Où commence la dépendance?

Nous sommes nombreux à prendre part à des activités que l'on associe souvent à des comportements de dépendance ou des comportements compulsifs, des activités telles que boire ou jouer. Mais nous n'en sommes pas tous dépendants. Qu'est-ce qui caractérise un comportement de dépendance? Où commence-t-il?

Les formes de dépendance sont nombreuses. Drogues illicites, médicaments délivrés sur ordonnance, alcool et inhalants sont tous des substances dont des personnes abusent couramment. Le jeu, les relations sexuelles et le magasinage sont souvent associés à des comportements compulsifs ou à problèmes.

On reconnaît un comportement de dépendance au fait qu'il affecte la vie de la personne, à un point tel que toute son énergie et son attention sont consacrées à la poursuite de ce comportement. Cela s'explique par le fait que certaines activités (comme boire ou jouer) stimulent une « voie vers la récompense » dans le cerveau. En conséquence, le cerveau veut poursuivre cette activité, malgré les conséquences négatives auxquelles la personne concernée est confrontée. Le désir de « récompense » devient plus fort que l'incidence négative et c'est ainsi que le comportement se poursuit. Par exemple, une personne dépendante au jeu peut continuer à essayer d'entrer dans un casino après y avoir été interdite d'accès ou encore se faire rembourser son assurance-vie de façon à pouvoir continuer de jouer.

La dépendance peut se décrire comme le fait d'être impliqué de façon continue dans un comportement répété à l'origine d'un certain type de conséquences négatives. Cela s'applique aussi à une personne qui continue à suivre une activité malgré ses effets nuisibles; par exemple, une personne qui n'arrête pas de fumer même si elle connaît les risques pour sa santé auxquels elle s'expose.

Les principales caractéristiques de la dépendance sont doubles : une perte de contrôle (le comportement de la personne devient imprévisible, comme dans le cas où la personne continue à boire malgré le fait qu'elle ait juré d'arrêter) et un fort sentiment de déni. Nier sa dépendance est un facteur puissant qui pousse la personne à ne rien changer à ses habitudes, du fait qu'elle croit dur comme fer qu'il n'y a pas de réel problème et que la prochaine fois, le même comportement produira des résultats différents.

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Disponibilité et dépendance

Qu'est-ce qui pousse une personne à être dépendante de l'alcool et une autre à magasiner de façon compulsive?

Des facteurs tels que l'environnement de la personne et ses dispositions génétiques peuvent jouer un rôle. Par exemple, si les parents de la personne fument, alors le fait d'être exposé à des modèles de rôles qui fument peut jouer un rôle en rendant ce comportement acceptable, ce qui prépare le terrain au moment de fumer la première cigarette. Tous les fumeurs ne deviennent pas dépendants, et il y a certaines dispositions génétiques quant à la quantité de « récompense » fournie par le cerveau, mais sans cette première exposition à la substance, on ne peut établir la voie de la récompense et la dépendance ne survient pas. Évidemment, tous les enfants de fumeurs ne deviennent pas eux-mêmes fumeurs; certains d'entre eux peuvent, en réaction à une influence de leur environnement, décider de ne jamais fumer.

La disponibilité de la substance dont la personne abuse est primordiale. Même s’il n'y a pas de preuves concluantes qui soutiennent la théorie de la voie de la récompense pour l'abus de drogue (l'usage de certaines drogues illicites comme la marijuana ou l'ecstasie est une « voie » vers l'usage de drogues plus fortes telles que la cocaïne ou la méthamphétamine), certaines drogues illicites peuvent être plus facilement accessibles que d'autres et sont donc souvent la première drogue que la personne risque d'essayer. Et, avec le temps, au fur et à mesure que l'accoutumance à la drogue s'installe, la personne risque alors de rechercher d'autres types de drogues.

La disponibilité joue un rôle dans le développement d'un comportement compulsif ou dans l'abus d'une substance. L'implication d'un pair entre également en jeu. Ce que différentes formes de dépendance ont en commun c'est le même problème sous-jacent : un trouble de dépendance. Ainsi, bien qu'une personne puisse avoir une propension naturelle à un certain comportement (p. ex. : jouer) et commencer par manifester une dépendance dans ce domaine, le trouble a tendance à finir par se propager à d'autres activités. Autrement dit, une personne avec une dépendance au jeu peut finir par se mettre à abuser de médicaments délivrés sur ordonnance ou d'alcool.

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Lorsque la dépendance fait toucher le fond

L'expression « toucher le fond » est souvent utilisée pour décrire le moment où une personne dépendante est contrainte de reconnaître qu'elle a un problème, ce qui peut la pousser à chercher de l'aide. Mais à quel moment touche-t-on le fond? Et comment les personnes en arrivent-elles là?

Il est important de comprendre que « toucher le fond » est une expression subjective. Pour une personne, tout perdre peut signifier perdre son conjoint ou sa maison, tandis que pour une autre personne, ne plus avoir de toit ne signifie pas encore qu'elle a touché le fond. Et ce à quoi « toucher le fond » ressemble dépendra naturellement de ce que la personne avait au départ. C'est une idée fausse de croire que l'on a besoin de toucher le fond avant de chercher de l'aide; souvent, diverses opportunités dans lesquelles la personne est disposée à recevoir ou à demander de l'aide se présentent à un moment donné.

