Qu'appelle-t-on marijuana médicale?

Marijuana (ainsi que cannabis ou marihuana) sont des appellations courantes de Cannabis sativa, le chanvre. Les fleurs et les feuilles de cette plante renferment une substance chimique, le tétrahydrocannabinol (THC) qui cause la plupart des effets ressentis par les usagers de la marijuana. Le THC possède diverses propriétés thérapeutiques recherchées dans le traitement de certaines affections médicales ou le soulagement des symptômes de quelques autres.

Les rapports qui jalonnent toute l'histoire attestent de la consommation de marijuana à des fins récréatives, médicinales et religieuses. Vers la fin du 19e siècle et le début du 20e, le cannabis entrait souvent dans la fabrication de produits médicinaux, mais cette coutume a été interdite au Canada au cours des années 1920. Le courant culturel actuel approuve le rétablissement de la légalisation du cannabis, mais son emploi reste controversé en raison du nombre insuffisant de preuves démontrant ses risques et ses effets salutaires. Parmi les produits commercialisés offerts sur ordonnance qui renferment du THC ou qui leur ressemblent beaucoup, on retrouve le dronabinol (Marinol®), le nabilone;(Cesamet®), et le cannabinoïde cannabidiol; (Sativex®).

Quels sont les indications thérapeutiques de la marijuana?

Le cannabis agit sur le cerveau et les différentes parties du système nerveux au moyen d'un ensemble de récepteurs qui forment le système endocannabinoïde. Ce système joue un rôle dans de nombreux processus physiologiques de notre corps, comme ceux liés à la perception de la douleur, la régulation de l'humeur, du sommeil, des apports d'énergie et l'organisation de la mémoire. La marijuana médicale a donné lieu à des études qui portaient sur la découverte d'emplois constituant des solutions thérapeutiques dans les circonstances ci-après :

  • la qualité de vie dans le cadre de soins palliatifs (dispensés aux personnes ayant atteint la phase terminale d'une maladie)
  • une douleur chronique causée par un cancer
  • la nausée et les vomissements durant une chimiothérapie
  • la perte d'appétit des personnes atteintes d'un cancer
  • les problèmes neurologiques générés par la sclérose en plaques, la sclérose latérale amyotrophique et une blessure de la moelle épinière
  • l'épilepsie et d'autres troubles convulsifs
  • une perte de poids attribuable à une infection au VIH ou au sida
  • l'anorexie mentale
  • les troubles musculo-squelettiques y compris l'arthrose, la polyarthrite rhumatoïde et la fibromyalgie
  • des troubles du sommeil
  • des maux de tête et la migraine
  • des troubles de la motricité y compris la chorée de Huntington, la maladie de Parkinson et la maladie de Gilles de la Tourette
  • un glaucome
  • une douleur neuropathique
  • des troubles psychiatriques y compris l'anxiété, un état dépressif ou de stress post-traumatique et la schizophrénie
  • l'asthme
  • une pression artérielle élevée
  • des symptômes de sevrage en boissons alcoolisées et en opioïdes
  • une affection cutanée inflammatoire comme une dermatite et le psoriasis
  • le syndrome du côlon irritable

Les observations réunies pour étayer l'efficacité thérapeutique sont toutefois limitatives, car les études ont donné des résultats contradictoires et la plupart d'entre elles ne comptaient qu'un petit nombre de participants. Les quantités totales utilisées dans les études n’étaient pas constantes, ce qui complique la détermination de la dose optimale convenant à un emploi thérapeutique.  

Quels risques pour la santé la marijuana pose-t-elle à court terme?

Parmi les risques pour la santé posés par la marijuana à court terme, on retrouve :

  • les sautes d'humeur
  • la perte de la mémoire immédiate
  • une altération de la capacité décisionnelle
  • des hallucinations, des crises de délire et un comportement paranoïaque
  • la désorientation dans le temps et dans l'espace et de la confusion
  • la perte de la coordination physique
  • une augmentation du temps de réaction
  • des problèmes respiratoires
  • des étourdissements ou une sensation de tête légère
  • une pression artérielle basse
  • une sécheresse de la bouche
  • une accélération du pouls
  • des yeux rouges
  • une crise cardiaque
  • un accident vasculaire cérébral

Quels risques pour la santé la marijuana pose-t-elle à long terme?

