. Si vous ne vous sentez pas à l'aise avec une phase du processus de l'auto-injection, ou si vous éprouvez de l'incertitude au sujet de quelque chose, consultez votre médecin ;
  • prenez certaines dispositions avant la première auto-injection : repassez le processus dans votre tête pour vous assurer que vous savez exactement comment procéder, puis rassemblez tout votre matériel d'injection au même endroit. Gardez à la portée de la main un numéro de téléphone que vous pouvez appeler, celui de votre médecin, d'une infirmière ou d'une ligne de soutien SP, au cas où des problèmes surgiraient ;
  • communiquez avec votre médecin ou un pharmacien pour savoir ce que vous devriez faire si vous oubliez une dose de votre médicament ;
  • guettez l'apparition possible de petites ecchymoses au lieu d'injection, d'une douleur juste après l'injection puis d'une légère enflure et irritation autour du lieu d'injection, car la plupart des injections sont susceptibles de causer de légers effets secondaires. La survenue d'autres symptômes pourrait être un signe d'un problème plus grave. Entrez en contact avec votre professionnel de la santé si vous remarquez l'une des manifestations ci-après :
    • une enflure, de la chaleur, une rougeur et un écoulement autour du lieu d'injection,
    • des grosseurs, des zones creuses, des nodules fermes, une modification de la couleur normale de la peau ou une douleur autour du lieu d'injection,
    • une éruption cutanée non seulement au lieu d'injection, mais à différents endroits du corps,
    • de l'urticaire, une boursouflure du visage ou une enflure de la gorge ou une difficulté respiratoire.

La plupart des personnes touchées par la SP ont accès à une ligne de soutien sans frais consacrée à leur médicament. Elle leur permet d'obtenir des réponses à leurs questions sur leur médicament et même l'auto-injection. Il se pourrait qu'il existe aussi des programmes de soutien élaborés pour vous offrir des renseignements supplémentaires sur la SP et les médicaments que vous utilisez. Consultez votre médecin, ou une infirmière, pour savoir si une ligne de soutien sans frais est mise à la disposition des personnes employant votre médicament.

Tout sur les perfusions

Une perfusion i.v. est une méthode qui permet d'introduire le médicament dans la circulation sanguine au moyen d'une injection lente, ou « goutte-à-goutte », dans une veine. L'abréviation « i.v. » correspond à intraveineuse, ce qui signifie « dans une veine ». Les perfusions i.v. sont utilisées pour les médicaments qui ne peuvent pas pénétrer dans la circulation sanguine d'une manière fiable par une autre méthode. Quelques médicaments contre la SP sont donnés par perfusion, notamment :

  • TysabriMD (natalizumab) - un traitement contre la SP qui est généralement utilisé par les personnes qui ne peuvent pas suivre d'autres traitements contre la SP ou pour qui d'autres traitements ne se sont pas avérés efficaces. Ce médicament est donné dans le but de diminuer le risque de récidives, ralentir l'évolution de l'incapacité et réduire le nombre et l'importance des dommages dans les zones du cerveau des personnes atteintes de la forme cyclique (poussées-rémissions) de la SP. Tysabri se donne en perfusion i.v. durant 1 heure, 1 fois toutes les 4 semaines.
  • Solu-MedrolMC (méthylprednisolone) - s'emploie pour soigner les récidives de la SP. Il agit en réduisant l'inflammation dans le cerveau. La durée de la perfusion dépend de la dose.

Étant donné que la plupart des cabinets médicaux ne sont pas équipés pour donner des médicaments par perfusion, les perfusions de médicaments contre la SP se font souvent dans des centres de perfusion pour la SP. Le personnel permanent de cette clinique spécialisée est constitué de médecins et d'infirmières ayant une expérience et des connaissances considérables dans le traitement de la SP et l'administration des perfusions.

