Description

La toxoplasmose est une infection provoquée par le parasite Toxoplasma gondii. On estime qu'entre 20 % et 40 % de la population d'Amérique du Nord est infectée; ce pourcentage est encore plus élevé dans d'autres parties du monde.

Ce parasite unicellulaire peut vivre dans l'organisme d'un grand nombre d'oiseaux et de mammifères, mais il ne produit ses œufs que dans les intestins des chats. Chez l'homme, il ne provoque habituellement aucun symptôme. Par contre, une fois acquise, l'infection dure toute la vie.

La toxoplasmose reste habituellement en dormance, mais il arrive qu'elle s'éveille et provoque la maladie. En général, cela se produit lorsqu'une autre affection affaiblit le système immunitaire. La toxoplasmose est considérée comme une infection opportuniste, infection qui ne devrait pas atteindre les personnes en bonne santé, mais qui peut être extrêmement grave si les défenses immunitaires sont affaiblies (par ex. les personnes atteintes du sida ou du cancer ou celles qui prennent des médicaments qui inhibent le système immunitaire). Elle menace également le fœtus si la mère la contracte pendant la grossesse.

Causes

La manière la plus fréquente d'attraper la toxoplasmose est l'ingestion d'œufs de toxoplasme (oocystes). On retrouve ces œufs principalement chez les chats. Toxoplasma gondii peut se multiplier par reproduction asexuée chez divers animaux, mais il ne peut se multiplier par reproduction sexuée que dans les intestins du chat où il produit des œufs qui sont ensuite rejetés dans les matières fécales. Ces œufs rejetés dans les selles du chat demeurent viables dans un sol humide durant 18 mois, voire plus (s'ils ne sont pas exposés directement à la lumière du soleil). Cela signifie qu'il est possible d'ingérer ces œufs soit par contact direct avec le chat ou sa litière, soit par ingestion d'aliments (légumes) provenant de sol contaminé.

Une autre façon d'attraper la toxoplasmose est de manger de la viande insuffisamment cuite. Des animaux comme les vaches, les porcs et les moutons peuvent ingérer du sol contaminé par des oocystes provenant des selles de chats. Les œufs éclosent dans ces animaux et le Toxoplasma pénètre par les intestins et forme de minuscules kystes dans les tissus. Si nous mangeons de la viande de ces animaux qui n'est pas parfaitement cuite, les kystes parviennent dans notre estomac et libèrent le Toxoplasma qui envahit nos tissus. Il y a bien plus souvent des kystes dans le porc et l'agneau que dans le bœuf.

La toxoplasmose est très rarement transmise par transfusion sanguine ou par la transplantation d'organes. Elle ne se transmet pas d'une personne à une autre.

La toxoplasmose est partout et bon nombre d'entre nous sommes infectés sans le savoir. Heureusement, la plupart des infections se produisent sans entraîner de symptômes et le parasite reste en dormance dans des kystes chez l'homme, exactement comme chez les bovidés et les ovins. Il ne cause généralement pas de mal à moins que le système immunitaire fonctionne mal.

Symptômes et Complications

Pour la plupart d'entre nous, le système immunitaire n'atteint jamais le stade où la toxoplasmose arrive à prendre le dessus pour provoquer des symptômes. Toutefois, il arrive que des sujets sains subissent des symptômes légers dus à une infection par la toxoplasmose.

Chez environ 80 % à 90 % de la population qui contracte la toxoplasmose, il n'y a pas de symptômes. Entre 10 % et 20 % des personnes infectées auront une enflure des ganglions et certaines d'entre elles verront leurs symptômes évoluer de façon semblable à ceux de la grippe ou de la mononucléose infectieuse. Il peut s'agir d'une légère fièvre, de douleurs musculaires, des maux de gorge, une augmentation du volume de la rate et du foie et parfois une légère diarrhée. Une anémie bénigne peut apparaître. Ces symptômes peuvent durer pendant des semaines ou plus, mais ils disparaissent sans traitement.

Parmi les sujets atteints du sida, environ 30 % à 40 % développent une maladie liée à la toxoplasmose, habituellement par la réactivation d'une ancienne infection. La plupart de ces infections se rapportent au système nerveux central. Les symptômes peuvent comprendre :

  • un coma;
  • la perte de la vision ou d'autres sens;
  • une paralysie partielle;
  • de la faiblesse;
  • des tremblements;
  • des maux de tête;
  • de la confusion;
  • des troubles de l'élocution;
  • des crises convulsives;
  • une fièvre.

Dans la plupart des cas de toxoplasmose liée au sida, l'apparition des symptômes est assez lente et légèrement perceptible. On peut remarquer des changements sur le plan des émotions, du comportement ou de la propreté. Par la suite, il pourrait y avoir un engourdissement ou une faiblesse dans une jambe ou un bras.

Dans de rares cas, des régions extérieures au système nerveux central sont touchées, ce qui peut mener à une inflammation du cerveau (encéphalite), de ses membranes (méningite), du cœur (myocardite), des poumons (pneumopathie) et de divers autres organes. D'autres symptômes comme l'apparition d'une fièvre élevée, de sueurs excessives et d'une éruption cutanée peuvent se produire.

