Poser le diagnostic du cancer colorectal

Savez-vous quels sont les facteurs de risque et les signes d'alarme du cancer colorectal (cancer de l'intestin inférieur) ? Voici des renseignements importants sur les facteurs de risque - et sur des examens pouvant aider à dépister le cancer colorectal.

Les facteurs de risque :

  • L'âge : Vous êtes plus susceptible au cancer colorectal avec l'âge. En fait, plus de 90 % des personnes atteintes de cette affection ont plus de 50 ans, et le plus grande nombre d'entre elles ont 70 ans ou plus. C'est ainsi en partie parce que le cancer colorectal évolue au cours d'une période d'au moins 10 ans.
  • Le régime alimentaire et le mode de vie : Selon de nombreuses études, il y aurait un lien entre votre alimentation, votre niveau d'activité et la probabilité de contracter un cancer colorectal. Par exemple, les régimes alimentaires faibles en gras et riches en fibres présenteraient moins de risque. Inversement, les régimes alimentaires à forte teneur en gras, en calories, en alcool, en protéines et faibles en calcium, pourraient hausser le risque. Le tabagisme peut aussi accroître votre susceptibilité au cancer colorectal.
  • Les antécédents familiaux : Comme avec plusieurs autres formes de cancers, la probabilité de cancer colorectal est plus élevée si de proches parents (votre père, votre mère ou l'un de vos frères et sœurs) en ont été atteints. Des facteurs génétiques seraient en partie responsables de cela, mais il se peut aussi que le fait de vivre dans le même milieu ou d'avoir adopté un mode de vie semblable  joue un rôle. Les personnes ayant des antécédents familiaux de cancer du sein, de l'utérus ou de l'ovaire d'origine héréditaire courent aussi un plus grand risque de cancer colorectal.
  • Les polypes : Les polypes sont des excroissances des tissus du côlon. Ce sont des tumeurs bénignes (non cancéreuses) mais susceptibles de devenir cancéreuses. On a observé que l'élimination des polypes décelés à l'occasion d'examens rectaux, et par coloscopie, pouvait réduire les possibilités de contracter un cancer colorectal.
  • Une maladie inflammatoire de l'intestin : La colite ulcéreuse et la maladie de Crohn ont été associées à un risque accru de cancer colorectal.

Les examens
Quand le diagnostic de cancer colorectal est porté, cela signifie généralement que des cellules malignes (cancéreuses) prolifèrent sur les tissus du côlon ou du rectum. Les médecins peuvent poser un tel diagnostic en prescrivant des analyses de sang et divers examens permettant d'explorer le rectum et les tissus rectaux. Le dépistage d'un cancer colorectal à ses débuts peut augmenter considérablement vos chances de survie. Voici quelques descriptions plus détaillées des examens les plus courants.

  • La recherche de sang occulte dans les selles (RSOS) : Après avoir placé un échantillon des selles sur une carte, on l'examine au microscope pour détecter la présence de sang, un signe de cancer colorectal. Le dépistage régulier par RSOS est recommandé chez les personnes de 50 à 74 ans car la détection précoce peut améliorer le traitement et la survie. Plusieurs facteurs peuvent influer sur une RSOS et donner un résultat positif ; par conséquent, un résultat positif sera généralement suivi d'une coloscopie de contrôle.
  • Examen par toucher rectal : Un médecin ou une infirmière examine le rectum au moyen d'un doigt ganté et lubrifié à la recherche de toute anomalie notamment la présence de polypes.
  • Coloscopie : Un coloscope (un tube mince et muni d'une lumière) est inséré dans le rectum ; il permet aux médecins d'observer en détail l'ensemble du côlon et le rectum. Les médecins peuvent aussi prélever des tissus ou extraire des polypes (des excroissances de tissus) et les analyser afin d'appuyer le diagnostic initial.
  • Biopsie : Des cellules ou des tissus sont prélevés en vue d' un examen plus approfondi au microscope.
  • Coloscopie virtuelle : Une technique d'imagerie appelée tomodensitométrie avec ordinateur produit une série de radiographies qui permettent de visualiser l'ensemble du côlon et de rechercher toutes les anomalies. Cet examen est aussi désigné colonographie par TDM.
  • Sigmoïdoscopie : Un sigmoïdoscope (un tube mince muni d'une lumière) permet d'explorer visuellement les parois du rectum et du côlon inférieur, aussi appelé le sigmoïde. Le sigmoïdoscope sert à repérer toutes les anomalies, notamment les polypes et les cancers.
  • Lavement baryté : Un mélange de baryum et d'eau est injecté dans le rectum et le côlon, elle permet aux médecins d'effectuer des clichés radiographiques pour diagnostiquer d'éventuelles cellules cancéreuses ou d'autres complications.

Comment vos choix alimentaires influent sur votre risque de cancer

Faire gras, est-ce un problème ?

Des biftecks juteux et d'autres plats à base de viande rouge constituent des spécialités culinaires dans un grand nombre de pays occidentaux dont le Canada. Toutefois, notre goût marqué pour le bœuf et d'autres aliments graisseux pourrait expliquer pourquoi le cancer colorectal est devenu si courant.

Des chercheurs ont conclu que la viande rouge et la viande transformée peuvent élever la quantité de composés présents dans le gros intestin ; et comme ceux-ci font subir une mutation à l'ADN, le risque de cancer se trouve augmenté.

