Pour quelque chose qui semble si naturel, une suite impressionnante d'opérations doit se dérouler avec une grande précision pour qu'une femme tombe enceinte. Il y a la question de la synchronisation des rapports sexuels qui doivent avoir lieu juste quelques jours avant, pendant ou après l'ovulation, au moment où une femme est la plus féconde. L'âge est un autre enjeu, car les femmes ont un nombre d'ovules viables qui diminue avec le temps.

Ajoutez à ces divers éléments la fertilité de votre partenaire et un certain nombre d'autres facteurs possibles - le poids corporel, le régime alimentaire, des affections sous-jacentes - et on commence à penser qu'il est plus probable que les enfants soient apportés par les cigognes que par une grossesse. Alors, si vous avez beaucoup de mal à concevoir, il est tout à fait naturel que vous vous sentiez en proie au stress!

Vous suivez peut-être pendant des mois votre température basale, vous apprenez à vous armer de patience pour supporter le passage du temps entre l'ovulation et la venue possible de vos règles, et vous apprenez à supporter des symptômes de grossesse tout à fait imaginaires. Vous en avez assez de vous tourner les pouces alors que vous attendez les résultats d'un autre test de grossesse.

Certains de vos proches et amis bien intentionnés vous sondent peut-être avec des questions comme : « Pourquoi n'es-tu pas encore enceinte? » et « Quand vas-tu avoir un bébé? » Ou la tension émotionnelle peut mettre la relation avec votre partenaire à rude épreuve.

L'une des plus grandes sources de stress dans toute cette tentative de grossesse est la possibilité d'un problème de fertilité. Il vous est déjà venu à l'esprit qu'il pourrait y avoir un problème sous-jacent, mais vous avez hésité à le qualifier d'infertilité. Vous avez peut-être même évité de consulter votre médecin par crainte de ce qu'il pourrait vous apprendre, ou parce que les interventions médicales vous inquiètent autant que votre capacité de vous acquitter de leur règlement.

Mais, si vous avez tenté d'obtenir une grossesse depuis plus de 12 mois (ou 6 mois si vous avez 35 ans ou plus), vous devez savoir que vous répondez aux critères généralement utilisés pour définir l'infertilité. Ce qui signifie qu'il est temps de demander de l'aide (utilisez le localisateur de cliniques pour trouver une clinique de fertilité près de chez vous.

Peu importe pendant combien de temps vous essayez, il existe toutefois des options pour vous aider à faire face au stress.

La verbalisation. Confiez vos sentiments, vos inquiétudes et vos craintes à votre partenaire. Il lui sera plus facile de faire face à la situation si vous avez d'autres moyens de canaliser vos émotions. Après tout, votre partenaire a également fort à faire. N'oubliez pas que votre partenaire et vous avez peut-être un style de communication différent, que vous exprimez vos émotions d'une manière différente et trouvez des solutions différentes aux mêmes problèmes. Par conséquent, vous aurez également tendance à faire face d'une manière différente aux difficultés liées à la conception. La sensibilisation à ces différences pourrait éviter des malentendus et vous permettre de vous atteler au parcours de votre traitement en couple bien assorti. Même si les différentes étapes ne s'effectuent pas toujours comme vous l'espériez, vous saurez ce que vous devrez faire et vous aurez la force de continuer. Après tout, vous voulez tous les deux la même chose!

Le soutien à portée de la main. Une discussion sur les enjeux de la fertilité peut causer de la gêne, et initialement, beaucoup de personnes préfèrent garder pour elles les détails de leur traitement pour la fertilité. Ce qui est compréhensible lorsqu'on sait à quel point les tests peuvent être invasifs et stressants. Vous préférerez sans doute taire vos problèmes jusqu'à ce que vous sachiez à quoi vous en tenir.

