Comment ce médicament agit-il ? Quels sont ses effets ?

La naltrexone appartient au groupe de médicaments appelés purs antagonistes des opioïdes. Elle s'utilise pour aider les personnes qui ont été en état de dépendance aux produits addictifs (comme l'alcool, ou des médicaments opiacés comme la méthadone et l'héroïne) à se libérer de leur accoutumance.

Les opiacés (également désignés médicaments opioïdes) et les opiacés qui sont naturellement présents dans le corps influent sur certaines parties du cerveau appelées récepteurs opioïdes. La naltrexone agit en se liant à ces récepteurs des opiacés pour bloquer les effets des médicaments opioïdes et des opiacés du corps. Il y a lieu de penser que cette action aide une personne atteinte de toxicomanie à s'abstenir de l'usage de ces substances.

Ce médicament s'utilise en association avec d'autres formes de traitement comme la psychothérapie et le soutien social.

Il se pourrait que votre médecin ait suggéré ce médicament contre une affection qui ne figure pas dans cet article d'information sur les médicaments. En outre, certaines formes de ce médicament pourraient ne pas être utilisées contre toutes les affections mentionnées dans cet article. Si vous n'en avez pas encore discuté avec votre médecin, ou si vous avez des doutes sur les raisons pour lesquelles vous prenez ce médicament, consultez-le. Ne cessez pas de prendre ce médicament sans avoir consulté votre médecin au préalable.

Ne donnez pas ce médicament à quiconque, même à quelqu'un qui souffre des mêmes symptômes que les vôtres. Ce médicament pourrait nuire aux personnes pour lesquelles il n'a pas été prescrit.

Sous quelles formes ce médicament se présente-t-il ?

Comprimés à 50 mg
Chaque comprimé jaune pâle, pelliculé, en forme de capsule, portant l'inscription « REVIA » gravée sur une face et « 177 » avec une rainure bissectrice sur l'autre, contient 50 mg de chlorhydrate de naltrexone. Ingrédients non médicinaux : dioxyde de silice colloïdale, crospovidone, lactose monohydraté, stéarate de magnésium, cellulose microcristalline, et jaune pâle Opadry YS-1-6378-G.

Comment doit-on employer ce médicament ?

La dose de ce médicament est prescrite en fonction du type d'accoutumance à soigner et du type de supervision effectué durant l'administration du médicament.

Pour soigner l'alcoolisme, la dose usuelle recommandée est 50 mg pris 1 fois par jour.

Pour soigner une accoutumance aux opiacés (par ex. une accoutumance à la méthadone ou à l'héroïne), la dose varie, mais la dose usuelle de départ est 25 mg pris 1 fois par jour, et elle est augmentée peu à peu jusqu'à ce que la dose appropriée soit atteinte.

Votre médecin déterminera la dose et le schéma posologique qui conviendront à votre cas. Il importe que ce médicament soit pris conformément aux indications de votre médecin.

Votre médecin peut demander un échantillon d'urine avant de commencer le traitement par ce médicament pour s'assurer que vous n'avez pas consommé de narcotiques (des médicaments opioïdes) au cours des 7 à 10 derniers jours. Vous ne devriez pas prendre ce médicament si vous avez utilisé un opiacé au cours des 7 à 10 derniers jours. En cas de doute, et avant que vous amorciez un traitement par ce médicament, votre médecin pourrait demander un test au narcan qui confirmerait l'absence d'opiacés dans votre organisme.

Si vous oubliez une dose, prenez le médicament dès que vous constatez l'omission et reprenez la suite du traitement aussitôt que possible. S'il est presque temps de votre prochaine dose, ne vous souciez pas de la dose omise et reprenez le schéma posologique usuel. N'utilisez pas une double dose pour compenser l'omission d'une dose. Si vous hésitez sur la conduite à tenir après avoir omis une dose, demandez conseil à votre médecin ou à un pharmacien.

Entreposez ce médicament à la température ambiante, à l'abri de la lumière et de l'humidité et hors de la portée des enfants.

Ne jetez pas de médicaments dans les eaux usées (par ex. pas dans l'évier ni dans la cuvette des cabinets) ni avec les ordures ménagères. Demandez à votre pharmacien comment vous débarrasser des médicaments inutilisés ou périmés.

Dans quels cas ce médicament est-il déconseillé ?

