La résolution du chagrin

La mort ou la perte des êtres chers peut sembler accablante à leurs proches. Le chagrin qui accompagne ou suit une perte peut s'avérer compliqué, imprévisible et angoissant. Heureusement, cette sorte d'expérience signifie habituellement qu'une personne fait des progrès du point de vue émotionnel. En revanche, une vie apparemment très normale après une perte est parfois indicielle d'un chagrin qui a été refoulé pour mieux resurgir quelque temps plus tard d'une manière destructive.

Autrement dit, une personne endeuillée depuis quelque temps, ou récemment, qui se donne le droit d'apparaître « déboussolée » de temps en temps parviendra probablement à élaborer des stratégies d'adaptation efficaces pour la résolution de son chagrin. C'est la personne qui fait de trop gros efforts pour ne pas montrer son chagrin qui risque de voir des problèmes survenir plus tard.

Au cours des années, le travail de deuil a été décrit par certains comme une expérience qui évolue selon des étapes bien définies. C'est toutefois une notion trop étroite. Un modèle plus englobant comporterait les réactions auxquelles se rapporterait la gamme des émotions.

Le deuil est un processus dont le déroulement dans le temps est habituellement beaucoup plus long que l'on se l'imagine. Il semble qu'au moins une année doive s'écouler pour que s'estompe le chagrin infligé par une mort ou une perte significative. Le passage de la première année fera revivre à la personne privée de l'être cher toutes les dates anniversaires et mémorables, et chacun de ces événements ranimera vivement le chagrin. Un grand nombre de personnes endeuillées ont tendance à considérer Noël comme la date anniversaire qui a le plus de portée.

Les réactions saines au chagrin

Le travail de deuil est un processus qui influe sur tous les aspects de la personnalité, notamment au plan physique, social, spirituel et psychologique (sur des éléments comme la pensée et les émotions). Il est possible de relever différentes réactions dans chacune de ces catégories. 

Les réactions physiques : parmi celles-ci, on retrouve l'état de choc ou de torpeur, les périodes d'angoisse intense (pouvant mener à des épisodes d'hyperventilation ou à des accès d'anxiété), des tremblements, parfois accusés. D'autres réactions physiques se manifestent par une sensation d'étouffement, un état d'abattement profond ou de fatigue persistante, ou de l'insomnie. Certaines personnes connaissent un excès de sommeil, une perte ou une augmentation de l'appétit (comme si elles cherchaient à combler un vide). Des douleurs localisées peuvent également apparaître sous la forme d'une raideur du cou, de maux de dos, d'une sensation de gêne abdominale ou d'une sensibilité dans la zone d'une ancienne incision chirurgicale. Ces réactions physiques ont tendance à se produire au commencement du travail de deuil puis à disparaître graduellement.

Les réactions au plan social : dans ce contexte, le mot-clé est solitude. Au début du processus de deuil, un grand nombre de proches entoure la personne endeuillée qui sous l'effet du choc et de la torpeur subséquente se sent détachée du groupe. Un peu plus tard, les vieux amis délaisseront peut-être la personne qui porte le deuil, et cet abandon causera une nouvelle douleur. Cette situation se produit généralement quand les amis ou les membres de la famille évitent de rester en contact avec la personne endeuillée parce qu'ils ne savent pas au juste quoi dire ni quoi faire. Il arrive souvent que les veuves et les parents en deuil d'un enfant se plaignent de délaissement.

Les réactions au plan spirituel : la confusion peut se substituer à ce qui semblait être une croyance en Dieu solide et stable. C'est ce qui arrive souvent quand la personne décédée est jeune et que sa perte semble totalement absurde. Certains croyants ressentent de la colère envers Dieu et renoncent à leur foi. Par ailleurs, des personnes qui n'étaient pas croyantes le deviennent.

Les réactions au plan psychologique (agissant sur la pensée) : la perte d'un être aimé engendre initialement un état de choc qui influe sur les processus mentaux de la personne endeuillée qui peut avoir l'impression de vivre un événement irréel. Sa mémoire est perturbée, de même que son pouvoir de concentration. Ces réactions sont particulièrement pénibles pour les personnes qui aiment garder le contrôle de leur vie la plus grande partie du temps. Il n'est pas rare qu'elles éprouvent de la confusion et que des idées irrationnelles leur traversent l'esprit pendant un certain temps. Elles pourraient également sombrer dans l'apathie ou opter pour l'hyperactivité.

