Description

Le paludisme est une infection parasitaire transmise par les moustiques du genre Anophèle. Le paludisme à Plasmodium n'a pour origine ni un virus ni une bactérie, mais un parasite formé d'une cellule unique qui se multiplie dans les globules rouges des êtres humains ainsi que dans l'intestin des moustiques.

Lorsqu'un moustique femelle pique une personne infectée, des formes mâles et femelles du parasite sont ingérées avec le sang humain. Ces formes mâles et femelles du parasite s'accouplent dans l'intestin du moustique et les formes infectieuses sont transmises à un autre humain lorsque le moustique se nourrit à nouveau.

Le paludisme est un problème global important. En 2022, on en comptait 249 millions de cas de la maladie dans le monde entier et 600 000 personnes en sont mortes. Depuis l'an 2000, le nombre des décès causés par le paludisme a été réduit de 60 %.  Le paludisme est prévalent en Afrique, en Asie, au Moyen-Orient, en Amérique Centrale et en Amérique du Sud, en Hispaniola (l'île d'Haïti) et en Océanie (Papouasie-Nouvelle-Guinée, Irian Jaya et les Iles Salomon). Les Canadiens qui contractent le paludisme le font le plus souvent lors d'un voyage dans une région où cette maladie est endémique. Un très petit nombre de cas est le résultat de transfusions sanguines ou de la transmission de la maladie contractée par des voyageurs par l'intermédiaire de moustiques originaires d'Amérique du Nord.

Chaque année, jusqu'à 1 million de Canadiens se rendent dans des régions où le paludisme est endémique. Cela se traduit par 400 à 500 cas de malaria annuellement au Canada et par 1 ou 2 décès par année.

Le parasite a progressivement développé une résistance à plusieurs antipaludéens et dans plusieurs régions du monde, en particulier dans l'Asie du Sud-Est, on a rapporté de la résistance à l'ensemble des médicaments antipaludéens.

Le paludisme peut être transmis à des êtres humains par 4 espèces du parasite Plasmodium, à savoir P. falciparum, P. vivax, P. ovale et P. malariae. P. vivax est le plus répandu et le plasmodium falciparum est le plus dangereux de ces parasites; l'infection qu'il provoque peut tuer rapidement (en quelques jours), tandis que les autres espèces causent la maladie, mais ne tuent habituellement pas la personne infectée. Falciparum malariae se rencontre surtout en Afrique subsaharienne et en Océanie.

Causes

Vous ne pouvez contracter le paludisme que par une piqûre de moustique infecté ou par une transfusion sanguine d'une personne infectée. Le paludisme peut aussi être transmis du parent au fœtus pendant la grossesse.

Les moustiques qui transmettent le parasite Plasmodium l'obtiennent en piquant une personne ou un animal infecté. Le parasite subit ensuite diverses transformations qui lui permettent d'infecter la prochaine créature piquée par le moustique. Lorsqu'il a été introduit dans votre organisme, il se multiplie dans le foie et se transforme de nouveau, prêt à infecter le prochain moustique qui vous piquera. Il pénètre ensuite dans la circulation sanguine et envahit les globules rouges. Les globules rouges infectés finissent par éclater, ce qui a pour effet d'envoyer les parasites partout dans l'organisme et de déclencher les symptômes du paludisme.

Nos gènes ont été exposés au paludisme depuis suffisamment longtemps pour en subir l'influence. De nombreuses personnes d'origine africaine souffrent de drépanocytose, parce que le gène qui la provoque offre  également une certaine immunité à la malaria. En Afrique, les personnes dotées d'un gène de l'anémie falciforme ont une meilleure chance de survivre et d'avoir des enfants. Il en va de même pour la thalassémie, maladie héréditaire qui touche les personnes d'origine méditerranéenne, asiatique ou afro-américaine. (Consultez l'article sur l'anémie pour plus de renseignements.)

Symptômes et Complications

Les symptômes apparaissent généralement 1 à 3 semaines après l'infection. Les personnes atteintes de paludisme présenteront plusieurs des symptômes suivants mais habituellement pas tous :

  • un appétit médiocre;
  • une diarrhée, des nausées et des vomissements (qu'occasionnellement);
  • une douleur abdominale;
  • un endolorissement musculaire;
  • des frissons et des sueurs;
  • des maux de tête;
  • des poussées de forte fièvre;
  • une pression artérielle basse causant des étourdissements lors du passage à la position couchée ou assise à la position debout (une hypotension orthostatique).
  • un jaunissement de la peau ou des conjonctives (blanc des yeux) (aussi appelé jaunisse);

Les personnes infectées par Plasmodium falciparum sont susceptibles de présenter les symptômes ci-après :

  • une anémie causée par la destruction des globules rouges infectés;
  • une extrême fatigue, du délire, une perte de connaissance, des convulsions et un coma;
  • une insuffisance rénale;
  • un œdème pulmonaire (une accumulation de liquide dans les poumons pouvant entraîner de graves problèmes respiratoires).

