La notion de graisse abdominale nous fait spontanément penser à un personnage jovial comme le père Noël, aux statues de Bouddha souriant ou au petit bonhomme de Pillsbury. Toutefois, la graisse abdominale n'est pas une bonne chose. Les recherches associant la graisse abdominale à une hausse du risque de maladie du cœur, d'accident vasculaire cérébral, de pression artérielle élevée, de diabète et de cancer continuent de s'accumuler.

La graisse en tant que telle n'est pas mauvaise. Notre organisme en a besoin. Nos tissus adipeux emmagasinent l'énergie, régulent le fonctionnement de nos hormones, nous aident à absorber les vitamines et les minéraux, et nous servent d'isolant. En fait, de 20 à 35 % des calories que nous consommons quotidiennement devraient provenir du gras. Eh oui, notre organisme a besoin de graisse, mais pas trop, et pas à certains endroits. Une trop grande quantité de graisse, particulièrement trop de graisse saturée et de gras trans, rend notre organisme vulnérable aux maladies.

Vous vous demandez pourquoi la graisse abdominale peut causer plus de mal que, par exemple, la graisse qui crée des fossettes sur les cuisses ou celle qui s'amasse sur les hanches ? Sachez d'abord que deux types de graisse se retrouvent dans notre abdomen, soit la graisse sous-cutanée et la graisse viscérale.

La graisse sous-cutanée est celle que vous pouvez voir et pincer : les « bedaines de bière », les « pneus de rechange » et les « poignées d'amour ». C'est la graisse qui fait que quelqu'un a l'air gros. La graisse viscérale est celle qui se cache à l'intérieur. Elle est la graisse qui entoure les organes de l'abdomen. La graisse viscérale est plus insidieuse, car elle est très difficile à déceler et elle est influencée par l'hérédité, ainsi que par un régime alimentaire malsain et l'inactivité physique.

Vous vous demandez maintenant si de la graisse viscérale se cache dans votre abdomen ? Les scientifiques ont recours à l'imagerie par résonnance magnétique (IRM), grâce à laquelle un champ magnétique et des impulsions d'énergie créent une image, afin d'examiner l'intérieur de l'abdomen. Comme la plupart d'entre nous, vous n'avez probablement pas accès à l'IRM ; cependant, vous pouvez employer d'autres méthodes en vue d'évaluer votre quantité de graisse abdominale.

Par exemple, vous pouvez vous servir du rapport taille-hanches. Les personnes ayant une forme de pomme - celles qui ont plus de poids autour de la taille - sont plus susceptibles d'emmagasiner de la graisse viscérale. Vous pouvez également tâter votre abdomen : est­il flasque ou ferme ? S'il est ferme, vous avez peut-être de la graisse viscérale. Sachez que la graisse viscérale n'est pas un fardeau réservé aux obèses et aux bedaines de bière. Une personne mince peut avoir trop de graisse viscérale et peut présenter autant de risques pour sa santé que quelqu'un pesant deux fois son poids.

5 conseils pour éliminer la graisse abdominale cachée

  1. Visez le centre. Surveillez votre rapport taille-hanches et votre indice de masse corporelle (IMC). Faites une note à votre calendrier pour vous rappeler de mesurer votre taille et vos hanches à peu près tous les deux mois. Si votre tour de taille est plus grand que votre tour de hanches, c'est un signal urgent qui vous avertit que vous devez essayer de perdre du poids au niveau de votre abdomen. Si vous êtes une femme, prenez garde si votre tour de taille dépasse les 35 po (89 cm). Si vous êtes un homme, votre limite supérieure est de 40 po (101,5 cm). Si votre tour de taille tombe dans la zone dangereuse et que votre IMC est de 25 ou plus, vous présentez un risque de maladie du cœur.
     
  2. Mangez les bonnes graisses. Si de 20 à 35 % des calories que vous consommez quotidiennement doivent provenir des graisses, choisissez les bonnes, soit les graisses mono-insaturées ou polyinsaturées. Parmi les aliments savoureux qui contiennent des graisses saines, citons le saumon, les avocats, les olives et les noix. Cuisinez avec de l'huile végétale, comme l'huile de canola, d'olive ou de tournesol. Évitez les aliments à teneur élevée en graisses saturées et en glucides.
     
  3. Bougez et elle fondra. La pratique régulière d'exercices modérés aide à éviter l'accumulation de graisse et les activités plus énergiques permettent, elles, d'éliminer la graisse déjà en place. Et voici une bonne nouvelle qui pourrait vous encourager : la graisse viscérale est la première à disparaître lorsque vous commencez à perdre du poids ! Comme la perte de poids localisée est difficile, concentrez-vous sur le résultat général, lorsque vous faites vos exercices. Une série de demi-redressements assis ne fera pas disparaître à elle seule les couches de graisse viscérale sous-jacentes. Choisissez des exercices cardiovasculaires qui font fondre la graisse, en plus de mouvements qui raffermissent et renforcent l'abdomen. Consultez votre médecin avant d'entreprendre tout programme d'exercices vigoureux.
     
  4. Détendez-vous. Ne laissez pas cette graisse abdominale vous angoisser et trouvez des façons de vous détendre. Des recherches ont révélé que le niveau de stress physiologique peut être associé à la graisse abdominale. Lorsqu'on observe le niveau de stress de nos contemporains, on croirait que nous sommes tous poursuivis par des animaux sauvages ! L'exercice peut vous aider à vous détendre et à éviter l'accumulation de graisse abdominale (voir le conseil nº3). Le yoga peut aussi agir sur l'organisme, et ses exercices respiratoires et méditatifs peuvent aider à apaiser l'esprit.
     
  5. Passez des examens. Si vous vous inquiétez à propos de votre risque, consultez votre médecin. Les médecins évaluent la graisse viscérale à l'aide du ruban à mesurer ou encore de l'IRM ou de la tomodensitométrie (série d'images radiologiques de l'organisme compilées par un ordinateur afin de produire une image tridimensionnelle). Une analyse sanguine peut également servir à mesurer le taux de protéine RBP-4 dans le sang, qui indique la présence éventuelle de problèmes de santé, comme une maladie du cœur ou le diabète.

Amy Toffelmire [traduction]