Description

La syphilis est avant tout une infection transmissible sexuellement (ITS) causée par la bactérie Treponema pallidum. La maladie possède plusieurs apparences cliniques souvent regroupées en stades, selon le moment où elles se produisent.

Il existe trois stades de syphilis pendant lesquels les symptômes apparaissent. Cependant, tous les individus atteints de syphilis ne passent pas nécessairement par les trois stades de la maladie. Entre ces stades, il y a des périodes asymptomatiques ou latentes.

La syphilis se présente d'abord comme une maladie infectieuse aiguë qui semble se résorber spontanément. Elle peut récidiver peu de temps après et disparaître de la même façon. Elle peut aussi réapparaître sous forme de trouble chronique non contagieux.

Cela signifie qu'il y a deux groupes de personnes atteintes de la syphilis : celles qui sont contagieuses, mais qui guérissent sans traitement, et celles qui ne sont pas contagieuses, mais qui ne guérissent pas sans traitement. Dans un groupe comme dans l'autre, les analyses de sang pour rechercher la syphilis produisent des résultats positifs.

Autrefois, la syphilis était une cause importante de mortalité et d'invalidité. On croit qu'elle a été introduite en Europe par les premiers explorateurs espagnols de retour d'Amérique. Elle s'est répandue à travers l'Europe et est devenue associée à la sexualité et comme Vénus était considérée comme la « déesse de l'amour », on l'a désignée comme une maladie vénérienne (vénérienne étant un adjectif dérivé de Vénus). Il n'existait pas de traitement pour la syphilis avant la découverte des antibiotiques en 1945. Cette maladie est devenue beaucoup plus rare depuis que leur usage s'est répandu.

Depuis 2009 (les dernières statistiques disponibles), au Canada, le taux d'infection de la syphilis et de 5 par 100 000 personnes. Au Canada, le nombre de cas de syphilis est en augmentation chez les hommes et les femmes, mais davantage chez les hommes.

Causes

Dans presque tous les cas, la syphilis est transmise par contact sexuel. Elle peut être transmise lors de relations sexuelles orales ou anales, et même parfois par le baiser.

La syphilis se manifeste par un ulcère indolore sur la partie du corps qui a été en contact avec la personne infectée. Cet ulcère libère lentement un liquide transparent qui contient de nombreuses bactéries de la syphilis. Si ce liquide vient en contact avec la peau non intacte ou une muqueuse (comme l'intérieur du vagin), il risque d'induire la formation d'un nouvel ulcère, transmettant ainsi l'infection. Ces lésions initiales ne sont pas douloureuses et sont souvent situées dans des régions invisibles du corps, de sorte que la personne peut transmettre la syphilis sans le savoir.

Dans de rares cas, il arrive qu'une mère transmette la syphilis à son enfant pendant l'accouchement, mais le dépistage systématique de la maladie a presque éliminé ce mode de transmission de la syphilis.

Symptômes et Complications

Au stade initial, la maladie est appelée syphilis primaire. À ce stade, on observe en général un seul ulcère, qui apparaît entre 10 jours et 100 jours, en moyenne un mois, après l'infection. Au début la lésion apparaît comme un bouton rouge. C'est dans ce site que les bactéries vont d'abord se multiplier. En peu de temps, l'érosion transforme la lésion en un ulcère non douloureux, appelé chancre. Que la personne soit traitée pour la maladie ou non, le chancre guérit et disparaît typiquement en un mois ou deux. La personne est contagieuse pendant la syphilis primaire.

Si la personne n'est pas traitée, les bactéries infiltrent éventuellement la circulation sanguine et envahissent diverses régions de l'organisme. À ce stade, une éruption cutanée peut survenir. Elle se manifeste généralement entre 6 semaines et 3 mois après la formation du chancre et dans certains cas, elle surgit même avant que le chancre initial soit complètement guéri. Il arrive que l'éruption s'aggrave de façon constante au cours des 2 mois qui suivent son apparition initiale. Des plaques rondes, rouges, ou brunes, se forment sur la poitrine, les bras, les jambes et, de manière tout à fait inhabituelle, sur la paume des mains et la plante des pieds. L'éruption garde parfois la forme de plaques rouges qui deviennent pustuleuses ou squameuses, mais elle provoque rarement une démangeaison intense. Il arrive que l'éruption réapparaisse après avoir disparu.

Le malade présente également des symptômes semblables à ceux de la grippe, notamment des maux de tête, de la fatigue, et une légère fièvre. Les bactéries peuvent envahir le cerveau et provoquer une méningite. Certaines personnes présentent des signes d'anémie et de jaunisse. Ce syndrome est appelésyphilis secondaire et peut se manifester de façon intermittente pendant une année ou deux. Tant et aussi longtemps que l'éruption cutanée persiste, une personne atteinte de la syphilis secondaire est contagieuse.

Dans de nombreux cas, l'évolution de la syphilis s'arrête au stade secondaire, même lorsqu'elle n'est pas traitée. La bactérie demeure présente dans l'organisme, mais elle n'entraîne aucun symptôme et n'est pas contagieuse. C'est la syphilis latente. La maladie peut alors demeurer inactive pendant toute la vie, ou reprendre son évolution des années plus tard.

