Description

La spirométrie, également appelée exploration fonctionnelle respiratoire ou examen de la fonction respiratoire, est une épreuve diagnostique rapide et indolore qui sert à évaluer le fonctionnement des poumons. En règle générale, votre médecin a recours à la spirométrie quand il soupçonne la présence d'une maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) ou d'asthme, ou encore si vous avez des symptômes respiratoires – comme une respiration sifflante, une toux ou un essoufflement – pour lesquels un diagnostic n'a pas encore été établi.

Cet examen simple peut être fait au cabinet de votre médecin ou par un spécialiste du domaine dans un laboratoire d'exploration fonctionnelle respiratoire situé localement. Le professionnel de la santé vous demandera de respirer lentement, normalement ou avec force dans un dispositif appelé spiromètre, ce qui lui permettra de prendre plusieurs mesures différentes pour évaluer votre fonction respiratoire.

Une fois l'examen terminé, le professionnel de la santé interprétera vos résultats de spirométrie en les comparant à des valeurs normales provenant de personnes en bonne santé respiratoire, tout en tenant compte de variables qui peuvent influer sur les résultats, par exemple l'âge, la taille, le sexe et l'origine ethnique.

Si vos résultats se situent sous la limite inférieure de la normale, soit plus bas que les valeurs prédites, vous avez peut-être une forme ou une autre d'affection thoracique ou pulmonaire.

Quand l'examen sera-t-il entrepris ?

Votre médecin recommandera à quel moment et quelle fréquence ce test est nécessaire.

Objectifs ?

La spirométrie aide à confirmer si une personne a une affection pulmonaire ou non. Cet examen est particulièrement utile pour poser un diagnostic de maladie pulmonaire obstructive chronique ou d'asthme. La MPOC et l'asthme sont qualifiés de maladies pulmonaires obstructives parce que certains phénomènes – comme l'inflammation dans les poumons ou les conduits menant aux poumons – nuisent au libre passage de l'air dans une direction comme dans l'autre.

La spirométrie sert également à vérifier si l'affection pulmonaire évolue ou si le traitement médical contribue à soulager les symptômes.

Risques et mesures de précaution

La spirométrie est sans danger mais, dans certaines situations, il est recommandé de retarder le test ou de demander les conseils d'un spécialiste. Voici des exemples de telles situations :

  • une infection respiratoire en cours, confirmée ou soupçonnée;
  • une hémoptysie (crachement de sang) d'origine inconnue;
  • un pneumothorax (affaissement du poumon);
  • un état cardiovasculaire instable, entre autres à cause d'une crise cardiaque récente, d'une hypertension artérielle non maîtrisée ou d'une embolie pulmonaire (caillot de sang dans le poumon);
  • des antécédents d'événement vasculaire cérébral hémorragique (par ex. un accident vasculaire cérébral);
  • une intervention chirurgicale récente à la poitrine, à l'abdomen ou aux yeux;
  • des nausées, des vomissements ou de la douleur;
  • une confusion ou une démence;
  • un enfant de moins de 5 ans.

Si n'importe laquelle de ces situations s'applique à vous, informez-en votre médecin. Si vous avez des symptômes qui vous inquiètent après avoir eu cet examen, parlez-en à votre médecin.

Prenez le temps de vous assurer que vous comprenez tous les risques de complications et les effets secondaires liés à l'examen ainsi que toute précaution que vous ou votre médecin pouvez prendre pour les éviter. Assurez-vous que votre médecin comprend toutes vos inquiétudes.

Que va-t-il se passer ?

La spirométrie est un examen rapide et indolore qui est généralement fait dans le cabinet du médecin ou dans un laboratoire spécialisé en exploration fonctionnelle respiratoire. On prendra note de votre taille, de votre poids, de votre âge et de votre sexe, car tous ont un effet sur les résultats de la spirométrie.

Pendant la spirométrie, vous serez assis et vous respirerez dans un embout buccal relié à un spiromètre, tout en vous pinçant le nez de vos doigts ou en portant un pince-nez.

Il existe plusieurs types de spiromètres; ainsi, il se peut que vous utilisiez un petit appareil à main ou un gros appareil de haute technologie. Selon ce qu'il faut mesurer, on vous demandera de respirer lentement, normalement ou avec force. En outre, on vous demandera de refaire chaque exercice respiratoire à plusieurs reprises afin de s'assurer de l'exactitude des résultats.

Voici des mesures que la spirométrie permettra de recueillir :

  • La quantité totale d'air que vous pouvez faire sortir de vos poumons en expirant avec force (appelée capacité vitale forcée) et le temps requis pour accomplir cette tâche (appelé temps expiratoire forcé).
  • La quantité d'air que vous pouvez faire sortir de vos poumons en 1 seconde (appelée volume expiratoire maximal par seconde).
  • La quantité totale d'air que vous pouvez faire sortir de vos poumons en expirant lentement (appelée capacité vitale lente).
  • La quantité totale d'air que vous pouvez faire entrer dans vos poumons (appelée capacité vitale inspiratoire*).
  • La quantité d'air qu'il reste dans vos poumons après une expiration complète (appelée volume résiduel*).