Souvent, la personne dépendante a besoin de commencer à ressentir la douleur qui résulte de ses actions avant de pouvoir commencer à changer quelque chose. Le processus pour ressentir cette douleur est très long, car la douleur sert souvent de stimulus au démarrage de mécanismes d'autodéfense. Ces derniers protègent et entretiennent l'amour propre (en niant que l'on est dépendant), en permettant à la personne de rationaliser et de poursuivre son comportement. Dans de nombreux cas, la perte ou la perspective de perdre une relation ou quelque chose de valeur similaire peut souvent aider la personne à reconnaître qu'il y a un problème. Des charges retenues contre la personne ou son arrestation (par ex. pour possession de drogues illicites ou pour conduite sous l'emprise de drogue) peuvent également contribuer à cette prise de conscience.

En outre, la personne a généralement besoin d'entendre le même message plusieurs fois (accompagné d'observations spécifiques) de la part de sa famille et de ses amis qui lui disent qu'ils voient un problème. Même s'il y a de fortes chances pour que cette information ne serve pas de stimulus immédiat pour chercher de l'aide, le fait de répéter le message global peut contribuer à contrecarrer la « puissante » composante du déni « bien ancré ».

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Surmonter sa dépendance

Surmonter sa dépendance n'est pas facile mais reste néanmoins possible. Le traitement sera composé de différents remèdes spécifiques en fonction de la nature de la dépendance ou de la substance utilisée. Certains traitements sont de courte durée, d'autres peuvent prendre plus de temps.

Il faut distinguer la « désintoxication du traitement ». La désintoxication permet d'éliminer la substance consommée de l'organisme, mais un traitement continu est nécessaire, notamment la recherche d'un soutien psychologique individuel ou de groupe, l'apprentissage de nouvelles techniques d'adaptation et, si possible, la modification de l'environnement social (par exemple, changement d'amis ou déménagement).

La thérapie et le conseil en matière de dépendance constituent la forme la plus courante de traitement des problèmes de consommation d'alcool et d'autres drogues. Ils peuvent être dispensés en tête-à-tête avec un thérapeute ou un conseiller, ou sous forme de thérapie de groupe.

Le traitement d'entretien par agonistes opioïdes, également connu sous le nom de traitement assisté par médicaments, s'est avéré plus efficace que la désintoxication pour prévenir les rechutes de dépendance et les overdoses.

Le traitement d'entretien aux opiacés comprend l'usage de méthadone (Methadose®) ou buprenorphine/naloxone (Suboxone®), et peut être associé à une thérapie, à des services de conseil et à un soutien par les pairs. Néanmoins, le traitement par méthadone ne guérit pas et, comme tous les traitements de la dépendance, il exige que la personne concernée prenne ses responsabilités et s'implique dans le traitement.

Une overdose peut survenir chez toute personne qui prend des opioïdes, qu'elle en soit dépendante ou non. Les principaux indicateurs d'une overdose d'opioïdes sont une respiration lente et superficielle, une contraction des pupilles, une peau pâle ou froide, des ongles bleus et l'absence de réaction. La naloxone, un médicament disponible dans les milieux communautaires et utilisé pour inverser temporairement les effets des overdoses d'opioïdes, peut être administrée en vaporisateur nasal ou en injection pour sauver la vie d'une personne en attendant l'arrivée des services d'urgence.

Même si les dépendances sont chroniques par nature, il est tout à fait possible de les traiter. Tandis que le comportement à problème peut cesser avec le traitement, le trouble à l'origine de la dépendance restera, de même que sa composante interne qui consiste à nier être atteint de ce trouble. Ainsi, il est important que les personnes confrontées à des dépendances travaillent avec leur prestataire de soins de santé pour élaborer un plan de soins continus. La situation peut être comparée à celle d'une personne diabétique : même s'il est possible de parvenir à un certain contrôle de la maladie grâce à un traitement en continu, celle-ci ne disparaît pas et la personne doit entretenir activement sa « guérison ».

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Où trouver de l'aide en surmontant une dépendance

L'aide est là, elle existe. Savoir où la trouver quand vous en avez besoin fera toute la différence.

Voici un petit échantillon des services qui existent. Pour de plus amples renseignements, reportez-vous à la section Soutien communautaire et groupes de soutien de ce site. Ou cherchez en ligne les services qui existent dans votre région, ou encore consultez votre médecin, votre pharmacien, votre professeur ou votre conseiller d'orientation.

  • Fondation manitobaine de lutte contre les dépendances : afm.mb.ca
  • Alcooliques anonymes : aa.org
  • Centre canadien de lutte contre l'alcoolisme et les toxicomanies : ccsa.ca
  • Centre de toxicomanie et de santé mentale : camh.ca
  • ConnexOntario: connexontario.caJeunesse, J'écoute : 1-800-668-6868, jeunessejecoute.ca
  • Klinic Community Health Centre (en anglais seulement) : klinic.mb.ca

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