Les réactions au plan psychologique (agissant sur les émotions) : la perte par décès d'un être cher est fréquemment suivie d'une brève période durant laquelle la personne endeuillée dénuée d'émotions n'éprouve qu'une sensation de torpeur ou d'angoisse. Mais à cet abattement succèdent bientôt de fortes éruptions d'émotions. Parmi les plus classiques siègent la tristesse, la nostalgie ou l'impérieux besoin de la présence de la personne disparue, la colère et la culpabilité. Il est cependant également possible de ressentir d'autres émotions, car elles ont toutes leur place. Un grand nombre de personnes endeuillées s'accordent pour dire qu'un tour de montagnes russes (dans l'obscurité) est la comparaison qui illustre le mieux leur situation émotionnelle. Celle-ci varie au gré des hauts et des bas soudainement déclenchés par des facteurs qu'elles ne savent pas toujours prévoir.

Les sentiments générés par un deuil sont chaotiques et puissants, particulièrement dans les tout premiers mois qui suivent la perte de l'être cher. Quand les personnes endeuillées comprennent que ce qu'elles ressentent est normal, et qu'elles se donnent le droit de faire ce « tour de montagnes russes », elles ne craignent plus de faire l'expérience du travail de deuil.

Sur le chemin du rétablissement

L'atteinte du rétablissement implique la communication des réactions suscitées par le chagrin à d'autres personnes qui se doivent d'écouter et d'offrir leur soutien sans donner de conseils. Le travail de deuil est une expérience constante qui doit être partagée de façon répétée au fil du temps. Les personnes endeuillées pourraient trouver très utile de consigner par écrit ce qui se passe. C. S. Lewis a écrit un livre intitulé A Grief Observed [Apprendre la mort] après le décès de sa femme et il y offre un témoignage de première main sur le parcours du chagrin.

 
Denis Boyd, MA, 
en collaboration avec l'équipe clinique de MediResource
[traduction]

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Un bon travail de deuil

Par quel moyen pouvez-vous effectuer un bon travail de deuil? Un grand nombre de personnes ont tiré parti des suggestions ci-après, et elles seront utiles à toute personne qui a subi une perte majeure. Bien que le chagrin soit accablant, il n'est pas nécessaire que vous laissiez une souffrance impuissante vous paralyser : 

  • acceptez le bouleversement. Un travail de deuil normal et sain est chaotique et compliqué. Vous êtes sous l'emprise d'un tourbillon d'émotions, et c'est parfois angoissant. Si vous savez déjà qu'il va vous emporter à toute vitesse dans une suite de montées et de descentes pendant un certain temps, vous pouvez vous détendre un peu et ne pas chercher à lui résister. Il ne s'agit pas d'aimer ce bouleversement, mais de vous rendre compte qu'il est utile de vous donner la permission d'en faire l'expérience;
     
  • prenez votre temps. Une tendance populaire pousse à croire que le travail de deuil doit s'effectuer très vite. C'est particulièrement le cas pour les personnes qui maîtrisent habituellement leurs émotions et détestent un grand désordre. Les amis d'une personne endeuillée souhaitent de façon peu réaliste qu'elle se remette rapidement de la perte de l'être cher. Ils ont ces attentes parce qu'ils désirent éviter la gêne des accès de chagrin et qu'ils ne connaissent pas bien la suite de réactions engendrées par le chagrin. Il faut compter au moins un an pour que la personne endeuillée puisse réintégrer la normalité de nouveau, car il lui faudra confronter le passage des saisons et des anniversaires pour la première fois sans la présence de la personne aimée;
     
  • consignez vos expériences par écrit. Prenez le temps, particulièrement vers la fin de la journée, de faire un compte rendu de votre chagrin. Tenez ce journal de bord pendant quelque temps puis relisez-le. C'est une bonne façon de vous rendre à l'évidence qu'au fil du temps le processus de guérison s'est lentement, mais effectivement amorcé. Certaines personnes aiment vraiment cette stratégie parce que l'écriture est une expérience personnelle et que personne d'autre ne verra ce qui a été exprimé;
     
  • songez à écrire une lettre ou deux. À un moment donné du processus de guérison, vous pourriez trouver utile d'écrire à la personne qui a disparu ou qui est morte. C'est une occasion de dire ce qui n'a pas été dit. À titre d'exemple, une personne a écrit à sa mère qui s'était donné la mort pour lui communiquer sa colère, sa tristesse et son amour. Une telle lettre peut être lue sur la tombe puis brûlée éventuellement, ou traitée de toute autre façon qui aurait un sens pour vous;
     
