Comment ce médicament agit-il ? Quels sont ses effets ?

Le tolbutamide appartient à la classe des médicaments appelés hypoglycémiants oraux. Il s'utilise pour maintenir l'équilibre du taux de glucose sanguin (le sucre dans le sang) des personnes atteintes de diabète de type 2. Il s'utilise lorsque le régime alimentaire, les exercices physiques et une perte de poids ne suffisent pas pour abaisser le taux de sucre sanguin.

Le tolbutamide agit en augmentant la production d'insuline (une hormone qui permet au sucre d'entrer dans les cellules pour produire de l'énergie) par le pancréas et en aidant l'organisme à utiliser l'insuline de manière plus efficace.

Il se pourrait que votre médecin ait suggéré ce médicament contre une affection qui ne figure pas dans cet article d'information sur les médicaments. En outre, certaines formes de ce médicament pourraient ne pas être utilisées pour tous les troubles mentionnés dans cet article. Si vous n'en avez pas encore discuté avec votre médecin, ou si vous avez des doutes sur les raisons pour lesquelles vous prenez ce médicament, consultez-le. Ne cessez pas de prendre ce médicament sans avoir consulté votre médecin au préalable.

Ne donnez pas ce médicament à quiconque, même à quelqu'un qui souffre des mêmes symptômes que les vôtres. Ce médicament pourrait nuire aux personnes pour lesquelles il n'a pas été prescrit.

Sous quelles formes ce médicament se présente-t-il ?

Chaque comprimé rond, blanc, biconvexe, sécable, portant l'inscription « APO » au-dessus de «TOL », contient 500 mg de tolbutamide. Ingrédients non médicinaux : information non disponible.

Comment doit-on employer ce médicament ?

La dose de tolbutamide recommandée pour un adulte varie de 500 mg à 3 000 mg par jour, en une seule dose ou en prises fractionnées, selon les besoins indiqués par les tests de glycémie, de la manière indiquée par votre médecin. Les comprimés doivent se prendre avec des aliments ou avant un repas. Il est très important de surveiller étroitement le taux de sucre sanguin, en particulier lors d'un ajustement de la dose du médicament, d'une fluctuation du poids corporel ou d'un changement dans l'intensité d'un exercice. Votre médecin ou votre éducateur spécialisé en diabète vous enseignera le bon usage du glucomètre.

Plusieurs facteurs peuvent entrer en ligne de compte pour déterminer la dose dont une personne a besoin : son poids, son état de santé et la prise d'autres médicaments. Si votre médecin a recommandé une dose autre que celles indiquées ici, ne modifiez pas la manière de prendre le médicament sans le consulter au préalable.

Il est important d'utiliser ce médicament conformément aux indications de votre médecin. Si vous oubliez une dose, prenez le médicament dès que vous constatez l'omission et reprenez la suite du traitement aussitôt que possible. S'il est presque temps de votre prochaine dose, ne vous souciez pas de la dose omise et reprenez le schéma posologique usuel. N'utilisez pas une double dose pour compenser l'omission d'une dose. Si vous hésitez sur la conduite à tenir après avoir omis une dose, demandez conseil à votre médecin ou à un pharmacien.

Une prise excessive de ce médicament pourrait entraîner une baisse trop conséquente du taux de sucre sanguin (une hypoglycémie). Demandez à votre médecin ou à votre éducateur spécialisé ce que vous devriez faire lorsque vous devrez manger beaucoup plus tard que d'habitude ou quand vous ferez plus d'exercice que d'ordinaire.

Conservez ce médicament à la température ambiante, à l'abri de l'humidité et hors de la portée des enfants.

Ne jetez pas de médicaments dans les eaux usées (par ex. pas dans l'évier ni dans la cuvette des cabinets) ni avec les ordures ménagères. Demandez à votre pharmacien comment vous débarrasser des médicaments inutilisés ou périmés.

