Description

Le sarcome de Kaposi est un cancer qui provoque l'apparition de tumeurs violacées ou brunâtres qui ressemblent à des plaies sur la peau. Il peut également s'attaquer aux organes internes ou aux muqueuses de la bouche, du nez et de l'anus.

Il fut un temps où il était le cancer le plus souvent observé chez les personnes atteintes du syndrome d'immunodéficience acquise (SIDA) dont il constitue l'une des complications. Les hommes infectés par le VIH en sont atteints dans une proportion huit fois plus élevée que les femmes touchées par le VIH. Ce cancer est également plus fréquent chez les personnes prenant des médicaments immunodépresseurs que l'on soigne pour un rejet de greffe par exemple.

Avant que le sida devienne très répandu, le sarcome de Kaposi était observé généralement chez les hommes aînés, dans la plupart des cas d'origine italienne, juive ou africaine. On le retrouvait également chez les personnes qui avaient reçu une greffe d'organe et qui prenaient une immunothérapie pour éviter le rejet de l'organe transplanté. Chez les personnes atteintes du sida, la tumeur grossit et se propage plus rapidement que chez les hommes aînés.

Causes

La cause la plus commune du sarcome de Kaposi est la combinaison entre une immunodépression, comme c'est le cas avec une infection par VIH ou un traitement immunosuppresseur après une greffe d'organe, et une exposition au virus herpès humain 8 (VHH-8), infection qui se transmet par voie sexuelle.

Bien que cette affection soit la plus répandue chez les hommes sexuellement actifs, homosexuels et bisexuels porteurs du VIH, les progrès réalisés dans le traitement médical du VIH semblent en avoir réduit l'incidence. Cette dernière est bien moindre chez les personnes hétérosexuels porteurs du VIH.

Symptômes et Complications

À mesure que la fréquence du sida augmentait, l'apparition plus fréquente du sarcome de Kaposi a attiré l'attention des médecins. Ces lésions constituent parfois les premiers signes laissant croire que le personne a été infecté par le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) ou qu'il a développé la maladie causée par ce virus, le sida.

Le sarcome de Kaposi peut se présenter sous forme de plaques ou de lésions violacées ou brunâtres sur la peau; celles-ci peuvent être légèrement élevées ou plates. Elles peuvent apparaître n'importe où dans le corps, mais se trouvent souvent sur le visage (au niveau des oreilles, de la bouche et du bout du nez), sur les jambes et les pieds, et près des organes génitaux. Chez les personnes ayant une peau foncée, ces taches peuvent prendre la couleur brune ou noire. Les lésions ne provoquent ni démangeaison ni douleur.

Le sarcome de Kaposi peut produire aussi des lésions dans la bouche (sur le palais, la langue, les gencives ou les amygdales) ou des lésions gastro-intestinales (sur l'estomac ou l'intestin) qui saignent. Les poumons peuvent également être touchés sous la forme d'une infection ou d'une lésion qui ressemble à un autre type de cancer du poumon.

Parmi les autres symptômes associés au sarcome de Kaposi, on retrouve :

  • une enflure des ganglions lymphatiques;
  • un essoufflement ou une difficulté respiratoire;
  • la présence de sang dans les expectorations.

Le sarcome de Kaposi réapparaît facilement malgré les traitements et la rémission. Il peut aussi s'étendre aux poumons et au foie.

Si les lésions demeurent uniquement sur la peau, la vie de la personne n'est pas en danger. Si le sarcome de Kaposi s'étend aux organes internes, y compris les poumons, le cerveau et l'appareil digestif, il peut devenir mortel.

L'apparition du sarcome de Kaposi chez les personnes atteintes du sida indique souvent que la maladie est en progression. Le traitement et la rémission (absence de signes et symptômes de la maladie) du sarcome de Kaposi n'aident pas à améliorer le pronostic du sida.

Diagnostic

Les lésions associées au sarcome de Kaposi peuvent souvent être confondues avec des symptômes d'autres affections, comme les infections fongiques bénignes ou un autre type de cancer, le lymphome non hodgkinien. C'est pourquoi le médecin aura besoin de connaître en détail les antécédents familiaux de la personne, y compris ses habitudes de vie et sa sexualité, et pourra recommander un test du VIH. Après un examen physique, il procédera habituellement à une biopsie.

Lors d'une biopsie à l'emporte-pièce, on prélève seulement un petit échantillon de tissu, alors que dans l'excision-biopsie, on enlève toute la lésion. En présence d'un grand nombre de lésions, on peut effectuer une biopsie sur plusieurs d'entre elles pour vérifier si elles sont toutes de la même nature. En général, l'excision-biopsie est pratiquée lorsqu'il y a une ou deux petites lésions seulement.