En fait, une étude a établi que les personnes qui mangeaient beaucoup de viande rouge et de viande transformée - plus de 2 portions par jour - couraient un plus grand risque de cancer colorectal que les personnes qui consommaient moins de 1 portion de ces aliments par semaine.

Par ailleurs, le poisson et la viande blanche (ou de la protéine maigre), comme la poitrine de poulet, ne semblent pas accroître le risque de cancer colorectal. Les chercheurs qui ont examiné les personnes ayant des antécédents de polypes dans le côlon ont trouvé que celles qui mangeaient une quantité considérable de poulet semblaient avoir un risque moindre d'avoir de nouveaux polypes.

De quoi ruminer

Chaque viande semble contribuer différemment à l'apparition d'un cancer colorectal ; cependant, la plupart des études ne désigneraient généralement pas la viande comme un moyen d'en réduire le risque. Les aliments qui ont été liés à la diminution de ce risque sont les fruits, les légumes, les gras sains (avocats, huile d'olive, noix) et les grains entiers. Il est recommandé de boire beaucoup d'eau quotidiennement car l'eau favorise la digestion et prévient la constipation. De plus, on a observé récemment qu'une réduction des aliments riches en sucre et, par conséquent, des taux de sucre sanguin, permet de diminuer le risque de cancer colorectal.

Les régimes alimentaires faibles en gras et à forte teneur en fibres offrent une variété d'autres bienfaits pour la santé. Par conséquent, remplacez votre sandwich à la mortadelle sur pain blanc par un délicieux morceau de fromage allégé sur pain complet.

Les examens de dépistage réguliers offrent le salut

Le dépistage sauve des vies

Ne vous méprenez pas sur le dépistage : il sauve bien des vies. Qu'il s'agisse des clichés mammaires de dépistage du cancer du sein ou de la recherche de sang occulte dans les selles (RSOS) pour déceler le cancer colorectal, les examens ont le pouvoir de découvrir des anomalies précoces – assez tôt pour que vous puissiez agir en conséquence.

Des études montrent que des examens de dépistage réguliers tels que la RSOS – au moyen de laquelle des échantillons des selles sont soumis à une recherche du sang potentiellement caché – peuvent réduire le taux de mortalité attribuable au cancer colorectal de 15 % à 25 % pour les personnes âgées de 50 à 74 ans.

Mise en œuvre d'un programme de dépistage

Le taux de réussite du dépistage a incité les comités des gouvernements provincial et fédéral, ainsi que des groupes d'intervention dans le domaine du cancer, à encourager la mise en œuvre d'un programme de dépistage du cancer colorectal à l'échelle provinciale. Notons, en fait, que l’Ontario et le Manitoba possèdent déjà un tel programme tandis que d’autres provinces s’activent à en instaurer un.

La vision de cette sorte de programme comporte la réalisation d'une RSOS au moins 1 fois tous les 2 ans pour les personnes satisfaisant aux conditions requises et ayant entre 50 et 74 ans. Le contact serait établi avec ces personnes afin qu'elles puissent participer au programme de dépistage et un procédé de suivi systématique serait mis en vigueur.

Le programme est étendu : il comporte une campagne média pour informer le public, la distribution de trousses aux fins de recherche de sang occulte dans les selles, un laboratoire central désigné pour l'analyse des échantillons de selles, et bien plus encore.

Un tel programme est remarquable non seulement parce qu'il offre la possibilité de sauver la vie à de nombreuses personnes, mais aussi parce qu'il est économique.

Les divers groupes participant à ce projet vous recommandent vivement de communiquer avec votre représentant du gouvernement provincial afin de transformer cette vision en réalité si ce programme n'existe pas là ou vous habitez. Bien des vies peuvent en dépendre, alors pourquoi ne pas agir tout de suite?

L'activité physique assure le flux intestinal

La question de l'activité physique

Pour la plupart d'entre nous, l'activité physique pose un problème de temps. Entre les exigences de la vie professionnelle et familiale, les journées peuvent vous sembler trop courtes pour accommoder le besoin d'aller faire une promenade rapide ou d'improviser un jeu de basket-ball.

Mais quand il s'agit de votre santé, et plus particulièrement de celle de votre côlon et de votre rectum, il vous faut trouver le temps.

Pourquoi l'activité physique compte beaucoup

Le cancer colorectal apparaît quand des masses de tissus anormales - aussi connues sous le nom de polypes - se développent dans le côlon ou dans le rectum.

Ces polypes se forment pour de nombreuses raisons, mais la recherche montre que c'est en partie parce que les matières fécales demeurent trop longtemps dans le côlon. Et il n'y a pas de doute, plus votre niveau d'activité est faible, plus la progression des fèces risque de se ralentir et de contribuer à l'obésité, un autre facteur de risque.

Selon la Société américaine du cancer, si vous faites des exercices physiques d'une intensité modérée à vigoureuse 5 jours par semaine, et pendant 45 minutes chaque fois, vous adoptez une habitude susceptible de vous protéger contre le cancer colorectal et bien d'autres formes de cancer. Vous pouvez commencer en faisant de petites promenades d'un pas allègre, ou en prenant l'escalier au lieu de l'ascenseur. Si vous ressentez des douleurs articulaires, choisissez des exercices physiques à faible impact ; ils sont formidables pour maintenir votre corps en forme et en santé, et la nage en est un excellent exemple.

Alors, bougez, c'est salutaire !