Description

Le cancer de la peau est la forme de cancer la plus courante au Canada. On estime que, chaque année, environ 75 000 personnes au Canada sont atteintes d'un cancer de la peau de type non-mélanome, et ce nombre continue à augmenter.

Les cancers de la peau sont classés en 3 types différents : le carcinome basocellulaire, le carcinome spinocellulaire, et le mélanome. Cet article porte sur les deux premières formes de cancer de la peau, connues toutes les deux sous le nom de « cancer de la peau non-mélanome ». Contrairement aux mélanomes, le taux de mortalité en cas de cancer de la peau de type non-mélanome est faible et il se traite souvent très facilement. Pour de l'information sur les mélanomes, veuillez consulter notre article sur les mélanomes.

Le carcinome basocellulaire (CB) est non seulement le cancer de la peau le plus répandu, mais aussi la forme la plus répandue de cancer. La tumeur se constitue à partir de la couche basale (la plus profonde) de l'épiderme (la couche externe de la peau). Les cellules cancéreuses apparaissent presque toujours sur des régions cutanées exposées au soleil comme le front, les mains, les lèvres ou la partie supérieure du pavillon de l'oreille. Le CB représente environ 75 % de tous les cancers de la peau non mélanomes. Il existe trois principaux types de CB :

  • le carcinome basocellulaire superficiel (CBS) : ce type de cancer apparaît souvent sur la poitrine et sur la partie supérieure du corps (torse) et parfois au visage. La plupart du temps, il s'agit d'une plaque squameuse bien circonscrite qui ressemble à de l'eczéma. Elle est souvent entourée d'un contour en relief de couleur nacrée;
  • le carcinome basocellulaire nodulaire : ce type de CB apparaît sur les surfaces exposées au soleil, y compris la tête et le cou. Il a la forme d'une bosse habituellement rose ou nacrée;
  • le carcinome basocellulaire morphéiforme : ce type de CB se manifeste sous forme de cicatrice de couleur ivoire dans des régions qui n'ont jamais subi de chirurgie ou de blessure. La tumeur est légèrement boursouflée, d'apparence cireuse, souvent de couleur blanche ou jaunâtre. Le contour de la tumeur n'est pas précis.

Il existe aussi deux autres types peu courants de CB : le CB pigmenté (tatoué) (semblable au CB nodulaire, mais avec des pigmentations blanches et brunes) et le CB cystique (gris bleu avec du liquide au centre).

Le carcinome spinocellulaire est moins fréquent que le carcinome basocellulaire mais représente tout de même la deuxième forme de cancer de la peau la plus courante. La tumeur se constitue à partir des couches les moins profondes de la peau, et elle se manifeste le plus souvent sur les surfaces exposées au soleil.

D'autres cancers comme le carcinome à cellules de Merkel, le sarcome de Kaposi ou le lymphome cutané à cellules T sont des cancers de la peau très rares, représentant environ 1 % des cancers de type non-mélanome.

Causes

Comme les mélanomes, les carcinomes basocellulaires et spinocellulaires sont associés à une exposition importante aux rayons du soleil. La plupart des gens accumulent la majorité de leur exposition totale à la lumière solaire pendant leur enfance, et des études ont montré que même un seul coup de soleil subi pendant l'enfance augmente le risque d'un cancer de la peau plus tard au cours de la vie. Mais il n'est pas nécessaire d'attraper un coup de soleil pour subir des lésions de la peau. Une peau bronzée est également un signe évident de lésions cutanées causées par les rayons ultraviolets (UV).

Au Canada, le cancer de la peau est rare chez les personnes de moins de 40 ans. Les bains de soleil à l'origine des tumeurs cutanées ont été pris en grande partie 30, 40, ou 50 ans plus tôt. En Australie, où les gens sont beaucoup plus exposés aux rayonnements ultraviolets dès leur plus jeune âge, le cancer de la peau frappe les gens dans la vingtaine et dans la trentaine.

Les personnes au teint clair, aux cheveux blonds ou roux, aux yeux bleus ou verts, qui ont des taches de rousseur, ou qui bronzent difficilement sont plus à risque d'être atteintes du cancer de la peau parce que leur peau est moins pigmentée et qu'elles sont ainsi moins bien protégées du soleil.

