—Suzette Alvarez, rédactrice médicale, en collaboration avec Medbroadcast

Renseignements généraux

La variole a été éradiquée dans les années 1970 à la suite d'une campagne internationale menée par l'Organisation mondiale de la santé. Jusqu'à récemment, on s'inquiétait peu au sujet de l'emploi du virus de la variole comme arme biologique. À l'heure actuelle, les seuls échantillons restants connus de ce virus au monde sont conservés dans les laboratoires des Centers for Disease Control (CDC) à Atlanta, en Georgie, ainsi qu'en Russie. Depuis les attaques terroristes contre les États-unis, les inquiétudes concernant l'usage potentiel de la variole comme arme biologique se sont amplifiées. Certaines caractéristiques de la variole en font une arme potentiellement efficace; mentionnons, entre autres, sa nature hautement contagieuse, le taux élevé de létalité et l'absence de protection contre la maladie au sein de la population, que ce soit par immunité naturelle ou par une vaccination suffisamment récente.

Qu'est-ce que c'est ?

La variole, une maladie extrêmement contagieuse, est causée par un virus qui se propage d'une personne à l'autre par contact direct. La période d'incubation est habituellement de douze à quatorze jours et elle ne s'accompagne d'aucun symptôme. Les deux principales formes de la maladie sont la variole majeure et la variole mineure. La variole majeure, la forme la plus grave, est associée à un taux de létalité d'environ 30 %. La forme moins grave, la variole mineure, a un taux de létalité inférieur à 1 %. Étant donné que les patients atteints de la forme mineure de la variole présentent des symptômes plus bénins, bon nombre d'entre eux peuvent se déplacer à leur gré durant le stade infectieux, propageant ainsi la maladie sans le savoir à des personnes se trouvant un peu partout. Par contre, les patients atteints de la variole majeure deviennent généralement alités au début de la maladie et le demeurent pour toute sa durée.

Au cours de la deuxième semaine, après la période d'incubation, des symptômes de type grippal apparaissent soudainement et incluent une fièvre, des maux de tête, des maux de dos et une fatigue. Deux ou trois jours plus tard, les éruptions caractéristiques commencent à se manifester sur le visage, les bras et les jambes. Vers le huitième ou le neuvième jour, les lésions cutanées se transforment en pustules (lésions remplies de pus) et finissent par former des croûtes. Durant les derniers stades, les croûtes sèches se détachent et tombent.

La variole ne se transmet pas durant la période d'incubation. Par la suite, la maladie peut être transmise jusqu'à ce que les dernières croûtes soient tombées, mais le risque d'infection est beaucoup plus faible à ce stade. La transmission peut également survenir au contact de la literie ou des vêtements contaminés, mais l'infection est moins probable dans ce cas. Les animaux et les insectes ne peuvent pas transmettre la maladie.

Quelle est la probabilité d'une épidémie de variole ?

Lors de la campagne d'éradication menée par l'OMS au cours des années 1970, il a été établi que la variole peut parfois se propager en milieu clos par le système de ventilation. En ce qui concerne la propagation en milieu naturel par un contact direct, on sait que le cas initial ou « indicateur » peut infecter jusqu'à cinq personnes et, dans de rares cas, plus de douze. On possède des données historiques uniquement pour les périodes où une proportion importante de la population était immunisée contre la variole, à la suite soit d'une vaccination ou d'une infection naturelle non fatale. En l'absence de cas naturels de la maladie ou de vaccination récente, la population mondiale est considérablement plus exposée. Certains experts estiment que, dans les circonstances actuelles, le taux de transmission pourrait être de l'ordre de dix nouveaux cas par personne infectée.

Combien de temps dure la protection conférée par le vaccin contre la variole ?

En règle générale, les personnes qui ont reçu le vaccin contre la variole sont protégées pendant au moins dix ans.

Le vaccin contre la variole est-il dangereux ?

La vaccination systématique contre la variole a cessé en 1972. Les complications à la suite de la vaccination sont peu fréquentes, mais elles peuvent inclure certains symptômes de moindre gravité, par exemple des éruptions cutanées qui répondent au traitement, et des symptômes graves, par exemple une inflammation du cerveau (encéphalite). Par conséquent, la vaccination est justifiée seulement chez les personnes qui ont été exposées au virus ou qui risquent de l'être.

Comment traite-t-on la variole ?

Une fois que les symptômes de la variole sont apparus, le traitement est limité. Si le vaccin est administré immédiatement après l'exposition (en moins de quatre jours), il peut être possible de prévenir la maladie ou d'en réduire la gravité. Autrefois, le taux de mortalité par variole pouvait grimper jusqu'à 30 %. Les complications de la variole incluent : cicatrices, surinfection de la peau des lésions par une bactérie, arthrite, infection des os, pneumonie, hémorragie grave, infection oculaire et inflammation cérébrale. Entre 65 % et 80 % des personnes ayant survécu portent de profondes cicatrices (cicatrices gaufrées) qui sont plus frappantes dans le visage.

Des antibiotiques peuvent être administrés pour traiter les surinfections.

Toute personne ayant été exposée doit être mise en isolement. Cela inclut la personne qui a contracté la maladie et toutes les autres personnes qui ont eu un contact direct avec elle.

 

Révisé par le docteur Roger A.L. Sutton, DM, FRCP