Parmi les risques pour la santé posés par la marijuana à long terme, on retrouve :

  • une toux chronique
  • un risque accru d'infections pulmonaires
  • une accumulation accrue de mucosités dans la gorge
  • un risque accru d'accident vasculaire cérébral
  • des complications au cours de la grossesse
  • une maladie mentale
  • la perte de la mémoire
  • une baisse du quotient intellectuel (QI)
  • un état dépressif
  • de l'anxiété
  • des pensées suicidaires
  • une toxicomanie
  • le cancer

Il est fort probable que certains de ces effets secondaires touchent plutôt les personnes qui se sont mises à consommer de la marijuana dans leur adolescence, puisque c'est une période importante pour le développement du cerveau.

La marijuana interagit-elle avec d'autres médicaments?

La marijuana peut augmenter le risque de saignement lorsque sa consommation coïncide avec la prise de médicaments qui ont des effets anticoagulants ou antiagrégants plaquettaires, par ex. des AINS comme les AAS (Aspirin®) et l'ibuprofène (Advil®, Motrin®), la warfarine (Coumadin®), le clopidogrel (Plavix®), l'héparine, et bien d'autres.

La marijuana pourrait modifier l'activité des enzymes du foie et le métabolisme de certains médicaments comme l'acétaminophène (Tylenol®), la clarithromycine (Biaxin®), la lovastatine (Mevacor®), et bien d'autres.

En outre, la marijuana est susceptible d'exercer une action sur le taux de sucre sanguin et la pression artérielle. Vous devriez examiner avec prudence les modalités de votre consommation si vous suivez un traitement médicamenteux pour maîtriser un diabète ou stabiliser votre pression artérielle. Les barbituriques, les œstrogènes, la théophylline, et plusieurs autres médicaments pourraient aussi interagir avec la marijuana. Étant donné que la marijuana altère différentes fonctions physiologiques de l'organisme, et qu'elle peut influencer l'évolution d'affections médicales, il importe que vous consultiez votre professionnel de la santé avant de prendre de nouveaux médicaments.

La marijuana peut-elle entraîner une dépendance?

La consommation de la marijuana peut mener à une dépendance. Il importe de prendre conscience que la consommation inappropriée de la marijuana peut engendrer une dépendance physique pouvant atteindre la toxicomanie surtout lorsque cette pratique se prolonge et s'intensifie, notamment parmi les personnes qui en sont devenues adeptes dans leur adolescence. La dépendance physique s'explique par le besoin d'utiliser la substance en quantité suffisante pour que l'organisme ne déclenche pas des symptômes de sevrage quand il en est privé. Par ailleurs, des études cliniques ont montré que des personnes ayant consommé de fortes doses de marijuana étaient devenues dépendantes. Les symptômes de sevrage surviennent généralement 1 ou 2 jours après la suspension des doses et disparaissent dans l'espace de 1 à 2 semaines. Parmi ces symptômes, on distingue la colère, l'agression, l'anxiété, des maux de tête, des troubles du sommeil, une diminution de l'appétit, de l'agitation, de l'irritabilité et des sueurs. Il convient de souligner qu'il existe des différences entre la dépendance physique et la toxicomanie. La toxicomanie est un phénomène psychologique qui correspond à un besoin de drogue engendrant des envies impérieuses, l'incapacité de gérer la consommation de drogue et la compulsion d'utiliser la drogue malgré les conséquences néfastes qui pourraient s'ensuivre. Il faut que de nombreux paramètres liés à des facteurs génétiques et environnementaux entrent en jeu pour qu’une personne devienne, ou non, une consommatrice toxicomaniaque de marijuana.