En général, les tumeurs se constituent lorsque l'ADN d'une cellule saine subit une mutation qui entraîne la multiplication déréglée de la cellule. Les scientifiques croient aujourd'hui que dans le carcinome basocellulaire, un gène appelé PTC est endommagé par le rayonnement UV. Dans des conditions normales, ce gène induit la production par la cellule d'une protéine qui prévient une reproduction déréglée. Un scénario semblable peut être à l'œuvre dans le cas du carcinome spinocellulaire.

Parmi les autres causes du cancer de la peau, soulignons les rayons X, un contact cutané avec de l'arsenic ou du radium ou, plus simplement, la malchance. En effet, même si une personne est faiblement exposée aux rayons du soleil, une erreur spontanée peut survenir dans la division cellulaire. On sait aussi qu'un virus cancérigène transmis sexuellement, le papillomavirus humain (VPH), peut causer une forme rare de carcinome spinocellulaire.

Symptômes et Complications

Le carcinome basocellulaire (CB) apparaît en général aux sites cutanés exposés au soleil. Il se manifeste d'abord par une petite boursouflure rose et ronde, qui dépend toutefois du type de CB (par ex. superficiel, nodulaire ou morphéiforme). Avec le temps, la tumeur peut continuer de croître et après quelques mois ou quelques années, elle est parfois entourée de vaisseaux sanguins minuscules, mais visibles. La lésion forme souvent des croûtes de façon répétée, puis guérit, et forme une nouvelle croûte. Cette formation de croûte s'accompagne parfois de saignements. Si la lésion n'est pas traitée, son aspect peut devenir très différent, parce que les cellules cancéreuses détruisent la peau. La lésion prend alors l'aspect d'une morsure; dans ce cas, cette tumeur est appelée ulcus rodens.

Le CB superficiel est le type de carcinome basocellulaire le moins agressif, tandis que le CB morphéiforme est le plus agressif et le plus dangereux de ces cancers. Le CB superficiel se développe à l'extérieur de son liséré (rebord) et endommage, avec le temps, les tissus avoisinants. Étant donné que le CB superficiel se développe lentement, les gens ne consultent pas toujours immédiatement leur médecin. La détection et le traitement précoces constituent souvent la meilleure façon d'augmenter ses chances de survie dans bien des types de cancer. Les CB nodulaires ont des contours irréguliers et demeurent souvent plats. Ce type de cancer provoque souvent des saignements suivis de la formation d'une croûte ou d'une desquamation. Les CB morphéiformes se développent rapidement et sont plus difficiles à traiter.

Le carcinome spinocellulaire se manifeste d'abord par une petite masse dure. Dans la plupart des cas, il se développe à partir d'une kératose actinique (KA), une lésion rugueuse et squameuse de la peau qui apparaît à la surface de la peau exposée au soleil. Elle peut être de la même couleur que la peau qui l'entoure, mais elle peut aussi avoir une teinte brune, rose ou rouge. La KA représente simplement une altération de la taille, de la forme et de l'organisation des cellules de la peau. Comme elles peuvent entraîner un cancer de la peau, on conseille un dépistage et un traitement des KA le plus tôt possible.

Le carcinome spinocellulaire se caractérise par des rougeurs, une desquamation, la formation de croûtes ou d'ulcères. De plus, il peut entraîner des démangeaisons et être lent à guérir. Au fur et à mesure que la tumeur du carcinome spinocellulaire grossit, la peau a tendance à dégénérer et des cicatrices apparaissent sur les tissus. La tumeur saignera facilement en cas d'éraflure, sans que ce soit pour autant douloureux. Le carcinome spinocellulaire est plus susceptible de se développer sous forme de métastases (propagation dans d'autres parties de l'organisme) que le CB. Heureusement, un traitement commencé tôt augmente les chances de survie et de guérison.

Les complications surviennent lorsque la tumeur envahit des tissus qui ont d'autres fonctions, comme les tissus de la bouche, de l'anus ou de l'œil. En général, les cancers des muqueuses (par ex. les lèvres) risquent davantage de se développer sous forme de métastases (propagation de la maladie à d'autres organes). De même, les tumeurs cancéreuses qui siègent entre les doigts ou entre l'index et le pouce ou sur la première phalange (avant la première articulation d'un doigt) risquent également de se développer davantage sous forme de métastases. Les métastases sont toutefois peu probables dans ces formes de cancer.

