Description

Plus de personnes reçoivent un diagnostic de trouble de l'alimentation qu'auparavant, peut-être en raison de l'importance accordée à la minceur dans la société et de la préoccupation constante à ce sujet. Les troubles de l'alimentation mettent en jeu des facteurs génétiques, biologiques, psychosociaux et environnementaux. En Amérique du Nord, les troubles de l'alimentation les plus courants sont l'anorexie mentale, la boulimie et la frénésie alimentaire. Plus de femmes que d'hommes souffrent d'un trouble de l'alimentation.

L'anorexie mentale est un trouble psychiatrique où la personne limite sa consommation alimentaire ou adopte des comportements pour prévenir le gain de poids et ce, à cause d'une peur intense de devenir grasse ou obèse. En fait, les personnes anorexiques ont presque toujours un poids insuffisant ou normal au moment où le trouble se manifeste pour la première fois. L'anorexie se manifeste habituellement entre l'adolescence et le début de l'âge adulte; l'âge moyen au début est de 18 ans. Les femmes sont plus souvent anorexiques que les hommes. Selon les statistiques actuelles, 9 femmes sur 1000 et 3 hommes sur 1000 auront un diagnostic d'anorexie au cours de leur vie. Toutefois, les critères diagnostiques ont été modifiés en 2013 de manière à être moins restrictifs; les proportions données seraient donc une sous-estimation, selon ces nouveaux critères.

La boulimie est un trouble de l'alimentation qui se caractérise par des épisodes répétés et incontrôlables ou compulsifs de consommation excessive de nourriture, suivis de gestes inappropriés pour se débarrasser des aliments consommés. Le plus souvent, la personne atteinte cherche à purger son estomac en déclenchant elle-même des vomissements ou en ayant recours de façon abusive à des laxatifs, à des lavements ou à des diurétiques. Le trouble est parfois appelé syndrome d'hyperphagie boulimique. Certaines personnes n'ont pas recours à une purge. Plutôt, elles se gavent (et consomment jusqu'à 20 000 calories en un seul repas), puis elles tentent de compenser en adoptant des comportements comme le jeûne ou l'exercice excessif. Les personnes atteintes de boulimie peuvent se laisser aller à des épisodes secrets d'alimentation compulsive 1 fois par semaine ou plusieurs fois par jour.

La boulimie apparaît généralement vers la fin de l'adolescence ou dès la maturité, mais peut survenir plus tôt ou plus tard. Comme dans le cas de l'anorexie, l'âge médian à l'apparition de la boulimie est de 18 ans. La boulimie, elle aussi, touche plus de femmes que d'hommes, soit environ 3 fois plus au cours de la vie.

La frénésie alimentaire se caractérise par les mêmes envies incontrôlables de manger excessivement que la boulimie, mais sans les comportements pour se purger après un épisode de frénésie. Le trouble est distinct de l'embonpoint ou de l'obésité. Auparavant, les cliniciens classaient tous les troubles de l'alimentation qui ne répondaient pas aux critères de l'anorexie ou de la boulimie dans la catégorie « troubles de l'alimentation non spécifiés ailleurs ». Depuis 2013, la frénésie alimentaire a été reconnue comme un trouble distinct.

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Causes

Les troubles de l'alimentation sont généralement considérés comme ayant une origine psychologique. Toutefois, comme la dépression, la schizophrénie et la psychose maniacodépressive, on l'attribue actuellement à diverses causes, incluant la génétique et des modifications fonctionnelles cérébrales. Les personnes qui souffrent d'anorexie et de boulimie se préoccupent de leur apparence physique, de leur poids et de leur alimentation. Elles ont également une fausse perception de leur propre schéma corporel, et craignent énormément de prendre du poids et d'être obèses.