Les femmes enceintes ayant déjà contracté dans le passé une infection liée à la toxoplasmose ont peu de souci à se faire. En revanche, si une femme est infectée pour la première fois pendant une grossesse, elle court le risque que le fœtus soit infecté. Le risque est d'environ 6 % durant le premier trimestre de la grossesse. L'infection à ce stade provoque souvent un avortement spontané. Le risque d'infection augmente à 30 % pour une infection survenant durant le deuxième trimestre et à 60 % à 81 % le troisième trimestre. En l'absence de traitement, le risque de transmission de l'infection de la mère au fœtus pendant la grossesse est de l'ordre de 20 à 30 %.

Les infections à un stade avancé de la grossesse résultent rarement en avortements spontanés, mais les bébés peuvent présenter des symptômes tels que :

  • des crises convulsives;
  • des lésions au cerveau;
  • une augmentation de volume de la rate et du foie;
  • une inflammation oculaire;
  • une jaunisse (coloration jaune de la peau et du blanc de l'œil);
  • une mauvaise coordination motrice;
  • une tête plus petite que la normale;
  • une éruption cutanée;
  • l'apparition d'ecchymoses aux moindres traumatismes.

Les infections moins graves peuvent ne pas être évidentes à la naissance, mais le devenir après quelques mois ou quelques années. Le bébé grandit souvent pour devenir un jeune adulte en bonne santé. Cependant, vers l'âge de 20 ou 30 ans, sa vision commence à dégénérer lorsque le toxoplasme attaque la rétine, la membrane sensible à la lumière tapissant le fond de l'œil. La toxoplasmose oculaire peut engendrer des douleurs, un brouillement de la vision et des lésions permanentes, notamment la cécité. Elle peut à l'occasion se produire à l'âge adulte.

Diagnostic

Normalement, l'infection liée à la toxoplasmose est facilement détectable en cherchant les anticorps du parasite dans le sang. Les seuls qui dérogent à la règle sont les sujets gravement atteints du sida dont le système immunitaire est trop faible pour produire des anticorps décelables. Habituellement, la maladie se situe au niveau du cerveau, et le médecin pratiquera une tomodensitométrie (TDM) ou une imagerie par résonance magnétique (IRM) pour localiser les petites lésions de forme ronde très révélatrices de la présence de toxoplasmose. Pour diagnostiquer la toxoplasmose pendant la grossesse, il est possible d'utiliser un échantillon de liquide amniotique pour détecter le parasite.

Traitement et Prévention

Les personnes dont le système immunitaire est intact n'ont habituellement pas besoin de traitement contre la toxoplasmose. Le traitement le plus fréquent utilisé pour lutter contre la toxoplasmose chez les personnes qui présentent des symptômes est une combinaison de pyriméthamine* et de sulfadiazine ou de clindamycine. Il existe quelques variantes mineures, mais le traitement est pratiquement similaire pour les bébés, les adultes en bonne santé et les personnes atteintes du sida. On prescrit habituellement aussi de la leucovorine (appelée également acide folinique) aux personnes qui emploient la pyriméthamine pour prévenir les effets toxiques sur la moelle osseuse.

On prescrit également un corticostéroïde (par ex. la prednisone) aux personnes atteintes de la toxoplasmose oculaire. Le traitement initial dure habituellement de 4 à 6 semaines, après quoi une nouvelle évaluation est faite par un ophtalmologue dans le but d'établir le traitement futur. Malgré cet ajout, les problèmes de vision réapparaîtront probablement et il faut faire preuve d'une vigilance constante pour détecter précocement toute récidive et prévenir la lente détérioration de la vision.

Les femmes enceintes qui contractent la maladie sont habituellement traitées avec de la spiramycine tant que le fœtus n'est pas infecté. Si le fœtus est infecté et que la grossesse est plus avancée que le premier trimestre (c.-à-d. après les 3 premiers mois), on utilise alors de la pyriméthamine et la sulfadiazine. Si possible, les femmes enceintes devraient éviter les chats. Il est recommandé aux femmes enceintes possédant un chat de ne pas toucher aux selles de chat (en changeant la litière) pendant toute la durée de la grossesse.

Pour éviter de contracter la toxoplasmose :

  • portez des gants lorsque vous travaillez au jardin, en particulier si vous manipulez de la terre et lavez-vous bien les mains au savon et à l'eau chaude après vos contacts avec le sol;
  • cuisez les viandes à point, à une température d'au moins 74 °C à 77 °C (164 °F à 170 °F) et lavez-vous bien les mains après avoir manipulé les viandes crues;
  • lavez ou pelez les fruits et les légumes;
  • lavez tous les ustensiles et les appareils de cuisine de même que vos mains à l'eau savonneuse chaude après un contact avec les viandes crues, les fruits de mer et les fruits et légumes non lavés;
  • recouvrez les carrés de sable pour réduire le risque de contamination par selles de chats;
  • évitez le lait et les produits laitiers non pasteurisés;
  • gardez vos chats à l'intérieur.

*Tous les médicaments ont à la fois une dénomination commune (un nom générique) et un nom de marque ou marque. La marque est l'appellation qu'un fabricant choisit pour son produit (par ex. Tylenol®). Le nom générique est le nom du médicament en médecine (par ex. l'acétaminophène). Un médicament peut porter plusieurs noms de marque, mais il ne possède qu'un seul nom générique. Cet article répertorie les médicaments par leur nom générique. Pour obtenir des renseignements sur un médicament donné, consultez notre base de données sur les médicaments. Pour de plus amples renseignements sur les noms de marque, consultez votre médecin ou un pharmacien.