  • signalez à vos proches ce qui vous aiderait. Nous vivons dans une culture qui persiste à nier ou à ignorer la mort. Par conséquent, de nombreuses personnes ne savent pas comment se comporter avec un membre de la famille ou un ami en deuil d'un être cher. Ces personnes sont susceptibles de vous éviter ou de vous faire des remarques malséantes, simplement parce leur attitude est souvent dictée par l'ignorance. Il peut s'avérer utile de prendre quelques-unes de ces personnes à part pour leur donner une idée de vos besoins : « Je veux vous parler de temps en temps, et tout ce que j'attends de vous, c'est de m'écouter sans faire de commentaires ni me donner votre avis. Accordez-moi simplement la possibilité de rouspéter un peu »;
     
  • parlez ouvertement et fréquemment avec d'autres personnes. L'acheminement vers l'apaisement de votre douleur serait peut-être facilité si vous en communiquiez les étapes à quelques amis. Les sentiments nuisibles remonteront à la surface, et en leur donnant libre cours vous leur permettrez de s'estomper finalement. Si vous ne voulez pas épuiser les personnes qui vous écoutent, prenez l'habitude d'écrire. Ce n'est pas le récit de la perte que vous avez subie qui vous bouleverse puisque la douleur siège déjà dans vos entrailles, et ne fait surface qu'au moyen de la conversation;
     
  • faites de longues promenades. Le Dr Hans Selye, célèbre pionnier dans le domaine du stress, a publié des recherches sur la tension neuromusculaire susceptible d'être créée dans le corps par le stress. La marche est un exercice simple et efficace qui permet au corps d'évacuer cette tension. De telles sorties sont aussi bonnes pour l'esprit, car elles peuvent vous donner l'occasion de réfléchir ou de simplement décrocher et de profiter du panorama ou même de discuter avec un ami;
     
  • saisissez régulièrement les occasions de vous distraire. Tout type d'activité vous sera bénéfique, que ce soit votre travail, la lecture, un passe-temps, la musique ou les sports. Vous n'accélèrerez pas le processus de guérison en laissant l'évocation de la perte de l'être cher envahir votre mode de vie quotidien. En fait, le chagrin peut devenir accablant si vous ne faites pas l'effort de vous en dissocier de temps à autre. Les pensées et les sentiments inspirés par l'être aimé peuvent s'infiltrer dans tous les aspects de votre vie quotidienne. Par conséquent, il est bon d'axer votre attention sur quelque chose de totalement différent et de réserver une tranche de temps à cet effet chaque jour. La reprise du travail pourrait s'avérer difficile au début, mais elle occasionnera un changement de cadre bénéfique. Vous devrez toutefois veiller à ne pas trop vous distraire pour dissimuler le chagrin;
     
  • allez là où vous craignez vous rendre. Nombre d'endroits vous rappelleront l'être cher, ce pourrait être un parc, son restaurant préféré ou un endroit où vous pratiquiez fréquemment une activité ensemble. La seule pensée des instants partagés dans ces endroits vous causera de la peine, et vous aurez naturellement tendance à les éviter. Si vous succombiez à cette tentation, vous ne feriez que prolonger la douleur que suscitent ces endroits. Un premier retour au parc, par exemple, pourrait se solder par une douleur cuisante qui s'émousserait à chaque nouvelle visite;
     
  • préparez-vous au « bouleversement anniversaire ». Le jour marquant l'anniversaire de la mort de l'être cher provoquera le retour du bouleversement. En outre, Noël est souvent la période de l'année la plus difficile pour une personne en deuil parce que c'est une fête de famille qui s'accompagne de nombreux souvenirs pittoresques. Les anniversaires de naissance et de mariage, ainsi que d'autres jours mémorables ranimeront votre chagrin et vous feront croire que vous progressez à reculons. Cependant, la réaction dont vous faites l'expérience est normale dans le contexte de la perte d'un être cher;
     
  • dorlotez-vous. Les femmes sont naturellement inclinées à se dévouer aux personnes qu'elles aiment et elles oublient parfois de prendre soin d'elles-mêmes. Quand vous êtes en deuil d'un être cher qui vous manque terriblement, il importe que vous pensiez un peu à vous, et que vous vous traitiez avec tendresse de temps en temps. Les prévenances dont vous vous entourerez pourraient consister de gâteries ou d'activités que vous affectionnez particulièrement. Vous pourriez aussi prendre le temps d'écouter de la musique qui a un sens spécial pour vous ou faire des promenades extra longues.
 