Mais il y a aussi beaucoup de bonnes raisons pour se procurer du soutien :

  • vous trouverez que le parcours des étapes de votre traitement devient moins stressant. Le traitement pour la fertilité déclenche des émotions fortes. En cachant votre situation, vous pourriez ne faire que l'empirer. Parmi vos proches, plusieurs personnes sont peut-être en mesure de vous procurer un soutien. Toutefois, ces personnes ne peuvent être d'un grand soutien que si elles savent qu'il y a un problème. Personne, ne peut comprendre ce que vous ressentez, surtout pas les amis ni les proches qui n'ont pas un problème de fertilité. Alors, n'oubliez pas que vous ne vous attendez pas à ce qu'ils comprennent complètement, vous demandez simplement leur acceptation et soutien;
     
  • vous vous apercevrez que vous êtes loin d'être seule. D'après la Société canadienne de fertilité et d'andrologie (SCFA), des dizaines de milliers de personnes en entreprennent le traitement chaque année. Des groupes de patients offrent toutes sortes de soutien. Ils sont composés de personnes qui sont passées par là comme vous, et qui veulent que leur expérience profite à d'autres;
     
  • vous pouvez tirer parti des moyens pratiques de réduire votre stress proposés par des conseillers professionnels. Votre médecin peut vous orienter vers un conseiller (par ex. un psychologue spécialisé dans les problèmes de fertilité). Certaines cliniques de fertilité offrent les services d'une équipe pluridisciplinaire au sein de laquelle un psychologue traite précisément les enjeux de la fertilité; d'autres cliniques de fertilité peuvent vous diriger vers des spécialistes dans votre région.. Vous pourrez prendre rendez-vous pour vous-même ou pour vous et votre partenaire.

Discutez de vos préoccupations avec votre meilleure amie, un membre de votre famille proche, un conseiller et votre médecin. Non seulement vous ressentirez un grand soulagement lorsque vous donnerez libre cours à ce qui vous cause énormément de soucis, mais vous devriez aussi en tirer une meilleure connaissance de vous-même, du soutien et un plan d'action pour l'avenir. Pour trouver un plus grand nombre de sources de soutien, lisez la section intitulée Les groupes de soutien axés sur la fertilité.

Prenez bien soin de vous. Si vous laissez le stress prendre le dessus, il pourrait nuire à votre santé, vos bonnes habitudes, votre humeur et même, peut-être, à vos chances de concevoir un enfant. Trouvez des moyens de réduire la tension, et ne manquez pas de bien vous reposer. Adoptez les habitudes d'une bonne hygiène de vie. Manifestez envers vous et votre partenaire le même soutien chaleureux et la même compréhension que vous offririez à un proche. Célébrez vos réalisations et continuez à positiver. Soyez fière d'avoir le courage d'entreprendre ce parcours.

N'essayez pas d'être une « superfemme »! L'amorce de traitements pour la fertilité peut devenir un processus qui demande beaucoup de votre part, tant sur le plan physique qu'affectif. Vous devrez peut-être vous rendre presque quotidiennement à la clinique, il vous faudra subir divers prélèvements à des fins de bilan sanguin et de tests complémentaires. En outre, votre horaire de travail sera probablement chargé. Demandez de l'aide aux membres de la famille, à vos amis et à votre partenaire, et évitez les activités et les rendez-vous non nécessaires ou éprouvants.

Ne laissez pas votre parcours vers la fécondité contrôler votre vie. Trouvez le juste milieu entre votre désir d'obtenir une grossesse et les autres éléments de votre vie. Le désir d'une grossesse ne doit pas devenir le trait dominant de votre personnalité ni avoir une influence décisive sur votre vie de tous les jours.

Pensez à essayer des thérapies non conventionnelles pour évacuer le stress. L'acupuncture, la massothérapie et la méditation peuvent aider à atténuer l'anxiété et le stress. Cherchez un acupuncteur ou un naturothérapeute spécialisé dans les traitements indiqués pour la fertilité. Sachez, par contre, que les bienfaits de leurs interventions pour la fertilité demeurent incertains.

Informez-vous le mieux possible. Faites des recherches sur les enjeux de la fertilité en étudiant des sources de renseignements en ligne, des livres et des revues et en posant des questions à votre conseiller, à votre médecin ou à une amie qui a été dans la même situation. Vous pourriez même réfléchir à la possibilité de visiter une clinique de fertilité de votre région pour voir en quoi consistent leurs services. La plupart des cliniques peuvent vous remettre des dépliants et des renseignements pour vous aider à décider de ce que vous voulez faire. Vous pouvez également vous intéresser à des associations de patients comme l'Association canadienne de sensibilisation à l'infertilité, et l'Association des Couples Infertiles du Québec (ACIQ) qui peuvent également vous fournir du soutien, de l'aide et des renseignements approfondis sur l'infertilité. Pour trouver des sources de soutien, lisez la section intitulée Groupes de soutien axé sur la fertilité.