Même si les carcinomes basocellulaires ou les carcinomes spinocellulaires entraînent rarement la mort, ces tumeurs peuvent défigurer le patient. Le traitement peut aussi parfois défigurer le patient si une grande quantité de tissu cutané doit être excisée.

Diagnostic

Le cancer de la peau est diagnostiqué par l'analyse au microscope d'un échantillon de la peau prélevé sur la bosse ou sur la tache suspecte. C'est ce qu'on appelle une biopsie. Dans des conditions normales, il n'est pas nécessaire d'effectuer des examens complexes pour déterminer si le cancer a envahi d'autres parties du corps puisque cela arrive rarement.

Il existe trois types de biopsies pour confirmer le diagnostic d'un cancer de la peau non-mélanome. Elles comprennent :

  • la biopsie de surface,
  • la biopsie à l'emporte-pièce,
  • l'exérèse.

Selon le type de biopsie, on enlève une partie ou la totalité de la tumeur. Toutes ces biopsies nécessitent une anesthésie locale.

Traitement et Prévention

On traite généralement le cancer de la peau au moyen d'une intervention chirurgicale. Cependant, le médecin ne dit jamais au patient que le cancer est complètement guéri, car il existe toujours un risque que le cancer réapparaisse si des cellules cancéreuses se sont détachées et ont envahi les tissus adjacents à la tumeur. Les chirurgiens excisent habituellement une surface additionnelle autour des tumeurs cutanées pour réduire ce risque de récidive.

Les tumeurs à risque élevé, comme les tumeurs sur la main ou sur une lèvre, sont souvent excisées par la chirurgie micrographique de Mohs, qui permet à un chirurgien spécialiste d'enlever la peau par couches en utilisant un microscope pour suivre le contour précis de la tumeur cancéreuse. Cette technique diminue les risques de récidive.

Parfois, les tumeurs sont détruites par l'application d'azote liquide (cryogénie) ou à l'aide d'un laser qui brûle la tumeur. En plus de la chirurgie, la radiothérapie et la chimiothérapie conviennent au traitement d'un cancer qui réapparaît ou dans le cas de métastases d'une réapparition potentielles.

Les médicaments topiques (en application cutanée locale) sont parfois utilisés pour traiter le carcinome basocellulaire (CB). Les médicaments topiques comprennent le 5-fluorouracile* (aussi connu sous le nom de fluorouracile) et l'imiquimod.

Le 5-fluorouracile (5-FU) appartient au groupe de médicaments connus sous l'appellation antinéoplasiques topiques. Il agit en interférant avec la croissance des cellules cancéreuses.

L'imiquimod appartient au groupe de médicaments appelés modificateurs de la réponse immunitaire. Ce type de médicament agit en stimulant le système immunitaire pour produire des substances qui combattent le cancer.

Dans les cas, où le cancer s'est propagé à d'autres parties de l'organisme, des traitements de chimiothérapie peuvent être utilisés en combinaison avec d'autres traitements comme la radiothérapie et la chirurgie. Le médecin décide de la combinaison appropriée à chaque individu en fonction de ses antécédents médicaux.

Afin de prévenir le cancer de la peau, protégez votre peau contre le soleil en portant des vêtements longs ou en appliquant un écran solaire avec une protection SPF d'au moins 15 (SPF 15) qui filtre les rayons UVA et UVB. Appliquez une quantité généreuse d'écran solaire sur votre corps au moins une demi-heure avant d'aller à l'extérieur. Vérifiez votre peau tous les mois pour détecter des changements, des excroissances ou des plaies qui ne guérissent pas. Le cas échéant, consultez un médecin le plus rapidement possible.


*Tous les médicaments ont à la fois une dénomination commune (un nom générique) et un nom de marque ou marque. La marque est l'appellation qu'un fabricant choisit pour son produit (par ex. Tylenol®). Le nom générique est le nom du médicament en médecine (par ex. l'acétaminophène). Un médicament peut porter plusieurs noms de marque, mais il ne possède qu'un seul nom générique. Cet article répertorie les médicaments par leur nom générique. Pour obtenir des renseignements sur un médicament donné, consultez notre base de données sur les médicaments. Pour de plus amples renseignements sur les noms de marque, consultez votre médecin ou un pharmacien.