Abstenez-vous d'employer la naltrexone dans les circonstances ci-après :

  • une allergie à la naltrexone ou à l'un des ingrédients du médicament;
  • des analyses d'urine positives aux opiacés;
  • une dépendance aux opiacés, y compris aux opiacés antagonistes (par ex. la méthadone);
  • une hépatite aiguë ou une insuffisance hépatique;
  • la prise d'opiacés analgésiques (par ex. les médicaments narcotiques comme l'oxycodone et la codéine);
  • un résultat positif au test au narcan (un examen pour détecter l'usage d'opiacés);
  • des symptômes de sevrage aux opiacés.

Quels sont les effets secondaires possibles de ce médicament ?

Beaucoup de médicaments peuvent provoquer des effets secondaires. Un effet secondaire est une réponse indésirable à un médicament lorsqu'il est pris à des doses normales. Il peut être léger ou grave, temporaire ou permanent. Les effets secondaires énumérés ci-après ne sont pas ressentis par toutes les personnes qui prennent ce médicament. Si les effets secondaires vous inquiètent, discutez des risques et des bienfaits de ce médicament avec votre médecin.

Au moins 1 % des personnes prenant ce médicament ont signalé les effets secondaires ci-après. Un grand nombre de ces effets secondaires peuvent être pris en charge et quelques-uns peuvent disparaître d'eux-mêmes avec le temps.

Consultez votre médecin si vous ressentez ces effets secondaires et s'ils sont graves ou gênants. Votre pharmacien pourrait être en mesure de vous donner des conseils sur la conduite à tenir si ces effets secondaires apparaissaient :

  • de l'anxiété;
  • une baisse d'énergie;
  • une baisse de la libido;
  • de la constipation;
  • une douleur abdominale ou des crampes;
  • des douleurs articulaires et musculaires;
  • une éjaculation tardive;
  • une énergie accrue;
  • un état dépressif;
  • un état de nervosité;
  • des fluctuations pondérales;
  • de l'indigestion;
  • de l'irritabilité;
  • des maux de tête;
  • de la nausée;
  • une perte d'appétit;
  • une sécheresse de la bouche;
  • une soif accrue;
  • des troubles du sommeil;
  • des vomissements.

La plupart des effets secondaires figurant ci-après ne surviennent pas très souvent, mais ils pourraient cependant engendrer de graves problèmes si vous ne consultez pas votre médecin ou si vous ne recevez pas des soins médicaux.

Renseignez-vous auprès de votre médecin au plus tôt si l'un des effets secondaires ci-après se manifeste :

  • des anomalies du champ visuel;
  • des changements auditifs;
  • des émissions d'urine plus fréquentes ou une gêne durant l'émission de l'urine;
  • des étourdissements;
  • une pression artérielle élevée;
  • un saignement de nez;
  • des symptômes d'une dépression (par ex. une baisse d'énergie, des sentiments de dévalorisation, de culpabilité, d'impuissance ou de désespoir);
  • des symptômes du rhume (par ex. une congestion nasale, un écoulement nasal, des éternuements, des maux de gorge, un excès de flegme, de la toux, de l'enrouement);
  • des symptômes de sevrage aux narcotiques (par ex. des pleurs faciles, de la nausée, des crampes abdominales, de l'agitation, des douleurs osseuses ou articulaires, des douleurs musculaires, une irritation nasale);
  • des tics;
  • des tremblements.

Cessez la prise du médicament et sollicitez immédiatement des soins médicaux s'il se produit une réponse comme :

  • des battements de cœur rapides ou irréguliers;
  • une douleur abdominale qui persiste plusieurs jours;
  • des émissions fécales blanches;
  • le jaunissement du blanc des yeux;
  • des signes d'une réaction allergique (comme une difficulté respiratoire, de l'urticaire, une boursouflure du visage ou une enflure de la gorge);
  • des symptômes d'une phlébite (par ex. une rougeur, une enflure, de la chaleur, de la douleur, ou une sensation de cuisson dans la circonférence des veines);
  • des tentatives de suicide ou des pensées suicidaires;
  • une urine foncée.

Certaines personnes peuvent ressentir des effets secondaires autres que ceux énumérés. Consultez votre médecin si vous remarquez un symptôme qui vous inquiète pendant que vous employez ce médicament.

Existe-t-il d'autres précautions d'emploi ou mises en garde ?

Avant d'employer un médicament, ne manquez pas d'informer votre médecin des troubles médicaux ou des allergies que vous pourriez avoir, des médicaments que vous utilisez et de tout autre fait important au sujet de votre santé. Ces facteurs pourraient avoir une influence sur la façon dont vous devriez employer ce médicament.

Alcool : vous ne devriez pas boire de l'alcool pendant que vous suivez un traitement par ce médicament, car votre foie pourrait se trouver endommagé. 