Même si l'apparition des troubles de l'alimentation est reliée à certains facteurs culturels, ces troubles semblent provenir de causes multiples. Le rôle des parents et la contribution du milieu familial dans les troubles de l'alimentation ont suscité beaucoup de débat. Des facteurs génétiques et hormonaux semblent jouer un rôle important. Les personnes qui présentent un trouble de l'alimentation seraient génétiquement prédisposées à cette maladie. Celles qui ont des antécédents familiaux de dépression, d'alcoolisme, d'obésité ou de troubles de l'alimentation sont exposées à des risques accrus d'anorexie mentale et de boulimie. En outre, il semble y avoir un rapport entre, d'une part, les comportements liés à l'alimentation (comme les régimes alimentaires et le jeûne excessif) et, d'autre part, les systèmes neurologique et hormonal puisque la faim, les désirs pour certains aliments et les sensations de plénitude sont contrôlés par certaines régions du cerveau et font appel à un certain nombre d'hormones digestives.

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Symptômes et Complications

Les personnes qui souffrent d'anorexie mentale peuvent avoir l'air gravement émacié au point que les côtes soient parfois visibles sous la peau en raison d'un état de malnutrition. Les autres symptômes courants de l'anorexie sont les suivants :

  • une constipation;
  • une déshydratation;
  • une dépression;
  • des étourdissements;
  • une sécheresse et un écaillement de la peau;
  • une perte de cheveux;
  • une perte de connaissance ou de la faiblesse;
  • l'incapacité de se concentrer;
  • une intolérance au froid;
  • de l'irritabilité;
  • une perte de masse grasse;
  • une pression artérielle basse;
  • des menstruations trop espacées ou absentes;
  • une crainte pathologique de l'obésité et d'un gain de poids;
  • des battements de cœur lents ou irréguliers.

Si l'anorexie apparaît avant le début de la puberté, le développement sexuel des filles sera interrompu et l'apparition de leurs premières règles sera retardée. Une anorexie grave entraîne un état de malnutrition chronique qui a des effets nocifs sur l'organisme, plus particulièrement sur les os, la thyroïde, le cœur et les systèmes digestif et reproducteur. L'anorexie peut être mortelle. La moitié des personnes qui meurent d'anorexie se suicident et l'autre moitié meure de complications médicales.

Certaines personnes atteintes de boulimie peuvent perdre du poids de façon épisodique, alors que d'autres maintiennent un poids normal, et peuvent même avoir un surplus de poids. Dans certains cas, le cycle menstruel peut être perturbé et interrompu, mais les menstruations continuent généralement. Parmi les symptômes possibles de la boulimie, on retrouve notamment :

  • de la déshydratation (due à un emploi abusif de laxatifs ou à de fréquents vomissements volontaires);
  • des caries et une érosion dentaire (due aux acides contenus dans les vomissements volontaires);
  • une pression artérielle basse;
  • une constipation;
  • une enflure des glandes salivaires dans les joues (évoquant les oreillons);
  • des taux d'hormones anormaux;
  • des problèmes liés à l'estomac et à l'œsophage;
  • un rythme cardiaque irrégulier;

Les vomissements constants peuvent entraîner des complications diverses, notamment une inflammation de l'œsophage (appelée œsophagite) et des problèmes dentaires graves. Dans les cas les plus aigus, les purges constantes peuvent entraîner des lésions cardiaques. Les personnes qui souffrent de boulimie peuvent également avoir des antécédents d'anorexie ou d'obésité. Elles peuvent aussi souffrir de troubles psychologiques, tels que la dépression, le trouble de l'anxiété, les phobies sociales et les troubles reliés à la panique, ou encore d'accoutumances comme l'alcoolisme ou la toxicomanie.

Tout comme les personnes touchées par la boulimie, celles qui souffrent de frénésie alimentaire ont des épisodes de consommation excessive de nourriture, mais sans comportements compensateurs par la suite. Voici certains symptômes de la frénésie alimentaire :

  • consommer une plus grande quantité de nourriture en une période donnée que la plupart des gens en pareilles circonstances;
  • sentir un manque de maîtrise sur la consommation excessive de nourriture durant un épisode;
  • manger jusqu'à se sentir l'estomac lourd ou plus rapidement que la normale;
  • manger de grandes quantités de nourriture même en l'absence de faim;
  • manger seul ou en secret à cause de la gêne provoquée par la quantité de nourriture consommée;
  • avoir des sentiments de dépression, de culpabilité ou de dégoût de soi après un épisode.