P. vivax et P. ovale peuvent rester dormants dans le foie jusqu'à un an avant de provoquer des symptômes. Les parasites peuvent ensuite rester à l'état latent dans le foie et provoquer des récidives ultérieures. Plasmodium vivax est le type le plus répandu en Amérique du Nord.

Diagnostic

Vous pourriez avoir le paludisme si vous avez une fièvre durant ou après un voyage dans les régions paludéennes. Consultez un médecin rapidement et demandez une analyse de sang qui mettra en évidence la présence du parasite. Le médecin vérifiera également votre rate, car une augmentation du volume de cet organe accompagne souvent la fièvre paludéenne. N'attendez pas de rentrer chez vous pour vous faire soigner si vous contractez le paludisme à l'étranger.

Plasmodium dans le sang sont généralement visibles au microscope. De simples tests pratiqués à l'aide de bandelettes réactives (une languette de papier imprégnée de produits chimiques est trempée dans le sang) peuvent également identifier P. falciparum. Des examens sanguins ainsi que des tests des fonctions rénale et hépatique seront pratiqués afin de vérifier les effets de ce parasite sur votre organisme.

Traitement et Prévention

Si elle est diagnostiquée suffisamment tôt, le paludisme se guérit tout à fait. Selon la gravité de vos symptômes, vous pourriez être traité sur une base externe. Le médecin détermine le traitement médicamenteux en se basant sur :

  • le type de malaria;
  • la région où vous étiez lorsque vous avez contracté la malaria (le médecin doit le savoir, car dans quelques régions la malaria est résistante à certains médicaments);
  • la gravité de l'affection;
  • les antécédents médicaux;
  • le déroulement de la grossesse en cours.

Le traitement dure généralement 3 à 7 jours, selon le type de médicaments. Pour vous débarrasser du parasite, il est important de prendre les médicaments pendant toute la durée prévue du traitement – ne cessez pas de prendre le médicament même si vous vous sentez mieux. Si vous ressentez un effet secondaire, votre médecin peut recommander des façons de le prendre en charge ou vous prescrire un médicament différent.

Pour les cas graves de paludisme causé par P. falciparum, le traitement peut nécessiter des injections intraveineuses. Ceux-ci ne sont disponibles que dans les centres médicaux désignés et les pharmacies exploitées par le Réseau canadien contre le paludisme.

Si vous vous rendez dans une région paludéenne, il est fortement conseillé de suivre un traitement préventif. Des médicaments semblables à ceux qui sont employés pour guérir la malaria peuvent la prévenir s'ils sont pris avant, durant et après votre voyage. Il est vital de prendre vos médicaments tels qu'ils vous ont été prescrits, même après votre retour chez vous.

Avant de partir en voyage, vérifiez auprès de votre médecin ou d'une clinique pour voyageurs la situation du paludisme dans votre lieu de destination. Les risques d'infections dépendent également des éléments ci-après :

  • l'altitude (les plus basses altitudes présentent de plus grands risques);
  • le camping contrairement au séjour à l'hôtel;
  • la durée de votre séjour;
  • la région où vous séjournez : les zones rurales présentent un plus grand risque que les zones urbaines;
  • la saison (l'infection est plus répandue durant la saison des pluies);
  • le moment de la journée (la nuit est pire que le jour).

Étant donné que les moustiques se nourrissent pendant la nuit, tenez-vous à l'écart des zones de danger (en particulier des champs, des forêts et des marécages) – depuis le crépuscule, jusqu'à l'aube pour éviter les piqûres. Utilisez une moustiquaire traitée à la perméthrine lorsque vous dormez et posez des moustiquaires sur les portes et les fenêtres.  En outre, l'emploi de spirales antimoustiques et d'insecticides en aérosol qui contiennent des pyréthroïdes peut contribuer à une meilleure protection durant ces périodes.

Portez des vêtements à manches longues et des pantalons de couleur claire. Enduisez les zones de peau exposées d'un produit contre les moustiques contenant du DEET. Utilisez des produits contenant jusqu'à 30 % de DEET pour les adultes et les enfants de plus de 12 ans – des concentrations plus élevées peuvent entraîner de graves effets secondaires, surtout pour les enfants. Les enfants âgés de 12 ans et moins doivent utiliser des produits ne contenant pas plus de 10 % de DEET. N'appliquez pas le produit plus de 3 fois par jour sur la peau des enfants de 2 ans à 12 ans. Pour les enfants âgés de 6 mois à 24 mois, n'appliquez pas plus de 1 fois par jour un produit contenant jusqu'à 10 % de DEET.  Le DEET et les écrans solaires peuvent être utilisés en même temps sans danger. Appliquez d'abord l'écran solaire, attendez 20 minutes puis effectuez une application de DEET.

Il existe plusieurs vaccins utilisés pour prévenir le paludisme (RTS, S et R21), et l'Organisation mondiale de la santé recommande l'utilisation à grande échelle de ces vaccins pour les enfants vivant dans des zones de transmission modérée à élevée du paludisme. Ces vaccins ne sont pas approuvés au Canada mais peuvent être disponibles dans les pays endémiques.

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