Dans quels cas ce médicament est-il déconseillé ?

Le tolbutamide ne devrait pas s'employer dans les circonstances ci-après :

  • une allergie au tolbutamide ou à l'un des ingrédients du médicament ;
  • l'allaitement maternel ;
  • une grossesse ;
  • une acidocétose diabétique (une concentration élevée de corps cétoniques dans l'urine) ;
  • une intervention chirurgicale ou un grave traumatisme récent ;
  • une infection grave ;
  • une fonction rénale ou hépatique gravement diminuée ;
  • une thyrotoxicose (une grave hyperactivité de la thyroïde provoquée par le stress ou une infection) ;
  • un diabète de type 1.

Quels sont les effets secondaires possibles de ce médicament ?

Beaucoup de médicaments peuvent provoquer des effets secondaires. Un effet secondaire est une réponse indésirable à un médicament lorsqu'il est pris à des doses normales. Il peut être léger ou grave, temporaire ou permanent. Les effets secondaires énumérés ci-après ne sont pas ressentis par toutes les personnes qui prennent ce médicament. Si les effets secondaires vous inquiètent, discutez des risques et des bienfaits de ce médicament avec votre médecin.

Au moins 1 % des personnes prenant ce médicament ont signalé les effets secondaires ci-après. Un grand nombre de ces effets secondaires peuvent être pris en charge et quelques-uns peuvent disparaître d'eux-mêmes avec le temps.

Consultez votre médecin si vous ressentez ces effets secondaires et s'ils sont graves ou gênants. Votre pharmacien pourrait être en mesure de vous donner des conseils sur la conduite à tenir si ces effets secondaires apparaissaient :

  • l'altération de la sensibilité gustative ;
  • de la constipation ;
  • de la diarrhée ;
  • des étourdissements ;
  • des brûlures d'estomac ;
  • une augmentation du volume d'urine ou des émissions d'urine plus fréquentes ;
  • une augmentation ou une perte de l'appétit ;
  • le passage de gaz ;
  • une douleur gastrique, une sensation de plénitude ou de gêne gastrique ;
  • des vomissements.

La plupart des effets secondaires figurant ci-après ne surviennent pas très souvent, mais ils pourraient cependant engendrer de graves problèmes si vous ne consultez pas votre médecin ou si vous ne recevez pas des soins médicaux.

Renseignez-vous auprès de votre médecin au plus tôt si l'un des effets secondaires ci-après se manifeste :

  • une baisse du taux de sucre sanguin se manifestant notamment par :
    • de l'anxiété,
    • un changement du comportement évoquant l'état d'ivresse,
    • une vision floue,
    • des sueurs froides,
    • de la confusion,
    • une peau froide et pâle,
    • des difficultés de concentration,
    • de la somnolence,
    • une faim excessive,
    • des battements de cœur rapides,
    • des maux de tête,
    • de la nausée,
    • un état de nervosité,
    • des cauchemars,
    • un sommeil agité,
    • des tremblements,
    • un trouble de l'élocution,
    • une fatigue ou une faiblesse inaccoutumée.
  • une douleur thoracique ;
  • des frissons ;
  • du sang dans les crachats ;
  • une urine foncée ;
  • de la fièvre ;
  • des cloques remplies de liquide ;
  • une sensation de malaise généralisé ;
  • une augmentation des expectorations (des crachats) ;
  • une augmentation de la sudation ;
  • des selles claires ;
  • une pâleur de la peau ;
  • une desquamation ;
  • une sensibilité au soleil ;
  • un essoufflement ;
  • une rougeur de la peau, une démangeaison ou une éruption cutanée ;
  • des maux de gorge ;
  • une peau parcheminée ;
  • un saignement inhabituel ou des ecchymoses ;
  • une fatigue ou une faiblesse inaccoutumée ;
  • un gain de poids inaccoutumé ;
  • le jaunissement du blanc des yeux ou de la peau.