Les personnes qui ne reçoivent pas de traitement au stade primaire de la syphilis ont 1 chance sur 3 d'être atteintes d'une syphilis tertiaire chronique. Les bactéries se dissimulent dans l'organisme et ne sont plus infectieuses, mais elles peuvent réapparaître des dizaines d'années après la dernière éruption de la syphilis secondaire. La maladie menace alors gravement les organes internes, dont le cerveau, le cœur, les vaisseaux sanguins et les os. La syphilis peut provoquer la mort si on ne la traite pas.

Au nombre des complications de la syphilis tertiaire, on note les suivantes :

  • des lésion cérébrales : selon la région cérébrale touchée, les symptômes se traduisent par des anomalies motrices, notamment des tremblements ou des troubles de l'humeur, comme la mégalomanie, de la faiblesse musculaire, de la douleur, une détérioration de la coordination musculaire et la perte des mouvements dans les extrémités.
  • des lésions du cœur et des vaisseaux sanguins : la syphilis détériore en particulier les parois de l'aorte, la plus grosse artère du cœur. Les lésions peuvent entraîner la formation d'un anévrisme. En général, ce syndrome survient entre 10 ans et 25 ans après l'infection initiale.
  • des lésions de la rétine et des nerfs vitaux et des vaisseaux sanguins à l'arrière de l'œil. En général, la syphilis attaque les deux yeux. Si ces lésions ne sont pas traitées, les séquelles sont irréversibles et risquent d'entraîner la cécité. Dans ce cas également, les conséquences suivent de nombreuses années après la première infection.

Ces exemples ne représentent que certains des organes les plus susceptibles de subir des lésions. Les symptômes ne doivent toutefois pas devenir aussi importants, car il est possible de guérir la syphilis en quelques jours lors de sa première apparition. Il s'agit cependant d'une maladie insidieuse et, au stade primaire, elle risque de passer inaperçue.

Diagnostic

La syphilis est facile à diagnostiquer au stade primaire ou secondaire lorsqu'un ulcère est visible. Un prélèvement de cet ulcère fournira une quantité suffisante de bactéries pour une analyse au microscope. Autrement, il existe une série d'analyses de sang qui permettent de confirmer le diagnostic. Ces analyses seront effectuées de nouveau après le traitement pour confirmer son efficacité.

Traitement et Prévention

On utilise la pénicilline pour traiter tous les stades de la syphilis. Malgré ses 60 années d'utilisation, la bactérie de la syphilis n'a pas encore développé de résistance à l'antibiotique original. Dans le cas de la syphilis primaire, une seule injection (habituellement divisée en deux demi-doses, une dans chaque fesse) est suffisante pour guérir de façon permanente cette maladie qui autrefois emportait tant de vies.

La syphilis secondaire et la syphilis latente sont traitées de la même façon, sauf qu'au lieu d'une seule injection, il en faut trois administrées pendant trois semaines consécutives. La plupart des personnes atteintes de la syphilis infectieuse, plus particulièrement celles au stade secondaire, souffrent d'effets secondaires au premier traitement. Cette réaction se manifeste par une fièvre subite, accompagnée de maux de tête, de transpiration et parfois d'une éruption cutanée. Ces symptômes disparaissent en moins de 24 heures.

La pénicilline élimine en une journée ou deux l'effet de la contagion, et guérit la syphilis en une ou deux semaines. Le malade doit toutefois attendre d'avoir terminé le traitement avant d'avoir des relations sexuelles. Dans le cas d'une personne allergique à la pénicilline, un autre antibiotique peut être administré.

La syphilis tertiaire est également traitée à l'aide d'injections de pénicilline. En général, le traitement dure plus longtemps que quelques doses. Même s'il ne détruit pas toutes les bactéries dissimulées dans l'organisme, il prévient habituellement la formation d'autres lésions. Il n'existe cependant aucun moyen de réparer les organes déjà détériorés.

Il importe que vous alliez à vos rendez-vous de suivi chez votre médecin. Même si vous avez reçu des antibiotiques, certains traitements peuvent se révéler inefficaces. Votre médecin effectuera des analyses sanguines pour s'assurer que les antibiotiques ont été efficaces et que la bactérie n'est plus présente.

Le meilleur moyen d'éviter ces complications est d'avoir des relations sexuelles protégées pour éviter de contracter la syphilis. Utiliser correctement un condom est une bonne précaution de base, mais la syphilis n'est pas seulement transmise lors des relations sexuelles vaginales. N'importe quel contact oro-génital ou même bouche à bouche suffit pour transmettre l'infection. Le seul véritable moyen de réduire le risque est de limiter le nombre de ses partenaires sexuels et de les choisir judicieusement - demandez-leur un test pour la syphilis (et d'autres ITS). Si vous êtes atteint de syphilis, vous devez en aviser vos partenaires sexuels pour qu'ils se fassent tester et possiblement traiter.