Voici ce qui se passera habituellement durant une perfusion :

  • avant la perfusion, un professionnel de la santé passera en revue vos symptômes de SP, il vous posera quelques questions pour s'assurer que le médicament est toujours sans danger pour vous et qu'il vous convient encore, et il vérifiera vos signes vitaux (le pouls, la pression artérielle, la fréquence respiratoire et la température) ;
  • ensuite, vous vous assiérez sur une chaise confortable, une infirmière introduira une aiguille dans une veine d'un de vos bras et, le médicament sera injecté lentement dans la veine ;
  • durant votre perfusion, un professionnel de la santé vous surveillera et guettera les signes d'effets secondaires, de réactions allergiques ou de problèmes liés à la perfusion. Si vous vous sentez mal à l'aise, ou si vous remarquez des symptômes qui vous inquiètent, laissez-le savoir à votre professionnel de la santé ;
  • pendant votre perfusion, vous pouvez passer le temps à lire, à regarder la télé, à écouter de la musique ou à bavarder avec d'autres personnes recevant leurs perfusions au centre ;
  • après la perfusion, vous devrez rester au centre le temps nécessaire pour établir qu'aucune réaction inappropriée au médicament ne se manifeste.

La plupart des personnes touchées par la SP ont accès à une ligne de soutien sans frais consacrée à leur médicament. Elle leur permet d'obtenir des réponses à leurs questions sur le médicament et même sur l'auto-injection. Il se pourrait qu'il existe aussi des programmes de soutien élaborés pour vous offrir des renseignements supplémentaires sur la SP et le médicament que vous utilisez. Consultez votre médecin ou une infirmière pour savoir si une ligne de soutien sans frais est mise à la disposition des personnes employant votre médicament.

L'anxiété liée à l'auto-injection

Vous craignez les injections ? C'est normal de ressentir un peu d'appréhension avant une injection. Mais pour presque 4 % des personnes, l'appréhension que suscitent les injections (aussi désignée anxiété liée aux injections) est beaucoup plus intense, au point même de les empêcher de recevoir le traitement dont elles ont besoin.

L'anxiété liée à l'auto-injection - la peur de vous donner une injection - est un problème certain pour les personnes atteintes de SP, étant donné que des médicaments contre la SP sont donnés par auto-injection après une formation appropriée dispensée par un médecin ou une infirmière. L'anxiété liée à l'auto-injection peut devenir un obstacle au traitement contre la SP - il y a de fortes chances pour que les personnes qui souffrent de ce problème cessent de prendre leurs médicaments ou qu'elles ne les utilisent pas de la bonne façon.

Qu'est-ce qui cause l'anxiété liée à l'auto-injection ? Divers facteurs peuvent susciter cette anxiété, notamment le calibre et la longueur de l'aiguille, des injections suivies d'effets secondaires désagréables par le passé, ou le fait que commencer un traitement contre la SP revient à accepter sa présence et à en faire une réalité inévitable.

Il y a heureusement moyen de surmonter cette anxiété. Un type de psychothérapie appelé consultation en matière d'anxiété liée à l'auto-injection (ou SIAC [self-injection anxiety counseling]), offert par des infirmiers ayant reçu une formation spéciale, aide les participants à surmonter l'anxiété qu'ils éprouvent au sujet de l'auto-injection. Cette consultation dispense une formation fondée sur des techniques de détente ; elle enseigne aux participants la façon de reconnaître les pensées qui n'apportent rien d'utile et qui pourraient déclencher leur anxiété, elle leur explique aussi le déroulement du processus d'anxiété normale du corps et comment le contrôler. Au cours de la formation, les participants apprendront les techniques qui les aideront à surmonter leur anxiété, notamment à tenir d'abord l'aiguille doucement contre leur peau avant de faire l'injection, à s'injecter rapidement pour atténuer la douleur et le saignement ou à pratiquer sur une orange ou pendant qu'ils sont assis sur une chaise confortable.

La consultation aide la plupart des participants à surmonter leur peur de l'auto-injection dans un délai de 1 à 6 semaines. Vous éprouvez de l'anxiété à l'idée d'une auto-injection ? Discutez-en avec votre médecin ou une infirmière pour en apprendre davantage sur la SIAC.