Cessez de prendre le médicament et sollicitez immédiatement des soins médicaux s'il se produit une réponse comme :

  • des convulsions (des crises épileptiques),
  • une perte de connaissance.

Certaines personnes peuvent ressentir des effets secondaires autres que ceux énumérés. Consultez votre médecin si vous remarquez un symptôme qui vous inquiète pendant que vous employez ce médicament.

Existe-t-il d'autres précautions d'emploi ou mises en garde ?

Avant d'employer un médicament, ne manquez pas d'informer votre médecin des troubles médicaux ou des allergies que vous pourriez avoir, des médicaments que vous utilisez et de tout autre fait important au sujet de votre santé. Les femmes devraient mentionner si elles sont enceintes ou si elles allaitent. Ces facteurs pourraient avoir une influence sur la façon dont vous devriez employer ce médicament.

Maîtrise du taux de sucre sanguin : il se pourrait que le tolbutamide devienne moins efficace avec le temps en raison d'une aggravation du diabète. Quand le tolbutamide n'abaisse plus le taux de glucose sanguin aux valeurs ciblées, un autre médicament antidiabétique est pris à sa place ou en même temps.

Les personnes qui emploient le tolbutamide pourraient avoir de la difficulté à maîtriser leur taux de sucre sanguin quand elles contractent une affection ou dans des circonstances éprouvantes comme un traumatisme ou une intervention chirurgicale. Dans ces conditions, il se peut que votre médecin envisage suspendre la prise de ce médicament et qu'il vous prescrive de l'insuline jusqu'à ce que la situation s'améliore.

Complications du diabète : bien qu'elle puisse retarder leur apparition, l'utilisation du tolbutamide ne préviendra pas la survenue de complications associées au diabète.

Régime alimentaire : un traitement par le tolbutamide complète un régime alimentaire approprié et ne remplace pas une alimentation convenable.

Somnolence ou vigilance réduite : ce médicament peut réduire les capacités mentale ou physique nécessaires à des tâches dangereuses comme la conduite automobile ou le fonctionnement de machines. Faites preuve de prudence en attendant d'obtenir une meilleure maîtrise de votre taux de sucre sanguin, lorsque vous modifiez votre dose de médicament ou lorsque vous ne suivez pas fidèlement votre traitement.

Taux de glucose sanguin bas : comme c'est le cas avec d'autres sulfamides hypoglycémiants, des symptômes d'hypoglycémie (un faible taux de sucre dans le sang) tels que des étourdissements, un manque d'énergie, de la somnolence, des maux de tête, et de la sudation ont été observés lors de l'emploi du tolbutamide. Un état de faiblesse, de nervosité, des tremblements, un engourdissement ou une sensation de picotements ont également été signalés. Une grave hypoglycémie peut résulter de la prise d'un sulfamide hypoglycémiant quel qu'il soit ; les personnes les plus à risque sont les aînés, les personnes fragiles, mal-nourries ou dont la fonction rénale ou hépatique est diminuée.

Une hypoglycémie est davantage susceptible de survenir si vous oubliez un repas ou si vous faites plus d'exercice physique que d'habitude. Les personnes qui prennent ce médicament devraient surveiller leur sucre sanguin plus fréquemment et conserver du glucose d'urgence à portée de main pour faire remonter rapidement leur taux de sucre en cas de besoin.

Réaction à l'alcool : les personnes qui prennent le tolbutamide peuvent développer des réactions désagréables à l'alcool (des rougeurs, une sensation de chaleur, des vertiges, de la nausée et occasionnellement une accélération du rythme cardiaque). La consommation d'alcool devrait donc être évitée.

Grossesse : le tolbutamide ne doit pas être pris par une femme enceinte (l'insuline sera utilisée pour stabiliser la glycémie). Si une grossesse advient pendant que vous utilisez ce médicament, prenez contact avec votre médecin immédiatement.