Denis Boyd, MA, 
en collaboration avec l'équipe clinique de MediResource
[traduction]

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Les symptômes d'un travail de deuil néfaste

Le chagrin qui accompagne un deuil tient du paradoxe. Autrement dit, lorsque vous avez l'impression que votre comportement est le plus anormal, vous êtes probablement dans la bonne voie. Si toutefois vous avez l'impression que tout va bien la plus grande partie du temps, c'est peut-être parce que vous refoulez votre chagrin. Et cela signifie qu'il resurgira plus tard sous une forme altérée. Un processus de deuil qui devient néfaste peut avoir des conséquences angoissantes, et même influer sur votre santé physique ou psychologique.

L'absence de chagrin
Vous ne ressentez vraiment pas grand chose de différent que lorsque l'être cher était encore en vie. Bien sûr, il y a des moments où vous êtes au seuil de la détresse, mais vous vous ressaisissez avant qu'elle ne vous envahisse. Vous évitez la tristesse, même dans les moments de solitude. Vous semblez bien fonctionner, cependant vous avez surtout réussi à ensevelir les réactions au chagrin. Cette façon de réagir aura éventuellement un effet sur votre santé parce qu'avec le temps le stress s'accumule considérablement.

Ce qu'il faut faire : adoptez un comportement plus ouvert, confiez-vous au besoin a une personne de votre entourage. Ne craignez pas de vous laisser aller à la douleur. Elle perdra de son intensité à mesure que vous l'extérioriserez en la relatant ou en la notant par écrit. L'activité sous forme de grandes promenades pourrait également vous apporter du soulagement.

Le chagrin différé
Au moment de la perte de l'être cher, vous aviez un emploi du temps très chargé et le rythme de votre vie ne s'est pas ralenti pour autant. À certains moments vous ne pouvez pas faire autrement que de vous effondrer et sombrer dans de longues périodes de sommeil avant de vous relever et repartir non-stop de nouveau. Vous avez peut-être connu quelques instants de tristesse et vous en avez déduit que vous aviez réalisé la clôture du deuil. Puis, sans crier gare une puissante « vague de chagrin » déferle sur vous et vous ressentez une intense tristesse, une violente colère ou d'autres émotions aussi pénibles. L'amplitude de votre bouleversement a peut-être été d'autant plus surprenante que vous aviez l'impression de très bien vous sortir de votre travail de deuil.

Ce qu'il faut faire : ralentissez l'allure et donnez-vous de temps en temps la permission de ressentir les émotions pénibles suscitées par la perte de l'être cher. Une occupation vous serait peut-être bénéfique, mais l'activité est aussi un moyen d'éviter la souffrance qui accompagne une perte. Réfléchissez à la façon dont vos parents faisaient face au chagrin. Étaient-ils ouverts et se soutenaient-ils?

Le chagrin prolongé
Plus d'une année s'est écoulée depuis la perte de l'être cher, mais un grand trouble vous bouleverse trop souvent encore. Parfois il vous semble que votre chagrin empire, et cette perspective vous inquiète. Il est fort probable que vous ne parvenez pas à vous dégager de la personne défunte ou disparue, et qu'il y a des choses dont vous auriez aimé lui faire part.

Ce qu'il faut faire : écrivez une lettre à la personne disparue pour lui dire toutes les choses que vous n'avez pas eu l'occasion de lui confier lorsqu'elle était présente. Donnez également libre cours à vos sentiments. Essayez de lui pardonner le mal qu'elle vous a fait, puis projetez d'accomplir quelque chose de symbolique pour la laisser partir, comme lire votre lettre sur sa tombe et la brûler ensuite.

Le chagrin excessif (« bloqué »)
Le chagrin d'une personne endeuillée suit un parcours qui ressemble à une excursion sur une longue chaîne de montagnes russes. Si vous ne traversez pas de tels épisodes d'émotions diverses, votre chagrin est peut-être « bloqué ». Autrement dit, il s'agit souvent d'une émotion altérée que vous vous surprenez à ressentir fréquemment sous forme de colère ou de dépression. Ceci arrive peut-être parce que vous n'avez jamais pris l'habitude de partager vos sentiments ouvertement, et vous avez tout simplement besoin d'apprendre à le faire. Des affaires non réglées comme celles liées à un chagrin prolongé présentent une autre possibilité.

Ce qu'il faut faire : autorisez-vous à vous ouvrir davantage de manière à pouvoir éprouver des émotions plus variées. Songez aux affaires non réglées avec la personne disparue et envisagez la possibilité de lui écrire une lettre.

Denis Boyd, MA, 
en collaboration avec l'équipe clinique de MediResource
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