Fonction hépatique : la naltrexone peut causer des lésions hépatiques. En cas de fonction hépatique diminuée, votre médecin pourrait vous prescrire une plus faible dose de ce médicament. Votre médecin peut également vous demander d'effectuer des analyses régulières ciblant la fonction hépatique pendant que vous prenez ce médicament.

Fonction rénale : en cas de fonction rénale diminuée, votre médecin peut réduire la dose de ce médicament. Votre médecin peut également vous demander d'effectuer des analyses régulières ciblant la fonction rénale pendant que vous prenez ce médicament.

Ingestion accidentelle : si vous avez une dépendance aux narcotiques et que vous ingérez accidentellement ce médicament, des symptômes de sevrage intenses pourraient apparaître, à savoir de la confusion, de la nausée, des tremblements, de la sudation, de l'anxiété, des hallucinations, des vomissements, ou de la diarrhée. Ne donnez pas ce médicament à quiconque, surtout pas aux personnes qui ont une dépendance aux médicaments opiacés.

Interférence avec les médicaments contenant des opioïdes : étant donné que ce médicament agit en bloquant les effets des opiacés, son action peut perturber celle d'autres médicaments qui contiennent des opioïdes, comme certains médicaments contre la toux et le rhume, les médicaments antidiarrhéiques et certains analgésiques (les médicaments contre la douleur). Discutez avec votre médecin ou un pharmacien de substituts sans opioïdes.

Prise de médicaments opioïdes : si vous essayez de déjouer les effets bloquants de la naltrexone en prenant des opiacés, vous pourriez éprouver des difficultés respiratoires susceptibles d'entraîner la mort. Ne prenez pas d'opiacés pendant que vous suivez un traitement par ce médicament. Par ailleurs, vous pourriez être plus sensible aux opiacés, même à des doses plus faibles, après un traitement par la naltrexone. Vous pourriez constater qu'une plus faible dose que par le passé procure le même effet.

Suicide : les personnes qui font un usage abusif de substances toxiques présentent un risque de suicide plus élevé. L'emploi de la naltrexone ne réduit pas ce risque.

Surdose : en cas de surdose accidentelle, sollicitez immédiatement des soins médicaux.

Traitement de l'alcoolodépendance : l'usage de la naltrexone dans le cadre d'un traitement de l'alcoolodépendance n'a été étudié qu'avec un régime posologique de 50 mg pris 1 fois par jour pour une période maximale de 12 semaines. L'efficacité de la naltrexone au-delà 12 semaines n'est pas connue pour cette population.

Grossesse : ce médicament ne devrait pas s'utiliser durant la grossesse à moins que les bienfaits priment les risques. Si une grossesse advient pendant que vous utilisez ce médicament, prenez contact avec votre médecin immédiatement.

Allaitement : on ignore si la naltrexone passe dans le lait maternel. Si vous prenez ce médicament pendant que vous allaitez, votre bébé pourrait en ressentir les effets. Consultez votre médecin pour savoir si vous devriez continuer l'allaitement.

Enfants : ni l'innocuité ni l'efficacité de ce médicament n'a été établie en ce qui concerne les enfants et les adolescents âgés de moins de 18 ans.

D'autres agents peuvent-ils interagir avec ce médicament ?

Il pourrait se produire une interaction entre la naltrexone et l'un des agents ci-après :

  • le disulfirame;
  • les médicaments contenant des opioïdes (par ex.la codéine, la morphine, l'oxycodone);
  • la thioridazine.

Si vous prenez l'un de ces médicaments, consultez votre médecin ou un pharmacien. Dans votre cas, votre médecin pourrait vous demander de :

  • cesser la prise de l'un des médicaments;
  • remplacer l'un des médicaments par un autre;
  • modifier la manière dont vous prenez l'un des médicaments, ou les deux;
  • ne rien changer du tout.

L'interférence d'un médicament avec un autre n'entraîne pas toujours l'interruption de la prise de l'un d'eux. Demandez à votre médecin quelle est la conduite à tenir en cas d'interactions médicamenteuses.

D'autres médicaments que ceux énumérés précédemment peuvent interagir avec ce médicament. Signalez à votre médecin tout ce que vous prenez, qu'il s'agisse de médicaments sur ordonnance ou en vente libre et de remèdes à base de plantes médicinales. N'oubliez pas de mentionner tout supplément que vous absorbez. Si vous consommez de la caféine, de l'alcool, de la nicotine ou des drogues illicites, vous devriez en avertir votre médecin prescripteur puisque ces substances peuvent modifier l'action de nombreux médicaments.

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