Diagnostic

Les signes et symptômes révélés par un examen physique, et des antécédents médicaux ou personnels détaillés, suffisent généralement au médecin pour diagnostiquer les troubles de l'alimentation. Dans le cas d'un patient anorexique, la perte de poids continu à partir d'un poids léger ou normal, une pratique obsessive des exercices physiques, le refus progressif des aliments, la baisse des résultats scolaires ou de la productivité au travail et la dépression devraient éveiller des soupçons.

Les analyses sanguines révèlent des anomalies dans les taux d'hormones qui aident à exclure les autres troubles responsables de symptômes semblables. Il n'existe aucun test diagnostique précis; le diagnostic d'un trouble de l'alimentation est donc établi à la suite d'une évaluation clinique.

Traitement et Prévention

Les personnes qui souffrent d'anorexie cherchent rarement à se faire traiter et ne le souhaitent pas, étant donné qu'elles ne reconnaissent pas et pas leur problème ne l'admettent pas. Ce sont souvent les membres de la famille et les amis qui constatent le trouble de l'alimentation et incitent la personne à se faire traiter.

Normalement l'anorexie ne disparaît pas d'elle-même : les personnes atteintes doivent recevoir un traitement médical et compter sur une aide spécialisée pour se rétablir. Le principal obstacle au traitement de l'anorexie est le refus du patient de subir un traitement.

L'objectif premier du traitement est de permettre à la personne de retrouver un poids normal. De façon générale, les personnes qui souffrent d'anorexie ne considèrent pas leur comportement anormal ou dangereux, et il est donc très difficile de les en convaincre et de les inciter à se réalimenter normalement. Dans les cas graves, lorsque la personne présente un état d'émaciation, une hospitalisation est souvent nécessaire.

Le counselling individuel et familial fait normalement partie du plan de traitement. Ceci suppose une thérapie d'approche cognitivo-comportementale qui permet une rééducation du patient en ce qui concerne le schéma corporel, la gestion du poids, les habitudes normales d'alimentation, la nutrition et les effets d'une carence alimentaire. La pharmacothérapie avec des médicaments tels que des antidépresseurs n'est utile que pour traiter les troubles associés comme la dépression ou les troubles obsessionnels-compulsifs (TOC).

Les personnes boulimiques doivent rarement être hospitalisées. Elles sont généralement traitées à l'aide d'une combinaison de médicaments et d'une thérapie cognitivo-comportementale. Des antidépresseurs sont souvent prescrits dans l'espoir de réduire les fringales et les phases d'hyperphagie incontrôlée. La psychothérapie est utilisée pour sensibiliser et éduquer à propos de leurs comportements de leurs habitudes alimentaires et pour d'éliminer les fausses perceptions concernant le schéma corporel et le poids. Les thérapies familiales et de groupe, qui sont souvent recommandées pour le traitement de la boulimie, sont efficaces.

Certaines personnes qui souffrent de frénésie alimentaire évitent d'obtenir un traitement parce que leur état les met mal à l'aise. D'autres ne perçoivent pas la frénésie alimentaire comme un vrai trouble de santé et ne cherchent donc pas à obtenir des soins. La plupart du temps, le traitement consiste en une psychothérapie qui aide la personne à reconnaître les facteurs déclenchants de sa frénésie et à adopter des stratégies d'adaptation pour éviter de céder à sa forte envie de manger.

La plupart des personnes qui ont un trouble de l'alimentation se rétabliront grâce au traitement. Cependant, le processus de rétablissement peut prendre beaucoup de temps et certaines personnes pourraient faire une rechute. Si vos symptômes réapparaissent, il est important de demander de l'aide.

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