Allaitement : le tolbutamide passe dans le lait maternel et ne doit pas être pris par les femmes qui allaitent. Si vous employez le tolbutamide pendant que vous allaitez, votre bébé pourrait en ressentir les effets.

D'autres agents peuvent-ils interagir avec ce médicament ?

Il pourrait se produire une interaction entre le tolbutamide et l'un des agents ci-après :

  • les inhibiteurs de l'ECA (par ex. l'énalapril, le ramipril) ;
  • l'acétazolamide ;
  • d'autres médicaments antidiabétiques ;
  • l'alcool ;
  • les stéroïdes anabolisants ;
  • les androgènes (par ex. la testostérone) ;
  • l'aprépitant ;
  • les antifongiques dont le nom se termine en « azole » (par ex. le fluconazole, le kétoconazole) ;
  • les bêtabloquants (par ex. le nadolol, le propranolol) ;
  • les pilules anticonceptionnelles ;
  • les antagonistes du calcium (par ex. le diltiazem, le vérapamil) ;
  • le chloramphénicol ;
  • la cimétidine ;
  • la clarithromycine ;
  • les corticostéroïdes (par ex. la prednisone) ;
  • le cyclophosphamide ;
  • la cyclosporine ;
  • le diazoxide ;
  • le disopyramide ;
  • les diurétiques (par ex. l'hydrochlorothiazide, la chlorthalidone, l'indapamide) ;
  • les œstrogènes ;
  • les fibrates (par le clofibrate, le fénofibrate) ;
  • la fluoxétine ;
  • la guanéthidine ;
  • l'ifosfamide ;
  • le léflunomide ;
  • les analogues de l'hormone de libération de la lutéinostimuline (par ex. la buséréline, la goséréline, le leuprolide) ;
  • les inhibiteurs de la MAO (la phénelzine, la tranylcypromine) ;
  • l'acide nicotinique (niacine) ;
  • les anti-inflammatoires non stéroïdiens ou AINS (par ex. l'ibuprofène, le naproxène) ;
  • le pegvisomant ;
  • les phénothiazines (par ex. la chlorpromazine, la thioridazine, la prochlorpérazine) ;
  • la phénylbutazone ;
  • la phénytoïne ;
  • le probénécide ;
  • les quinolones (par ex. la ciprofloxacine, l'ofloxacine) ;
  • la ranitidine ;
  • la rifampine,
  • les salicylés (par ex. l'AAS) ;
  • la somatropine ;
  • la sulfinpyrazone ;
  • les sulfamides (par ex. la sulfasalazine, le sulfaméthoxazole) ;
  • les amines sympathomimétiques (par ex. l'épinéphrine) ;
  • les tétracyclines,
  • hormone thyroïdienne,
  • la warfarine.

Si vous prenez l'un de ces médicaments, consultez votre médecin ou un pharmacien. Dans votre cas, votre médecin pourrait vous demander de :

  • cesser la prise de l'un des médicaments,
  • remplacer l'un des médicaments par un autre,
  • modifier la manière dont vous prenez l'un des médicaments, ou les deux,
  • ne rien changer du tout.

L'interférence d'un médicament avec un autre n'entraîne pas toujours l'interruption de la prise de l'un d'eux. Demandez à votre médecin quelle est la conduite à tenir en cas d'interactions médicamenteuses.

D'autres médicaments que ceux énumérés précédemment peuvent interagir avec ce médicament. Signalez à votre médecin tout ce que vous prenez, qu'il s'agisse de médicaments sur ordonnance ou en vente libre et de remèdes à base de plantes médicinales. N'oubliez pas de mentionner tout supplément que vous absorbez. Si vous consommez de la caféine, de l'alcool, de la nicotine ou des drogues illicites, vous devriez en avertir votre médecin prescripteur puisque ces substances peuvent modifier l'action de nombreux médicaments.