Autres tests ou examens qui pourraient être utiles au médecin :

  • un examen de la bouche, pour vérifier s'il y a des lésions sur le palais, la langue, les gencives ou les amygdales;
  • un examen rectal, pour vérifier s'il y a des lésions dans l'anus;
  • une endoscopie, effectuée à l'aide d'un tube flexible (muni d'une petite lumière et d'un appareil de visualisation) qui permet d'observer la muqueuse de l'œsophage et de l'estomac;
  • un lavement baryté, examen radiologique qui permet aux médecins de suivre le parcours du baryum le long du côlon;
  • une sigmoïdoscopie, qui consiste à utiliser un endoscope ou sigmoïdoscope pour observer la muqueuse du rectum et du côlon;
  • une radiographie pulmonaire, pour voir s'il y a des lésions dans les poumons;
  • une tomodensitométrie qui recherche des lésions et autres anomalies;
  • une bronchoscopie, où l'on utilise un petit tube pour voir l'intérieur des poumons;
  • une biopsie du poumon - si l'on constate des lésions dans les poumons lors de la bronchoscopie, un échantillon de tissu pulmonaire peut être prélevé en vue d'un examen microscopique.

Traitement et Prévention

Il peut être difficile de traiter le sarcome de Kaposi parce qu'un grand nombre de personnes qui en sont atteintes se trouvent dans un état d'immunodépression : elles sont exposées à un haut risque d'infections lors des interventions. Les décisions thérapeutiques sont prises en fonction de la localisation des lésions, de leur nombre et de leur grosseur, ainsi que votre santé générale.

Dans la plupart des cas, on enlève la tumeur ou la lésion par cryothérapie, ou on fait appel à la chimiothérapie, à la radiothérapie ou à une combinaison des méthodes. Chez les personnes atteintes du sida, on utilise des médicaments anti-VIH pour combattre le virus. Cette méthode peut améliorer l'état général de la personne et aider à traiter le sarcome de Kaposi.

Voici les traitements qui peuvent être utilisés dans les cas de lésions cutanées :

  • la cryothérapie : c'est une intervention où l'on utilise de l'azote liquide ou d'autres produits cryogènes pour geler les tissus. Dans le traitement du sarcome de Kaposi, le médecin peut geler les lésions pour les détruire.
  • le traitement locorégional : ce traitement consiste à injecter des agents chimiothérapeutiques directement dans les lésions du sarcome de Kaposi.
  • la radiothérapie : une autre option est la radiothérapie directe où l'on dirige des faisceaux de rayonnement sur les lésions. La radiothérapie provoque aussi des effets secondaires, dont voici les principaux :
    • de la diarrhée,
    • une diminution de l'appétit,
    • de la fatigue,
    • des nausées et des vomissements,
    • de la rougeur et une sécheresse de la peau au point d'irradiation.

Si le sarcome de Kaposi a progressé et s'étend aux organes internes, d'autres traitements peuvent être envisagés :

  • l'interféron : selon certains rapports, le traitement à l'aide de fortes doses d'interféron s'est soldé par une réussite. Le traitement est toutefois limité à certaines personnes étant donné sa haute toxicité.
  • chimiothérapie : la chimiothérapie est une option pour combattre le sarcome de Kaposi, comme beaucoup d'autres cancers. Étant donné qu'elle agit sur l'ensemble de l'organisme, la chimiothérapie peut entraîner de nombreux effets secondaires. La plupart des médicaments chimiothérapeutiques sont administrés par goutte-à-goutte intraveineux, mais certains d'entre eux peuvent être pris par voie buccale. Voici certains des effets secondaires courants de la chimiothérapie :
    • de la diarrhée,
    • un essoufflement,
    • de la fatigue,
    • des frissons,
    • des nausées et des vomissements,
    • une perte de cheveux,
    • de la toux,
    • une ulcération de la bouche.

Comme le sarcome de Kaposi est probablement causé par une interaction entre l'immunosuppression et l'exposition à l'infection transmise sexuellement par le HHV 8, les précautions prises contre les infections transmises sexuellement doivent également être prises pour tenter de prévenir le sarcome de Kaposi.

Ne pas avoir de comportements sexuels à risque peut également vous protéger d'une infection par le VIH, virus à l'origine du sida. Étant donné que le sida augmente le risque de sarcome de Kaposi, ne pas avoir de comportements sexuels à risque contribue à diminuer votre probabilité de contracter ce cancer.