Toutes les interventions chirurgicales entraînent des cicatrices. L'une des principales compétences des chirurgiens plastiques est de contrôler la formation de cicatrices. On peut y parvenir en choisissant soigneusement l'emplacement et le tracé de l'incision, en manipulant délicatement la peau à l'aide d'instruments fins et spécialisés et en réparant habilement et soigneusement les incisions et les plaies créées de façon chirurgicale ou traumatique.

Pour certaines opérations, l'élaboration de la chirurgie à « incision minimale » (ou endoscopique) a constitué un important progrès à l'égard de la diminution de la formation de cicatrices. Toutefois, la mesure dans laquelle vous formerez des cicatrices dépend principalement de l'emplacement de l'incision et de votre prédisposition raciale et génétique à la cicatrisation. Les personnes à la peau noire et à la peau jaune sont particulièrement prédisposées à une cicatrisation excessive et les incisions doivent être très soigneusement planifiées.

La formation normale des cicatrices suit une évolution approximative. Au cours des premières semaines, la cicatrice se solidifie quelque peu. Elle a généralement une apparence rosée lorsque les points de suture sont enlevés, mais elle est plate. Après 3 à 6 semaines, elle devient plus épaisse et souvent plus rouge à mesure qu'elle acquiert de la protéine de collagène. C'est à ce moment qu'elle a la moins belle apparence. La maturation commence ensuite, ce qui peut prendre de 6 à 18 mois ou même plus. Au cours de cette étape, la cicatrice continue de se solidifier, mais elle commence peu à peu à s'aplanir, à s'adoucir et à pâlir.

Types de cicatrices

L'emplacement de l'incision chirurgicale joue un rôle clé dans les résultats de la cicatrice. Les incisions pratiquées dans la paupière supérieure, les lèvres, l'aine et les aisselles donnent des résultats particulièrement bons, tandis que les incisions pratiquées au centre de la poitrine, dans le haut du dos et dans la partie extérieure du bras supérieur sont particulièrement prédisposées aux mauvaises cicatrices. La figure forme généralement de bonnes cicatrices si les incisions sont adéquatement planifiées. Les cicatrices insatisfaisantes peuvent être plus épaisses, plus larges, déprimées, surélevées ou inégales ou se diriger dans une direction différente des lignes normales de la peau.

Les chéloïdes sont des cicatrices qui sont très épaisses, qui semblent « irritées » et qui vont de la couleur rouge à la couleur mauve. Ces cicatrices continuent de croître au-delà des limites de la plaie ou de l'incision initiale. Par exemple, certains patients peuvent avoir de grandes masses de cicatrices sur la poitrine, causées par des pustules d'acné mineures, ou sur les bras, causés par des vaccins.

Les cicatrices hypertrophiques, quant à elles, sont des cicatrices qui se sont épaissies au cours de la période de guérison, mais qui ne dépassent pas le bord de la plaie initiale. Elles finissent normalement pas diminuer quelque peu, mais sur une plus longue période qu'une cicatrice normale.

Traitement des cicatrices

Il existe de nombreuses idées fausses à l'égard de ce qui peut être fait relativement aux cicatrices et du moment où les choses devraient être faites. En général, aucune chirurgie ne devrait être pratiquée pour modifier ou essayer d'améliorer une cicatrice avant que la maturation n'ait eu lieu. La modification est généralement effectuée en vue d'égaliser le niveau de la cicatrice, d'améliorer son orientation par rapport aux lignes normales de la peau ou de la rétrécir.

Les cicatrices chéloïdes et hypertrophiques peuvent être difficiles à traiter. La patience constitue habituellement le meilleur traitement pour les cicatrices épaissies, mais non chéloïdes. La vitamine E et l'extrait d'aloès peuvent améliorer l'apparence de la cicatrice au cours de l'étape de la maturation, mais les études n'ont montré aucun effet sur le résultat final. La vitamine E peut ralentir la guérison si elle est utilisée au début de la période postopératoire (3 semaines). De nombreux autres médicaments et agents ont fait et font présentement l'objet d'études, mais aucun ne s'est révélé meilleur que le temps lui-même.

L'injection de médicaments à effet cortisonique dans les cicatrices épaisses ou chéloïdes peut aider dans de nombreux cas, mais cette méthode comporte certains effets secondaires et ne devrait pas être utilisée pour les cicatrices qui ne sont que passablement épaisses au cours de la maturation normale de la plaie. La pression est utilisée depuis de nombreuses années pour les cicatrices causées par des brûlures et elle a été récemment combinée à des feuilles de silicone posées directement sur la cicatrice. La pression est appliquée de diverses façons, généralement en utilisant des vêtements élastiques sur mesure qui sont portés au moins 23 heures par jour pendant des mois. Les feuilles de silicone, lorsqu'elles sont utilisées seules ou en combinaison avec la pression, ont donné certains résultats positifs et des chirurgiens les conseillent maintenant couramment pour certaines incisions, comme celles pratiquées pour les remodelages et les diminutions mammaires et les lipectomies. Toutefois, elles doivent être utilisées 23 heures par jour dans ces situations également.

Dans les cas extrêmes, les chéloïdes ont été traitées à l'aide d'une radiothérapie à faible dose, combinée aux autres méthodes décrites ci-dessus, mais les résultats ont été variables. Il est inhabituel qu'une chirurgie provoque des chéloïdes chez les personnes à la peau pâle et ces types de cicatrice surviennent rarement dans la chirurgie esthétique en général. Cela s'explique par le fait que l'emplacement des incisions est soigneusement choisi, qu'une technique attentive est utilisée et que la plupart des personnes pouvant être susceptibles aux chéloïdes peuvent être averties à l'avance.

 Benjamin Gelfant, MD, 
en collaboration avec l'équipe clinique de MediResource
[traduction]