*Examen réalisé dans un laboratoire d'exploration fonctionnelle respiratoire.

Quand votre médecin doit établir si vous avez une maladie pulmonaire obstructive chronique ou si vous faites de l'asthme, il peut demander une spirométrie avant et après l'inhalation d'un bronchodilatateur (un médicament qui aide à dilater les conduits d'air dans les poumons).

L'asthme est une affection obstructive des voies respiratoires réversible parce que l'inhalation d'un médicament bronchodilatateur peut faire disparaître les symptômes. Si la prise d'un médicament contre l'asthme ne permet pas d'obtenir une amélioration importante de vos résultats à la spirométrie, vous avez probablement une affection comme la MPOC; cela signifie que les poumons sont endommagés et ne répondent pas au bronchodilatateur (il s'agit alors d'une affection obstructive irréversible).

Si votre médecin soupçonne que vous faites de l'asthme, mais que vous obtenez des résultats normaux à la spirométrie, il pourrait demander de vous faire respirer dans le spiromètre, à la fois avant et après un test de provocation à la méthacholine. La méthacholine est une substance qui est employée pour déclencher intentionnellement les symptômes de l'asthme. En outre, le test de provocation à la méthacholine aide à préciser la gravité de votre asthme d'après la réponse de vos poumons, mesurée à l'aide de la spirométrie.

Conditions de l'examen

Vous ne devriez pas faire un repas copieux ni absorber des aliments ou des boissons contenant de la caféine avant le test, ne portez pas non plus des vêtements serrés qui gêneraient les mouvements pendant le test.

Les fumeurs devraient s'abstenir de fumer pendant les 4 à 6 heures qui précèdent l'examen.

Avant l'examen, informez le professionnel de la santé de tous les médicaments d'ordonnance, produits en vente libre ou herbes médicinales que vous prenez. De plus, faites-lui part de toutes vos allergies à des médicaments et de tous vos troubles de santé. Demandez à votre médecin ou à votre pharmacien si vous devez interrompre la prise de certains de vos médicaments avant l'examen. Selon la raison pour laquelle vous subissez cet examen, votre médecin pourrait vous demander de ne pas employer 1 ou plusieurs de vos médicaments pris en inhalation durant un certain temps avant l'examen.

Enfin, il est recommandé de vous vider la vessie avant l'examen, car une vessie pleine ou une incontinence d'effort peuvent mener à de moins bons résultats lors de la spirométrie.

Que vais-je ressentir après ?

Après cet examen, il se pourrait que vous ayez quelques étourdissements ou une sensation temporaire de tête légère à cause des respirations forcées dans le spiromètre.

Résultats

Les résultats de votre spirométrie seront comparés à des valeurs de référence qui tiennent compte de l'âge, de la taille, du sexe et de l'origine ethnique. Votre médecin discutera avec vous des résultats obtenus.

Le rapport du volume expiratoire maximal par seconde (VEMS) à la capacité vitale forcée (CVF), soit le rapport VEMS/CVF, sera l'un des principaux éléments d'analyse et de discussion. Dans le cas d'une population adulte normale, ce rapport est généralement supérieur à 0,80 et, dans celui des enfants, il est encore plus élevé. Par ailleurs, un rapport VEMS/CVF inférieur à 0,80 laisse supposer une obstruction au passage de l'air.

Selon les lignes directrices canadiennes sur la maladie pulmonaire obstructive chronique, un rapport VEMS/CVF inférieur à 0,70 après l'administration d'un bronchodilatateur est un signe de MPOC.

Les valeurs du VEMS employées seules servent à définir la gravité de l'obstruction respiratoire dans chaque cas :

  • légère : au moins 80 % de la valeur prédite pour le VEMS;
  • modérée : de 50 % à 80 % de la valeur prédite pour le VEMS;
  • grave : de 30 % à 50 % de la valeur prédite pour le VEMS;
  • très grave : moins de 30 % de la valeur prédite pour le VEMS.

Le VEMS sert également à confirmer la présence d'asthme à partir de l'un des critères suivants :

  • une amélioration du VEMS d’au moins 12 % et 200 mL, après l’administration d’un bronchodilatateur en inhalation ou après une série de traitements de fond contre l’asthme;
  • une réduction du VEMS d’au moins 10 à 15 % après une période d’exercice

Enfin, on peut se servir des autres mesures obtenues au moyen de la spirométrie (par ex. la capacité vitale, le volume résiduel et la capacité pulmonaire totale) pour trouver d'autres raisons expliquant l'atteinte respiratoire; un examen diagnostic plus poussé serait alors probablement nécessaire.

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